Sous contrôle américain depuis 1898, Porto Rico reste une colonie, affirme Denis Márquez Lebrón. Le porte-parole du Parti indépendantiste portoricain explique à Libre Média pourquoi son camp veut libérer l’île de la tutelle de Washington.
Passé de l’Espagne aux États-Unis en 1898 à l’issue de la guerre hispano-américaine, Porto Rico possède depuis 1952 sa Constitution et le statut d’«État libre associé».
Une autonomie pour le moins théorique, soutient Denis Márquez Lebrón, porte-parole du Parti indépendantiste portoricain à la Chambre des représentants de Porto Rico.
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«La Constitution de Porto Rico est soumise aux lois des États-Unis et à la Constitution des États-Unis», rappelle-t-il en entrevue à Libre Média. «L’État libre associé n’a pas changé une seule lettre à la réalité coloniale de Porto Rico.»
Une île à vendre?
Cette dépendance se traduit aussi, à ses yeux, dans le modèle économique. Il reproche aux gouvernements portoricains successifs d’avoir multiplié les exemptions fiscales pour attirer les investissements américains, sans protéger suffisamment les habitants.
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«Ils achètent de vastes terrains, achètent des immeubles, chassent les locataires, chassent des communautés», dénonce-t-il. Ces déplacements de population participent, selon lui, à une gentrification qui transforme autant la propriété des lieux que leur composition sociale.
Il précise toutefois ne pas rejeter les Américains qui souhaitent vivre ou investir sur l’île. «Mais pas pour profiter du pays ni pour exploiter le pays.» Il réclame un modèle qui bénéficie aux investisseurs comme aux Portoricains, sans pénaliser «les travailleurs et les populations marginalisées».
Un engagement sous surveillance
Son engagement porte aussi la marque de la surveillance policière. Dans les années 1980, raconte-t-il, les renseignements de la police l’avaient identifié pour sa participation à des activités «séparatistes».
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Cette répression visait, affirme-t-il, à présenter les indépendantistes comme des criminels. Ses parents redoutaient les conséquences de son militantisme: «Ils savaient que je ne ferais rien de mal, mais ils savaient qu’on allait me ficher, qu’on allait me persécuter.»
L’indépendance pour s’ouvrir
À cette tutelle, Denis Márquez Lebrón oppose une souveraineté permettant de conclure des accords avec le Canada et les pays des Caraïbes, de participer aux organisations internationales et de décider de l’avenir de l’île.
«Porto Rico est un pays des Caraïbes, latino-américain, où l’on parle espagnol. Un point, c’est tout.» Son projet, insiste-t-il, vise l’ouverture: «Nous ne voulons pas nous séparer. Nous voulons devenir indépendants pour faire partie du monde.»
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