Pour notre rédacteur en chef Jérôme Blanchet-Gravel, l’hystérie devant l’arrivée d’Elon Musk à Twitter révèle l’immaturité et l’autoritarisme de l’establishment.
Le 27 octobre dernier, l’homme d’affaires Elon Musk a officialisé son achat de Twitter. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une nouvelle vague de bien-pensance. Pour ne pas dire un tsunami de vertu ostentatoire et de petit moralisme à la mode.
Depuis, ils sont nombreux parmi les membres de l’establishment à s’insurger contre l’arrivée à la tête du réseau social d’une personne n’appartenant pas exactement à leur camp.
Simplement parce que Musk ne partage pas toutes leurs idées, certains mettent en doute son intelligence, comme l’animateur Patrick Lagacé au Québec. «Je pense à ça, là: se pourrait-il que Elon Musk ne soit pas un génie, après tout?», a-t-il lancé le 4 novembre sur la plateforme qui lui permet malgré tout de mener sa croisade quotidienne contre les «complotistes».
Des enfants
Comme un enfant faisant une crise devant ses parents à l’épicerie pour qu’ils cèdent à son chantage et lui achètent une tablette de chocolat, nos vertueux n’acceptent tout simplement pas de se faire dire non: non à l’unanimité des points de vue dans l’espace public.
La réaction des vertueux à l'arrivée de Musk à Twitter montre qu'ils ne sont que des enfants refusant de partager leur carré de sable, c’est-à-dire leur safe space où ils peuvent œuvrer dans le confort de la consanguinité idéologique.
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Menacer de quitter une plateforme parce que son nouveau directeur ne partage pas toute notre vision du monde est incroyablement puéril et indigne des fonctions occupées par tous ces grands insurgés.
Enfantin et pitoyable, surtout pour des journalistes censés devoir se frotter tous les jours à des idées différentes et ne cessant de prôner la «tolérance» sur leurs tribunes.
Pour ma part, j’utilise Twitter depuis quelques années, et je n’ai jamais songé à boycotter ce réseau social parce que son ancien directeur ne partageait pas toutes mes idées.
Impertinence
Non seulement leur hystérie démesurée trahit leur immaturité, mais nos vertueux manquent une autre occasion en or de nous montrer qu'ils ont lu et qu'ils sont pertinents.
Par exemple, au lieu de critiquer Musk sur la base de ses projets transhumanistes et des intérêts qui peuvent influencer ses positions géopolitiques – le réseau Starlink est actif en Ukraine et Tesla possède des usines en Chine –, nos vertueux se dressent contre une politique à 8$ par mois et distribuent les mêmes étiquettes qu’à l’habitude: extrême droite, trumpisme, complotisme, etc.
C’est lassant et ce n’est pas du tout constructif.
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De fait, Elon Musk a annoncé que l’entreprise allait charger 8$ US par mois aux utilisateurs qui veulent que leur compte soit doté de l’icône authentifiant leur identité, déclenchant immédiatement une guerre superficielle et plutôt ridicule contre cette politique.
«Le jour où le twit-en-chef me charge 8%, je décalice», a réagi quant à lui Guy A. Lepage sur Twitter dans ce style très chic.
Liberté menacée
Il est évident que la démarche de Musk n’est pas totalement désintéressée, ce qui par définition peut poser certains problèmes de neutralité, mais encore faut-il prendre le temps de bien analyser la situation plutôt que de lancer des insultes.
Des insultes qui ne font que confirmer le manque de considération de ces membres de l’establishment pour le pluralisme et pour les gens qui y tiennent.
Elon Musk n’est pas un dieu ni un sauveur, mais tandis que la liberté d’expression recule partout dans le monde, son arrivée à la tête de Twitter est la bienvenue.













