Depuis l'arrivée au pouvoir de François Legault, plus de 65 000 nouveaux bureaucrates ont été embauchés par l’État québécois, ce qui représente un coût annuel supplémentaire de 10 milliards $. Il est grand temps de revenir à la raison budgétaire.
La mauvaise nouvelle, c’est que le retour à l'équilibre budgétaire est compromis. La bonne, c’est que trouver des économies dans les dépenses du gouvernement Legault serait aussi facile que de trouver un arbre dans le Parc des Laurentides. Mais avant toute chose, il faut évaluer les dégâts.
La dernière mise à jour du budget prévoit indique que le Québec enregistrera un déficit de 4,1 milliards de dollars en 2023. Bien que le gouvernement vise un retour à l'équilibre budgétaire pour 2027-2028, il est déjà en passe d'afficher un déficit plus important que prévu en 2024-25.
Ralentissement économique, baisse des revenus des sociétés d’État, hausse des salaires des travailleurs de la fonction publique: les raisons sont multiples, mais les conséquences des déficits budgétaires sont réelles.
Fuite vers l’avant
Les déficits signifient que les dépenses provinciales sont financées par des emprunts et que le fardeau de la dette s'alourdit. La dette publique est essentiellement une imposition différée qui coûtera cher aux Québécois à long terme.
En réduisant de moitié le nombre d'employés ajoutés à la bureaucratie ces dernières années, le gouvernement pourrait économiser cinq milliards de dollars par an.
À la fin de l'année fiscale en cours, la dette provinciale s'élèvera à 235 milliards de dollars, soit environ 28 000 dollars par Québécois. En d'autres termes, notre dette par habitant est la deuxième plus élevée de toute la confédération, juste derrière l'Ontario.
En Alberta, l'horloge de la dette tourne à l'envers, et pour cause: la province a profité de ses surplus pour rembourser sa dette.
La croissance de la dette se traduit également par un gaspillage accru d'argent en frais d'intérêt. Les paiements d'intérêts sur la dette provinciale s'élèveront à 9,9 milliards de dollars l'année prochaine.
C'est plus de 190 millions de dollars par semaine. À ce coût, le Québec pourrait construire au moins quatre nouvelles écoles... par semaine!
Québec doit chercher à faire des économies. Le ministre des Finances devrait commencer par le haut de la pyramide.
Au printemps dernier, les membres de l'Assemblée nationale se sont accordé une augmentation de salaire de 30% à même l’argent des contribuables. La rémunération des députés est ainsi passée de 101 561$ à 131 766$, sans compter tous les avantages liés à leur fonction.
Cela représente une augmentation des dépenses publiques de 4,4 millions de dollars. L'annulation de cette hausse salariale serait un pas dans la bonne direction.
Une caste au pouvoir
Le Québec a également un problème endémique: sa bureaucratie pléthorique.
Depuis l'arrivée au pouvoir de François Legault, plus de 65 000 nouveaux employés de l’État ont été ajoutés de façon permanente à la liste de paie, ce qui représente un coût de 10 milliards de dollars par année. Seulement 18% d'entre eux sont des enseignants et des infirmières, tandis qu'au moins 48% sont des employés de bureau ou des cadres.
En réduisant de moitié le nombre d'employés ajoutés à la bureaucratie ces dernières années, le gouvernement pourrait économiser cinq milliards de dollars par an. Pour ce faire, il peut compter sur les départs volontaires, notamment à la retraite, et supprimer des postes par attrition.
Un autre exemple flagrant de gaspillage est l'aide sociale corporative de 7,4 milliards de dollars accordée par M. Legault et le gouvernement fédéral à la start-up suédoise Northvolt, spécialisée dans les batteries. La part de la province s'élève à 3 milliards de dollars.
Ce cadeau aux entreprises «créera jusqu'à 3000 nouveaux emplois», selon un communiqué de presse du cabinet du premier ministre. Même si cela se concrétise, cette initiative coûtera plus d'un million de dollars par emploi aux contribuables québécois.
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Était-il raisonnable d'accorder à General Motors une subvention de 152 millions de dollars pour son usine de Bécancour, ou de 300 millions de dollars pour celle de Ford ? Miser l'argent des contribuables sur des entreprises alors que le gouvernement peine à équilibrer le budget n'est pas responsable.
Mettre fin au gaspillage
Ce qu'il faut vraiment, c'est un changement de culture au Québec. Le rythme des dépenses n'est pas viable et nous devons examiner de près le poids de la bureaucratie.
Depuis 2019, les dépenses de fonctionnement du gouvernement ont explosé, augmentant de 34%. Québec doit examiner ligne par ligne les dépenses des ministères en cherchant toutes les possibilités d'économiser l'argent des contribuables.
Avec des dettes et des déficits croissants, le gouvernement Legault doit prendre au sérieux son problème de dépenses. La voie à suivre est claire: éliminer le gaspillage.











