La Havane croit que Washington n’a pas de leçon à donner en matière de liberté d’expression depuis que les Twitter files ont révélé que le Pentagone et le Département d’État utilisaient secrètement les médias sociaux pour diffuser leur propagande.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a qualifié de «guerre psychologique» les pressions exercées par le gouvernement américain sur Twitter pour qu'il censure différents utilisateurs, y compris à Cuba.
«Les Twitter Files, documents divulgués aux journalistes, montrent que les agences de renseignement américaines, le Pentagone et le Département d'État coordonnaient des actions de guerre psychologique avec Twitter. Dans le même temps, le FBI a payé l'entreprise pour qu'elle réponde à ses demandes», a souligné M. Rodríguez.
Censure et propagande
Le chef de la diplomatie cubaine a ajouté que l'éditeur de la plateforme numérique Substack, l'écrivain et journaliste américain Matt Taibbi, a révélé des preuves montrant que les agences de renseignement de Washington exigeaient que Twitter censure les articles de politique étrangère contraires au récit approuvé par la Maison-Blanche.
«Le gouvernement américain était en contact permanent non seulement avec Twitter, mais avec pratiquement toutes les grandes entreprises technologiques. Il s'agit notamment de Facebook, Microsoft, Verizon, Reddit, voire Pinterest et bien d'autres», a ajouté le ministre cubain des Affaires étrangères, selon les informations de l’agence de presse russe.
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En même temps, Rodríguez a fait valoir à nouveau le point de vue qu’il a exprimé le 3 novembre dernier devant l'Assemblée générale des Nations unies.
Il avait alors déclaré que Washington allouait des millions de dollars du budget fédéral et des fonds occultes pour financer des opérateurs politiques qui mènent des campagnes numériques de désinformation, de haine et de déstabilisation contre Cuba.
Guerre froide
Il a précisé que le 24 octobre dernier, les transnationales américaines Twitter et Meta (Facebook) ont utilisé des mécanismes de censure contre les médias publics et les utilisateurs cubains, avec des étiquettes qui limitent leur portée sur les réseaux sociaux.
Les transnationales auraient aussi éliminé les comptes critiques des opérations de déstabilisation de l'île.
«Il s'agit d'une action sélective et coordonnée qui viole le droit à la liberté d'expression des Cubains et exprime la subordination de ces entreprises à l'arbitraire des politiciens américains», a souligné le ministre des Affaires étrangères à l'ONU.
Le 27 octobre, le site web Razones de Cuba a signalé que le compte Twitter de plusieurs utilisateurs cubains de Twitter avait été bloqué, ce que l'Union cubaine des journalistes qualifie de «cyberguerre».
«Façonner le discours en ligne»
Rappelons qu'une récente enquête du journal indépendant The Intercept a révélé que le Département de la sécurité intérieure des États-Unis avait adopté une nouvelle stratégie «pour freiner les discours qu'il considère comme dangereux».
«Des années de mémos, de courriels et de documents internes du Département de la sécurité intérieure – obtenus via des fuites et un procès en cours, ainsi que des documents publics – illustrent un effort considérable de l'agence pour influencer les plateformes technologiques», peut-on lire dans l’article publié le 31 octobre.
«Derrière des portes closes et en faisant pression sur des plateformes privées, le gouvernement américain a utilisé son pouvoir pour tenter de façonner le discours en ligne», poursuivent les journalistes Ken Klippenstein et Lee Fang.












