Plus qu’un actif spéculatif, Bitcoin est un levier que l’individu peut actionner pour briser ses chaînes et ainsi retrouver une liberté fragilisée par des États voraces, nous explique Theo Mogenet de Bull Bitcoin.
Si vous ouvrez un manuel moderne d’économie, vous y lirez que le rôle de l’État est de maximiser le bien-être (welfare) de la population. Hypothèse douteuse s’il en est! Au nom de quoi l’État et ses représentants seraient-ils les seuls acteurs économiques à ne pas naviguer dans «les eaux glacées du calcul égoïste»?
Cette fiction est d’autant plus préjudiciable que nous traversons une époque féconde de révolutions technologiques, susceptibles de transformer en profondeur les logiques économiques de notre temps, et par extension l’anatomie de l’État.
Or, on ne peut comprendre cette transformation qu’à condition de considérer l’État, à l’instar des acteurs économiques privés, comme un producteur devant s’adapter à un contexte donné. L’État fournit des services de protection en échange d’une part de la valeur ajoutée prélevée par la taxation.
Considérer l’État comme un producteur revient à définir les contribuables comme des clients, ce qui peut sembler spécieux, je vous l’accorde. Après tout, personne ne paye volontairement l’impôt; sans le spectre de la sanction voire de l’emprisonnement, nous serions sans doute peu enclins à «contribuer».
Pourtant, depuis quelques décennies, un nombre toujours plus important de particuliers et d’entreprises changent de juridiction comme on changeait jadis de véhicule, attiré par la promesse d’un meilleur rapport qualité-prix.
Du modèle féodal au nomade digital
Cet exode de talent et de capital, cherchant refuge dans des contrées où le ratio qualité-prix des services publics est le plus attrayant, tient en large partie à une évolution récente de l’économie.
Les États de l’OCDE se sont structurés de manière à s’adapter aux conditions de la production en chaîne et des industries lourdes, les moteurs de l’économie depuis la fin du XIXe siècle.
Avec la chute du mur de Berlin, la mondialisation financière, et le développement de l’économie numérique, les créateurs de la majorité de la valeur ajoutée sont désormais des artistes, des financiers, des développeurs, des entrepreneurs digitaux, etc. Bref, des nomades: leur capital étant immatériel, ils peuvent donc délocaliser facilement leurs activités et ainsi bénéficier de la concurrence fiscale entre les juridictions.
Ceci, certains États l’ont bien compris, en atteste leur politique clientéliste visant à attirer des talents et des capitaux. Or, ce dumping fiscal opéré par Hong Kong, Singapour, Monaco, Andorre, le Luxembourg, l’Irlande, le Salvador, et de nombreuses îles des Caraïbes (pour ne citer que ces États), rappelle fortement la concurrence des cités-États de la pré-Renaissance vis-à-vis des systèmes féodaux.
Comme aujourd’hui, l’économie d’alors subit une transformation majeure: le passage d’une économie agraire à une économie marchande, organisée autour du bassin hanséatique et de la Méditerranée, fit émerger une nouvelle classe entrepreneuriale responsable de la majorité de la croissance des revenus de l’époque, ce qui incita en retour des cités comme Florence, Gênes, Pise, Barcelone, ou Bruges à leur offrir une équation fiscale favorable dans l’espoir d’attirer cette nouvelle manne financière.
Certains historiens, comme Frederic C. Lane, invoquent même cette dynamique lorsqu’il s’agit d’expliquer la disparition du modèle féodal. Vient la question de savoir ce qu’il adviendra alors du modèle de l’État-providence, que l’on retrouve au Canada comme en France, sous l’effet de cette évolution de la superstructure économique.
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Le nomade digital va-t-il choisir de continuer à subventionner des services publics dysfonctionnels, des fonctionnaires pusillanimes et corrompus, et des infrastructures inutiles pour son activité propre?
La logique voudrait qu’il soit aussi peu enclin à agir de la sorte que le marchand jadis le fut de payer ta taille et la gabelle afin d’entretenir un système féodal dont il ne tirait presque aucun bénéfice.
Sortir des sentiers battus
Parmi les diverses innovations de notre âge numérique, Bitcoin est probablement celle qui risque de précipiter cette dynamique. En effet, jusqu’à présent, les États parvenaient tant bien que mal à endiguer cette dynamique de fuite des cerveaux et des capitaux en faisant pression sur le système bancaire international et en nouant des accords fiscaux entre souverains.
Cependant, il s’agirait d’observer que ce n’est plus seulement l’économie qui s’exporte dans le cyberespace et s’extirpe de la camisole étatique, mais aussi la monnaie et la finance.
Avec Bitcoin, n’importe quel individu doté d’un smartphone de base peut détenir directement son épargne en dehors du système bancaire, dans un médium nativement numérique ignorant les frontières.
Selon la définition de Max Weber, l’État c’est avant tout le monopole de la violence légitime: en dernière analyse, c’est la capacité de coercition de l’État qui garantit notre ordre social. Or, la force n’a pas de prise sur un protocole informatique distribué.
On peut, certes, mettre des individus en prison, mais on ne peut empêcher la circulation de code informatique ou de transactions Bitcoin, puisque cela revient à effectuer des multiplications et à s’échanger des informations.
Il va sans dire que cet état de fait et ses conséquences sont encore bien mal compris. En France et au Canada, nos politiciens s’efforcent de maintenir un système déficitaire dont la solvabilité ne tient plus qu’à l’abus de la presse à imprimer, autant qu’ils cherchent à gagner en contrôle sur nos vies, à coup d’Ausweiss, de lois de censure, de fichage numérique, et de surveillance financière, dont les projets de Monnaies Numériques Banque Centrale (MNBC) et les passeports vaccinaux sont de parfaits exemples.
Autrement dit, nos dirigeants mènent une politique qui ne peut, en fin de compte, qu’accélérer l’exode en question, et ainsi précipiter la faillite de leur modèle.
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Il s’agit là d’un motif d’espoir pour tous les amoureux de la liberté. La rencontre des protocoles Internet, du microprocesseur, des systèmes distribués, et de la cryptographie asymétrique ont fait naître des Prométhées contemporains, des développeurs de l’ombre qui ont forgé un feu sacré dont la maîtrise nous permet de nous libérer de nos maîtres.
Plus qu’un actif spéculatif, comme on ne cesse de le répéter, Bitcoin est un levier que l’individu peut actionner pour briser ses chaînes et petit à petit recouvrer sa liberté naturelle.













