Les hypothèques halal, «un acte de compromission avec l’islamisme»

La mosquée Baitul à Vaughan en Ontario. Photo: dr.

Mercredi le 24 avril 2024, à 14:30

Ottawa entend «élargir l’accès aux prêts hypothécaires islamiques» dans son dernier budget fédéral. Selon le politologue André Lamoureux, il s’agit d’une nouvelle preuve de compromission du gouvernement Trudeau envers l’islamisme. Entrevue.

 

André Lamoureux est chargé de cours au département de science politique de l’Université du Québec à Montréal et professeur retraité de sociologie au Collège André-Laurendeau. 

 

Simon Leduc: Dans le dernier budget fédéral, le gouvernement Trudeau dit «explorer de nouvelles mesures pour élargir l’accès aux produits de financement de rechange, comme les prêts hypothécaires islamiques». En quoi consistent ces fameuses hypothèques halal?

 

André Lamoureux: «Il faut premièrement savoir que ce ne sont pas tous les musulmans qui ont recours à cette pratique. L’immense majorité des personnes de confession musulmane au Canada contractent un prêt hypothécaire comme le commun des mortels. 

 

La nouvelle mesure est une entente hypothécaire de type halal: il s’agit donc d’une pratique pour les musulmans intégristes qui appliquent le Coran à la lettre. Ce texte religieux interdit le recours aux prêts avec intérêts.

 

Ce système très critiqué fait en sorte que ce n’est pas le propriétaire lui-même qui achète une maison, mais bien une tierce personne. 

 

Par exemple, un financier achète une demeure d’une valeur de 800 000$ sur le marché au coût de 1,3 million de dollars. Ensuite, il vend la maison à son client pour 1,3 million de dollars sans intérêts. Alors, le client assume le prêt mais lorsqu’il vend la maison, il doit payer directement l’intégralité de cette somme à son financier. Étant donné qu’il ne paie pas d’intérêts, on lui donne la responsabilité de l’entretien et des rénovations à faire sur la maison.

 

Depuis 2025 c’est une tendance lourde du gouvernement Trudeau d’être de connivence ou de faire des compromissions avec l’islamisme. 

 

Cela va à l’encontre des règles hypothécaires normales et cela peut mener à des abus de la part du financier. Par exemple, si le couple se sépare, à qui revient le fardeau financier? C’est un système très compliqué et très risqué.» 

 

Pourquoi le gouvernement Trudeau veut-il mettre en place un système aussi controversé?

 

André Lamoureux: «Je ne comprends pas bien l’intention de la ministre des Finances de se lancer dans une forme de prêts hypothécaires à caractère religieux. Elle veut créer ce système en parallèle au droit civil des provinces et au fonctionnement du système financier du pays.

 

Je crois que c’est un acte de compromission et quasiment de connivence avec l’islamisme. On peut observer cette posture complaisante d’Ottawa envers l’islamisme depuis la première élection de Justin Trudeau en octobre 2015. Cela s’inscrit dans une longue démarche d’un gouvernement Trudeau qui multiplie et enchaîne les accommodements avec l’islamisme. 

 

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Tour d’abord, on se rappelle que la Cour d’appel fédérale a autorisé en septembre 2015 le port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté, ce qui est complètement contraire à l’esprit d’un État laïc. La décision a été saluée par les libéraux. Dans un pays moderne et démocratique, une personne devrait avoir l’obligation de dévoiler son visage afin de devenir citoyen d’un pays. C’est une question de respect envers la démocratie et le principe de citoyenneté. 

 

Ensuite, au début de 2016, la loi permettant d’annuler la citoyenneté et d'expulser un immigrant trouvé coupable d’avoir participé à un complot terroriste a été invalidée. La mesure électoraliste de Justin Trudeau visait à dédouaner des musulmans qui auraient été visés par cette loi dans le contexte de la guerre civile en Syrie. C’est une autre forme de compromission envers l’islam radical. 

 

Et puis, en avril 2016, face à la décapitation du Canadien John Ridsdel par le groupe islamique Abou Sayyaf, le premier ministre a condamné le meurtre et la brutalité des ravisseurs. Cependant, pas une seule fois il n’a prononcé le mot islamisme.

 

En mars 2017, le gouvernement fédéral a fait voter la motion M-103 condamnant la haine contre l’islamisme et le "racisme systémique". 

 

En 2018, la députée libérale Ikra Khalid a versé la somme de 23 millions de dollars au Conseil national des musulmans canadiens et à la controversée organisation l’Islamic Relief qui travaillait notamment en collaboration avec le Hamas à Gaza. Cette organisation d’aide humanitaire a reçu une subvention de 1,5 million de dollars d’Ottawa en 2015. 

 

L’organisme Islamic Relief voulait organiser – mais dû finalement l’annuler – une conférence à Brossard, durant le weekend du 21 février 2015, avec l’Imam Siraj Wahhaj qui était soupçonné par Washington d’avoir conspiré dans la préparation d’attentats contre le World Trade Center en 1993. 

 

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Il faut se souvenir que Justin Trudeau n’a jamais prononcé le mot islamisme lors de la décapitation de l’enseignait français Samuel Paty par un extrémiste islamiste dans le Val-d’Oise. Le premier ministre avait simplement et banalement dénoncé cet assassinat. 

 

Il ne faut pas oublier non plus la nomination en 2020 d’Amira Elghawaby comme commissaire à lutte contre "l’islamophobie". Cette dernière est l’ancienne responsable des communications du Conseil national des musulmans canadiens. Cette organisation a farouchement combattu la loi 21 sur la laïcité de l’État québécois. 

 

Pour conclure, depuis 2015 c’est une tendance lourde du gouvernement Trudeau d’être de connivence ou de faire des compromissions avec l’islamisme. La mesure sur les hypothèques islamiques est clairement conforme à la vision de Justin Trudeau dans ce domaine.»