Dans certaines régions du Mexique, des pluies sont artificiellement créées pour contrer la sécheresse grâce à un procédé utilisé durant la guerre du Vietnam. Une technique vivement déconseillée par des experts.
Pour contrer la sécheresse, récurrente dans plusieurs régions du Mexique, le gouvernement fédéral a souvent recours à l’ensemencement des nuages.
Pour ce faire, les autorités concernées utilisent «une substance d'origine militaire et dont l'utilisation génère des risques», rapporte le journal La Jornada, ce 10 avril.
Le bassin de Cutzamala, situé entre les États de Mexico et du Michoacán, est l’une des zones où cette technique est utilisée le plus régulièrement.
Une ancienne «arme météorologique»
Dans une entrevue accordée à La Jornada, la spécialiste Sylvia Ribeiro met en garde contre l’utilisation de cette technologie mise au point par l’armée américaine dans le cadre de la guerre du Vietnam entre 1965 et 1975.
Mme Riberio est directrice pour l'Amérique latine de l'organisation internationale Erosion, Technology and Concentration Action Group, basée au Canada.
Les informations concernant l’utilisation de ce procédé et l’opération Popeye sont longtemps restées classifiées par Washington.
«Avec la guerre du Vietnam, ils [les militaires américains, ndlr] tiennent l'occasion de démontrer la puissance de leur arme météorologique. Dans le plus grand secret, des bombardiers larguent, entre 1967 et 1972, des tonnes d'iodure d'argent au-dessus de la piste Hô Chi Minh, par laquelle les Nord-Vietnamiens, communistes, ravitaillent la guérilla au sud», rappelle le journaliste scientifique Nicolas Chevassus-Au-Louis dans Libération.
L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a appelé à la prudence quant à l'utilisation de l'iodure d'argent, une substance «qui peut provoquer des déséquilibres locaux dans le climat et la météorologie», selon Sylvia Ribeiro.
«Des vendeurs de pluie»
«Ils [les militaires américains, ndlr] pensaient qu'ils allaient tout inonder. Cela ne s'est pas produit. Il s'agit de technologies hostiles. Il existe déjà une industrie autour de ces technologies, ce sont des vendeurs de pluie», souligne cette dernière, pour qui ce procédé a seulement pour effet de déplacer les précipitations d’un endroit à un autre.
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Selon les données de l’OMM, les résultats de l'augmentation des précipitations sont, dans le meilleur des cas, compris entre 0 et 20%, des résultats comparables à ceux obtenus par la pluie naturelle, donc sans intervention humaine.













