Ukraine: où en sommes-nous exactement sur le terrain? Le général Vincent Desportes nous livre sans langue de bois sa vision d'un conflit complexe qui nous force à utiliser de nouvelles clés d’analyse. Il est l’invité d’Anne-Laure Bonnel.
Dans ce nouvel épisode de Délit d’Opinion, le Anne-Laure Bonnel reçoit le général français Vincent Desportes, spécialiste de la réflexion stratégique, pour décrire les différentes phases de la guerre en Ukraine et faire le point sur la situation sur le terrain.
«Moment clausewitzien»
«La contre-offensive ukrainienne a échoué», rappelle d’abord notre invité. «On se retrouve donc dans un moment clausewitzien dans lequel les Russes sont en train de reprendre l’avantage. Aujourd’hui la situation est critique pour les Ukrainiens parce qu’ils perdent tous les jours un peu de terrain», observe-t-il.
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Pour Vincent Desportes, il faut maintenant craindre «une percée des forces russes, puisqu’on sait que les Ukrainiens n’ont pas de masse de manœuvre en arrière du front capable de la bloquer avant qu’elle ne s’engage profondément vers l’Ouest».
100 000 morts de chaque côté?
Le stratège, qui remet en question les chiffres officiels, estime qu’environ 100 000 morts pourraient avoir été faits de chaque côté. Un véritable carnage. Un bilan par ailleurs toujours modeste par rapport à celui de la Première Guerre mondiale, à laquelle peut se comparer sur certains points ce conflit.
«La guerre c'est toujours des aller-retours. Il y a des points de bascule. Une offensive se termine forcément par une halte et cette halte donne souvent un arrêt, puis cet arrêt donne souvent naissance à un repli, etc. On en est exactement là», constate l’auteur de La Dernière bataille de France, ouvrage pour lequel il a reçu le Prix Jacques de Fouchier de l’Académie française.










