Le PCQ ne doit pas abandonner l’identité

Éric Duhaime durant la dernière campagne électorale. Photo: page Facebook officielle d'Éric Duhaime.

Jeudi le 3 novembre 2022, à 11:45

Depuis l’élection du 3 octobre où il a obtenu 13% du vote, le PCQ est divisé entre nationalistes et libéraux classiques. La seule manière pour le PCQ de continuer à croître est de réaliser une synthèse entre ces deux courants. 

 

Le Parti conservateur du Québec doit continuer de prôner un discours économique axé sur le libéralisme classique: liberté individuelle, baisse du fardeau fiscal des entreprises et des individus. 

 

De même, le PCQ doit encourager la concurrence, la débureaucratisation de l’État québécois et la création de richesse grâce à l’exploitation de nos ressources naturelles, etc. 

 

Dans une province marquée par un fort égalitarisme, les conservateurs sont les seuls qui adhèrent à cette vision économique et ils doivent poursuivre sa promotion sur la place publique. 

 

Une identité payante 

 

Les libertariens affirment que le PCQ doit se concentrer essentiellement sur les questions économiques et laisser les nationalistes migrer vers la CAQ et le PQ. C’est une grave erreur, car le parti est appelé à stagner s’il abandonne ainsi son discours nationaliste.

 

Les tenants du conservatisme économique ont oublié que c’est la position nationaliste forte et assumée de la défunte ADQ qui lui a presque permis de prendre le pouvoir en 2007. 

 

Mario Dumont avait défendu les idéaux de la nation québécoise dans le débat sur les accommodements raisonnables et ses appuis ont grimpé auprès de la majorité francophone.  

 

Une majorité de Québécois se définit comme nationaliste (CAQ 41% + PQ 15% = 56% des voix le 3 octobre dernier). Afin d’élargir sa base électorale, Éric Duhaime doit donc tenter de séduire une partie de cet électorat. 

 

Le nationalisme de la CAQ et du PQ est victimaire et s’appuie sur l’idée d’une nation québécoise fragile à jamais dans l’océan anglophone. 

 

Pour offrir une alternative nationaliste, Éric Duhaime et ses troupes doivent élaborer et défendre un discours nationaliste à la sauce conservatrice: fort, assumé et rassembleur. 

 

Le nationalisme conservateur doit être centré sur ces cinq éléments: la laïcité, la langue, l’immigration, la natalité et la protection du patrimoine culturel.

 

Premièrement, le Parti conservateur du Québec doit continuer de promouvoir la laïcité de l’État québécois en appuyant totalement la loi 21 qui fait l’unanimité au Québec.  

 

La langue française

 

Ensuite, la promotion et la défense du fait français doivent devenir des priorités pour les conservateurs québécois. Le renforcement et l’amélioration de l’enseignement du français au primaire et secondaire sont deux bonnes mesures que le PCQ doit promouvoir.

 

Mais une réforme de l’apprentissage de l’anglais au primaire et au secondaire est aussi nécessaire afin que tous les Québécois terminent l’école secondaire bilingues. De cette manière, ils auraient moins tendance à choisir des établissements anglophones pour leurs études supérieures, établissements démesurément subventionnés par Québec et symbolisant la mainmise de l’anglais sur le savoir. 

 

Parallèlement, la reconnaissance des droits des minorités anglophones doit être un élément important de la nouvelle politique linguistique conservatrice. 

 

L’immigration

 

La question de l’immigration divise la société québécoise. Certains partis, comme le PLQ et QS, veulent hausser drastiquement les seuils d’immigration. Le PQ veut les baisser et c’est le statu quo à la CAQ et au PCQ.  

 

Des seuils d’immigration trop élevés représentent une menace pour la survie du fait français au Québec. C’est pour cela que le Parti conservateur doit préconiser des seuils d’immigration conformes à la capacité d’intégration de la société québécoise et à ses valeurs. 

 

C’est dans cette optique que le PCQ devrait proposer que le Québec accueille 35 000 immigrants par année. De plus, 75% de ceux-ci devraient provenir de pays francophones. Cela permettrait de ralentir le déclin de notre langue. 

 

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Même en baissant ses seuils d’immigration, le Québec demeurerait une société ouverte. «En prendre moins mais en prendre soin», disait la CAQ.

 

La natalité

 

Également, afin d’assurer la survie de la nation québécois, l’État québécois devrait mettre en place des politiques costaudes pour hausser le taux de natalité. 

 

Le Parti conservateur du Québec doit maintenir et promouvoir sa politique nataliste qui est basée sur une allocation de 200$ par semaine par enfant (pour les services de garde) et sur un crédit d’impôt supplémentaire aux familles qui ont plus de deux enfants. 

 

La protection du patrimoine 

 

Subséquemment, la protection du patrimoine culturel est un élément important de l’identité québécoise. Pourtant, depuis des années, l’État québécois ne joue pas son rôle dans ce dossier. Il a lâchement laissé aux municipalités le rôle de protéger nos bâtiments culturels et historiques. 

 

C’est un échec total, car depuis des années, des immeubles historiques sont démolis dans l’indifférence absolue de Québec. 

 

Selon l’historien de l’architecture François Rémillard, auteur de l’ouvrage Belles demeures historiques et de sa région: «les municipalités sont souvent de connivence avec des entrepreneurs, parce que leurs seuls revenus viennent des taxes municipales.  Ce qui fait qu’il est plus payant pour elles d’avoir un Tim Hortons qu’un bâtiment historique!» 

 

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Les conservateurs pourraient ainsi se démarquer de la CAQ en proposant une ambitieuse politique de protection du patrimoine culturel. On pourrait créer un poste de protecteur du patrimoine culturel, qui serait nommé par un vote des deux tiers des députés, qui serait doté des pouvoirs nécessaires pour empêcher la démolition d’autres morceaux phares de notre patrimoine.