La CAQ fera-t-elle tomber plusieurs forteresses libérales?

La cheffe du PLQ Dominique Anglade devant son autobus de campagne, le 28 août 2022.

Lundi le 5 septembre 2022, à 11:00

Notre chroniqueur Simon Leduc a identifié quatre circonscriptions que le PLQ ne peut pas se permettre de perdre pour sa survie. 


Depuis sa cuisante défaite électorale de 2018, le Parti libéral du Québec se cherche une nouvelle identité. Sous le leadership de Dominique Anglade, le PLQ n’a pas vraiment réussi à se démarquer. 

Plusieurs comtés libéraux sont menacés par la CAQ: il y a quatre circonscriptions que le navire libéral ne doit pas perdre afin d’éviter un naufrage.  

Saint-Henri-Sainte-Anne 


Cette circonscription est située dans l’arrondissement sud-ouest de la ville de Montréal. La population de ce territoire est de 78 150 personnes et 56 124 personnes sont inscrites sur la liste électorale. 

La population de ce comté est assez diversifiée. Selon le recensement de 2016, 55,4% des habitants ont le français comme langue parlée à la maison, 24,4% l’anglais, 13,2% d’autres langues et 6,9% d’entre eux ont donné des réponses multiples.  

Cette circonscription a été fondée en 1972. Le Parti libéral du Québec a toujours triomphé dans ce territoire avec de bonnes majorités, sauf en 1994 où la candidate libérale a remporté la bataille avec seulement 64 voix de plus que son adversaire péquiste.  

Depuis 2015, ce comté est représenté par l’actuelle cheffe du PLQ. Dominique Anglade. Lors des élections de 2018, elle a gagné facilement la victoire en obtenant 38,1% des voix contre 23,8% pour Benoit Racette de Québec solidaire.  

Il s’agit donc d’une forteresse libérale où Mme Anglade devrait, en temps normal, facilement être réélue.

Or, selon la dernière projection de QC125, c’est une lutte à trois qui se dessine entre la CAQ, le PLQ et QS. Ils obtiennent 28%, 28% et 27% respectivement. Pour Dominique Anglade, c’est une chute de 10% par rapport aux élections générales de 2018.  

Québec solidaire et la CAQ veulent faire une percée dans cette contrée libérale. Le PLQ ne peut pas se permettre de la perdre, d’autant plus qu’une défaite de la cheffe dans son propre comté enverrait un message catastrophique quant à l’état du parti. Dominique Anglade doit donc faire régulièrement campagne dans sa propre circonscription afin d’assurer sa réélection.  


Vimont 


Crée en 1980, cette circonscription est située dans le quartier Vimont-Auteuil de la ville de Laval. Cette dernière a une population totale de 60 330 personnes et 46 106 électeurs sont inscrits sur la liste électorale.  

C’est un territoire favorable au Parti libéral du Québec. Ce dernier a remporté huit des douze élections depuis sa création. À seulement trois reprises, le PQ a battu le PLQ à Vimont: en 1981, le PQ a obtenu 56% des voix contre 41,8% pour le PLQ, en 1994, le PQ a obtenu 44,9% contre 44,6% pour le PLQ et en 1998, 45,4% pour le PQ contre 41,14% pour le PLQ.  

Mais depuis 2003, c’est le Parti libéral du Québec qui règne en maître. Par contre, en 2018, Jean Rousselle du PLQ a obtenu seulement 567 voix de majorité sur le candidat de la CAQ.  


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En conséquence, la candidate libérale Anabela Monteiro doit travailler très fort pour se faire élire, car selon QC125, la CAQ a une avance de sept points sur le PLQ: 37% et 31% respectivement. 

Est-ce que la CAQ pourra faire tomber cette forteresse libérale? C’est à suivre.

La Pinière  


Ce comté fait partie de la ville de Brossard qui comprend le pont Champlain, l’autoroute des Cantons-de-l’Est (l’autoroute 10), les boulevards Lapinière et Taschereau et la limite de la municipalité de Brossard.  

Ce territoire est habité par 75 710 personnes et 55 279 sont inscrites sur la liste électorale. Cette circonscription a été fondée en 1988 et elle est assez multiculturelle, car 26,3% de la population n’ont pas le français ni l’anglais comme langue parlée à la maison, selon les données du recensement de 2016.  

Lors des trois dernières élections, le PLQ a facilement gagné à cet endroit. En 2012, 49,3% pour le PLQ et 24,5% pour le PQ, en 2014, 58,3% pour le PLQ et 23,5% pour la candidate indépendante (Fatima Houda-pépin) et en 2018, 47,1% pour le PLQ et 28,8% pour le PQ.  

C’est clairement une forteresse libérale, mais cette année, elle est menacée par le parti de François Legault. Selon QC125, le PLQ bénéficie toujours d’une infime avance d’un point sur la CAQ avec 35% et 34% respectivement. Le vote libéral risque de s’effondrer dans cette circonscription. 

Les troupes libérales devront faire sortir leur vote pour sauver cet autre château fort qui est convoité par la CAQ. 

Marquette 


Introduite en 1980, cette circonscription se situe dans les villes de Dorval et l’île de Dorval. Elle a une population totale de 63 475 personnes parmi lesquelles 45 365 sont sur la liste électorale.  

Selon le recensement de 2016, il y a 46,3% des gens qui parlent le français à la maison, 35.9% l’anglais, 10,9% de langues non officielles et 6,9% ont émis des réponses multiples. C’est un territoire où les francophones sont minoritaires. 

Les libéraux ont toujours vaincu aisément leurs adversaires. Lors du scrutin de 2018, Enrico Ciccone du PLQ a obtenu 43% des voix contre 28,3% pour Marc Hétu de la CAQ.  

Or, selon QC125, la CAQ livre une chaude lutte au PLQ. Les troupes de Legault obtiennent 35% et 34% des voix respectivement. La CAQ risque de faire tomber une autre forteresse libérale.