L’identité, clivage indépassable au Québec?

Photo de couverture: l’historien François-Xavier Garneau (gauche) et Lord Durham (droite). Montage par LM.

Mardi le 13 février 2024, à 14:00

Dans un nouvel essai, le jeune intellectuel Étienne-Alexandre Beauregard plaide pour le retour d’un nationalisme québécois enraciné face à une tradition «rouge» impériale, progressiste et cosmopolite. Un projet réaliste dans un Québec désenchanté?

 

«Une nation originale sur le continent»: pour l’essayiste Étienne-Alexandre Beauregard, 23 ans, il ne faut surtout pas hésiter «à se réclamer» de l’héritage québécois, malgré la déception de plusieurs face à la gestion de la pandémie par le gouvernement Legault.

 

Un clivage structurant

 

Dans son livre Le Retour des Bleus (Liber, 2024), il remonte à la source des deux grandes traditions structurant encore selon lui l’essentiel de la vie politique au Québec: la tradition «rouge», défendant le Canada et son modèle fédéral, et la tradition «bleue», défendant le Québec en tant qu’État-nation.

 

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«On voit un clivage assez net qui se dessine après les rébellions patriotes, dans la querelle entre Lord Durham qui arrive d’Angleterre pour diagnostiquer ce qui s’est passé dans la colonie, et François-Xavier Garneau, qui est le premier historien national des Québécois qui est en désaccord avec lui. Dans le fond, ce clivage, c’est encore celui qui s’incarne encore aujourd’hui au Québec autour de la question identitaire», résume-t-il.

 

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Critiquant fortement le courant «libertarien», notre invité ne le juge pas à tous points de vue incompatibles avec le nationalisme, mais y voit l’une des principales menaces à la survie du peuple québécois, à l’instar du wokisme, une idéologie qui considère la nation comme une source d’oppression rétrograde.