Au Québec, notre principal ennemi est moins Donald Trump que l’immobilisme.
En ce début de campagne, l’hésitation règne chez bon nombre d’électeurs. Or, s’il est une chose claire comme le jour, c’est que, face aux nombreux et profonds défis qui attendent le prochain gouvernement, une vaste part de l’électorat n’a aucun appétit pour les fausses promesses, la pensée magique ou les «bonbons».
Nous avons mordu à l’hameçon trop souvent. Les grandes espérances déçues ont cédé la place à un certain pragmatisme.
Plusieurs sondages récents indiquent d’ailleurs que les citoyens paraissent fin prêts pour un virage vers un gouvernement responsable, qui prendra les décisions qui s’imposent plutôt que les décisions faciles ou populaires.
Des chiffres parlants
Commençons par l’étude réalisée par la Chaire en fiscalité et en finances publiques, qui a révélé que 86 % des Québécois considèrent que le retour à l’équilibre budgétaire devrait constituer une priorité de cette campagne.
Avec le vilain trou de cinq milliards que la CAQ refile au prochain gouvernement, pas étonnant qu’il s’agisse d’une nécessité aux yeux des Québécois, tout comme la réduction de la bureaucratie, elle aussi appuyée par une majorité.
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Mentionnons ensuite le récent sondage Léger commandé par l’Ordre des ingénieurs du Québec, selon lequel 80 % des Québécois estiment que la crise des infrastructures requiert une attention urgente.
Enfin, même lorsqu’il est question d’éventuelles mesures d’aide dans le contexte de la guerre commerciale, un sondage Angus Reid montre que la majorité des citoyens préfère qu’elles soient financées par des coupes budgétaires plutôt que par des taxes ou par l’endettement.
Bref, la gestion responsable rallie. Et les citoyens semblent disposés à garder la tête froide, même sur des sujets émotifs.
Tenir le cap
Cela dit, malgré un accord non équivoque sur la direction à suivre, c’est souvent lorsqu’arrive le temps de s’entendre sur les moyens de se rendre à bon port que le bât blesse.
Inévitablement, de tels changements provoquent l’ire de certains groupes, ce qui finit par éclipser même le plus solide des consensus.
C’est là qu’une promesse de l’électorat pourrait s’avérer utile, car il y a un monde entre souhaiter un gouvernement responsable en principe et le soutenir lorsque ses décisions nous touchent. Si l’électorat s’engageait à tenir le cap par-delà l’élection, cela rendrait la tâche ardue du prochain gouvernement un tantinet plus facile.
À cet égard, la Ville de Longueuil devrait nous servir d’inspiration. Le flegme des Longueillois mérite en effet d’être salué, eux qui appuient résolument leur mairesse dans son approche peu sexy, mais responsable, qui consiste à prioriser la réfection de l’existant plutôt que les coupes de ruban.
Il faut également souligner le talent de la mairesse Fournier, qui a su expliquer son raisonnement et convaincre la population d’adhérer à une approche a priori peu enthousiasmante. Comme quoi s’adresser à l’intelligence des gens peut susciter une approbation durable dans un milieu où, d’ordinaire, peu de choses le sont. Espérons que les candidats provinciaux sauront suivre son exemple.
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À l’amorce d’une campagne qui s’annonce enlevante, l’électorat semble déterminé à tenir le cap, du moins sur papier. Souhaitons que nous ne perdions pas le nord dès la poussière de l’élection retombée.
Comme nous y invite l’improbable duo Lagacé–Bock-Côté, souhaitons surtout que nous puissions nous promettre, en dépit des épouvantails et des diverses tentatives de confiscation du débat, de rester concentrés sur NOTRE élection et sur NOS enjeux, qui, ma foi, méritent toute notre attention.
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Après tout, dans l’état actuel de nos finances, de nos infrastructures et de nos services publics, notre principal ennemi est moins Trump que l’immobilisme.











