De l’Australie à la France, les restrictions visant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux se multiplient. Plus d’une vingtaine de pays ont adopté ou envisagent désormais de telles mesures.
Comme l’Australie, qui interdit depuis la fin de 2025 les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, un nombre croissant de pays cherchent à bloquer ou à restreindre l’accès des mineurs aux plateformes numériques.
Plus d’une vingtaine de pays ont déjà adopté ou annoncé des mesures en ce sens, selon un décompte de l’AFP. Dans sept d’entre eux, les restrictions sont déjà en vigueur ou sur le point de l’être. Elles ciblent généralement les moins de 15 ou 16 ans.
Dans l’Union européenne, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, propose d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans et d’imposer aux adolescents de 13 à 15 ans des «mini-comptes» aux fonctionnalités restreintes.
Des contrôles déjà en vigueur
L’Australie interdit depuis décembre 2025 les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Selon des données diffusées en août, la règle serait toutefois largement contournée par les adolescents.
Au Brésil, une loi entrée en vigueur en mars oblige les plateformes à relier les comptes des moins de 16 ans à ceux de leurs parents et à vérifier l’âge des utilisateurs.
En Chine, où Internet est étroitement contrôlé par l’État, l’accès des mineurs aux plateformes numériques est progressivement restreint depuis 2019. Les autorités ont d’abord imposé des limites horaires et des couvre-feux pour les jeux en ligne, avant d’étendre ces mesures, à partir de 2023, aux réseaux sociaux et aux plateformes de diffusion en continu.
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L’Indonésie interdit depuis mars les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. La Malaisie applique une mesure semblable depuis l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi, en juin.
La Turquie rejoindra prochainement ce groupe. Une loi adoptée en avril, qui doit entrer en vigueur à la fin de 2026, exclura les moins de 15 ans des réseaux sociaux. Aux Émirats arabes unis, une interdiction visant la même tranche d’âge, annoncée en juin, doit être appliquée d’ici un an.
Aux États-Unis, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a signé le 10 septembre une dizaine de lois consacrées à la protection des enfants en ligne. L’une d’elles interdira aux plateformes de proposer des fonctionnalités jugées addictives aux moins de 16 ans. Elle entrera en vigueur au début de 2027.
Des projets de loi coordonnés?
Dans l’Union européenne, le gouvernement grec a annoncé au début d’avril son intention d’interdire, à partir de janvier 2027, l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. L’Autriche et la Slovénie préparent également des projets de loi visant respectivement les moins de 14 et de 15 ans.
En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz s’est déclaré favorable à des restrictions, voire à une interdiction pour les mineurs. Une commission d’experts a proposé en juin deux avenues: une interdiction graduée selon l’âge ou des restrictions adaptées à chaque plateforme.
En Suède, une commission gouvernementale préconise une interdiction aux moins de 15 ans à compter de 2028. Au Danemark, le gouvernement avait annoncé en octobre 2025 son intention d’interdire «plusieurs réseaux sociaux» aux moins de 15 ans.
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Hors de l’Union européenne, le gouvernement norvégien doit présenter d’ici la fin de l’année un projet de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Le Canada a dévoilé le 10 juin un projet de loi fixant lui aussi l’âge minimum à 16 ans.
Au Royaume-Uni, le gouvernement travailliste souhaite interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans dès le printemps 2027. Un couvre-feu numérique nocturne serait également imposé aux jeunes de 16 et 17 ans.
La Nouvelle-Zélande a emboîté le pas à l’Australie en août, avec un projet de loi interdisant aux plateformes de proposer leurs services aux moins de 16 ans.
Des textes encore à l’étude
Au Portugal, une proposition de loi déposée en février par des élus du parti de droite au pouvoir fixe à 16 ans la «majorité numérique pour l’accès autonome aux plateformes, services, jeux et applications».
En Espagne, un projet de loi dévoilé en mars 2025 et toujours à l’étude prévoit de porter à 16 ans l’âge minimum requis pour s’inscrire sur un réseau social.
En Italie, une proposition de loi actuellement examinée par le Parlement interdirait les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
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En France, une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, approuvée cet été par le Parlement, a été censurée par le Conseil constitutionnel au nom de la liberté d’expression. Le président Emmanuel Macron a promis de présenter une nouvelle loi «juridiquement robuste» d’ici au printemps 2027.












