Au lieu de freiner l’hémorragie libérale, le Bloc québécois a décidé de sauver une énième fois le gouvernement Trudeau. Pour notre chroniqueur Simon Leduc, le soutien du Bloc aux Libéraux s’explique avant tout par son penchant étatiste.
Mercredi prochain, le Parti conservateur du Canada présentera à la Chambre des communes une motion de censure afin de renverser le gouvernement Trudeau. Dans ce scénario, des élections générales seraient déclenchées rapidement. Mais le Bloc québécois a décidé de sauver la vie des troupes libérales. Comment expliquer ce geste?
Justin Trudeau est premier ministre du Canada depuis octobre 2015. Depuis ce temps, son style de gouvernance est très défavorable et nuisible au Québec.
Tout d’abord, le gouvernement libéral est obsédé par le multiculturalisme et l’ouverture à l’Autre. Ce dernier veut transformer le Canada en un pays «post-national» où toutes les cultures viendraient noyer les identités québécoise et canadienne. C’est pour cette raison principalement que Justin Trudeau veut accueillir le plus d’immigrants possible.
Sa politique d’immigration de masse nuit énormément à la nation québécoise, qui souhaiterait plutôt limiter le nombre d’immigrants sur son sol afin d’assurer sa survie à long terme.
Le gouvernement Legault s’oppose à la folie migratoire du gouvernement Trudeau, qui représente chez nous une menace réelle à la survivance du fait français. Malgré les inquiétudes du Québec, Justin Trudeau poursuit sa politique de noyade démographique, démontrant son mépris pour la majorité historique francophone.
Un gouvernement hyper centralisateur
D’autre part, le régime Trudeau a été un des plus centralisateurs de l’histoire de la fédération. Depuis 2015, il n’arrête pas d’empiéter dans les champs de compétence du Québec et des autres provinces. La mise en place de programmes pancanadiens d’assurances dentaires et de médicaments le prouve bien.
Le gouvernement libéral ne respecte pas l’esprit de la fédération en matière de partage des compétences. À plusieurs reprises, Québec a dénoncé l'attitude d’Ottawa, mais le gouvernement Trudeau poursuit avec le même entêtement sa politique centralisatrice.
Plusieurs électeurs québécois pourraient ne pas pardonner au Bloc sa romance avec le PLC.
Depuis octobre 2015, le gouvernement Trudeau est farouchement opposé à la laïcité québécoise. Ce dernier a appuyé les actions en justice de groupes musulmans, voire islamistes qui contestent la loi 21 sur la laïcité de l’État. Le caractère laïc de la société québécoise se heurte au multiculturalisme sacré de Trudeau père et fils.
Mais ainsi Justin Trudeau se trouve à mépriser les droits d’une autre minorité, les Québécois francophones. Les Québécois «de souche» sont minoritaires au Canada et en Amérique du Nord.
Les Québécois appuient massivement la laïcité de l’État, mais le premier ministre canadien s’en balance en contestant cette législation devant les tribunaux.
Une anomalie qui s’explique
Le gouvernement Trudeau est toxique pour le Québec. Normalement, le Bloc québécois devrait donc être l’ennemi numéro 1 du gouvernement Trudeau. Mais, mercredi prochain, les bloquistes vont à nouveau assurer sa survie en votant contre la motion conservatrice. Comment expliquer une telle contradiction? Je vais avancer une hypothèse.
Le Bloc québécois est clairement de gauche sur le plan économique. C’est un parti étatiste qui prône toujours plus d’intervention de l’État dans l’économie et dans la vie des gens.
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Les troupes de M. Blanchet semblent être en faveur de la mise en place de nouvelles taxes. Leur appui à la taxe carbone de Justin Trudeau en témoigne. Le Bloc est hostile aux idées et valeurs des conservateurs: baisse de la bureaucratie fédérale, allègement du fardeau fiscal des Canadiens, exploitation des ressources naturelles.
En conséquence, le Bloc québécois est peut-être plus socialiste qu’indépendantiste. Cela peut expliquer le fait qu’il a soutenu, à plusieurs reprises, des politiques étatistes du gouvernement Trudeau.
Si la défense du nationalisme québécois était vraiment sa priorité, il serait plus ferme envers le PLC et plus ouvert aux conservateurs. Contrairement au PLC, le PCC s’est toujours efforcé de respecter les champs de compétences du Québec et ne mène pas une bataille acharnée contre la loi 21.
Un pari rentable?
L'attitude du Bloc québécois pourrait lui coûter cher aux prochaines élections. Plusieurs électeurs québécois risquent de ne pas lui pardonner sa romance avec le PLC. Je connais personnellement des indépendantistes dégoûtés par l’attitude du Bloc. Certains d’entre eux préféreront s’abstenir que de voter Bloc.











