L’inquiétude est grande au Royaume-Uni, où l’inflation atteint maintenant 10,1%, le double de l’inflation en France. «Eating or heating», dit-on, car un nombre grandissant de gens doivent choisir entre s’alimenter ou se chauffer convenablement.
«La marge de manœuvre du gouvernement est très réduite. Le peuple anglais se prépare à un hiver difficile. […] Depuis un certain temps, on évoque la possibilité de grèves pour réclamer une hausse des salaires. Il y a un risque qu’elles se multiplient», laisse tomber Jeremy Stubbs, observateur de longue date de la vie politique britannique.
Transition abrupte
Le 25 octobre dernier, en rencontrant Charles III, Rishi Sunak a officiellement succédé à Liz Truss, qui ne sera restée que 44 jours à la tête du pays avec son programme économique libéral, un record de courte durée. Liz Truss avait elle-même succédé à Boris Johnson après sa démission devenue quasi inévitable devant la multiplication des scandales.
Élu chef du Parti conservateur, Rishi Sunak s’est engagé à redresser le plus rapidement possible l’économie britannique, alors que des milliers d’Anglais ne pourront tout simplement pas s’offrir le luxe de chauffer leur logis cet hiver, selon plusieurs études.
«Ce matin, j'ai exposé au Cabinet l'énorme tâche à laquelle nous sommes confrontés et pourquoi je suis convaincu que ce gouvernement peut relever le défi», a déclaré le nouveau premier ministre, le 25 octobre.
«Le président des riches»?
Ayant joué le rôle de «héros du confinement» durant la pandémie en prônant des aides qui se chiffrent à des milliards de livres, l’ex-ministre des Finances est déjà perçu par certains comme «le président des riches», un peu comme son homologue français, Emmanuel Macron, lui aussi ex-banquier. Une sorte de héros de la PCU britannique, en version multimillionnaire.
«Rishi Sunak est l’homme du réalisme. Il s’agit maintenant de récupérer les milliards dépensés durant la pandémie en augmentant les impôts. Il est l’incarnation de la prudence austère», analyse Jeremy Stubbs auprès de Libre Média.
Deux fois plus riche que le roi lui-même, Rishi Sunak est marié à Akshata Murty, une richissime femme d’affaires ayant hérité de l’entreprise Infosys, un géant indien de l’informatique.
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En avril dernier, Akshata Murty a fait l’objet d’une controverse quand les médias ont dévoilé qu’elle bénéficiait d’un statut fiscal privilégié, entièrement légal, lui permettant de payer la majeure partie de ses impôts à l’extérieur du Royaume-Uni.
Voyant la cote de popularité de son mari dégringoler, la principale intéressée s’est engagée dans la foulée à payer l’impôt fiscal britannique.
Crise économique, crise énergétique
Les citoyens anglais attendent avec impatience de voir quelles seront les mesures prises par le premier ministre pour réduire leur anxiété économique, et si le bouclier tarifaire sur l’énergie sera prolongé au-delà du printemps prochain. Les mesures devraient être annoncées le 17 novembre.
«La pénurie générale d’énergie est le résultat de plusieurs facteurs comme une mauvaise gestion, la guerre en Ukraine, l’inflation et l’insuffisance des nouvelles énergies renouvelables à fournir à la demande. […] Chez les classes les moins riches, il y a une souffrance véritable. La population a besoin d’être rassurée», souligne le directeur adjoint de la rédaction de Causeur.
Pas d’élection à l’horizon
Les sondages étant actuellement défavorables aux tories, aucune élection n’est prévue jusqu’à la fin de leur mandat initié avec Boris Johnson en 2019. Dans ce contexte, toute la pression est bel et bien sur le nouveau premier ministre de 42 ans.
Son arrivée fait plaisir aux communautés culturelles et à une certaine gauche qui y voit le visage d’un Royaume-Uni moderne et ouvert, malgré le Brexit, symbole de repli pour les europhiles, mais elle ne représente pour le moment qu’un «petit soulagement» pour la population.












