Rebâtir après la chute: le Québec doit se reprendre en main

Le premier ministre du Québec, François Legault. le 10 septembre 2025. Photo: page Facebook officielle de François Legault.

Mercredi le 8 octobre 2025, à 12:00

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Rebâtir après la chute: le Québec doit se reprendre en main
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Minée par l’usure du pouvoir et des paris industriels perdus, la CAQ fait face à un désamour profond. Du fiasco de Northvolt à la fatigue citoyenne, l’heure est venue de rebâtir sur des fondations durables: énergie, éducation et lucidité collective.

 

Aussi bien dans nos forêts qu’en politique, l’automne est une saison haute en couleur. Au grand dam du gouvernement, la rentrée parlementaire s’est révélée une course aux hypothèses pour justifier la désaffection des Québécois envers la CAQ. 

 

Un éventail de causes

 

Pour les Verts, la chute tire ses origines de la mise au rencart de l’environnement. Certes, les Québécois tiennent à l’environnement et au processus éprouvé que représente le BAPE, processus qui, rappelons-le, s'est vu bafoué dans le tristement célèbre dossier Northvolt. 

 

 

Toutefois, l’opinion publique évolue: davantage de Québécois se montrent ouverts à l’exploitation de nos ressources et plusieurs endossent l’injonction de réduire la complexité et les délais des procédures environnementales. 

 

Les Rouges et les Oranges attribuent plutôt la dégringolade à l’état lamentable de nos services publics, particulièrement en santé. S’il s’avère impossible de nier une certaine dégradation des services et de l’accès, les Québécois ne sont cependant pas dupes. 

 

Ils notent que plusieurs ténors de la CAQ ont affiché une volonté sincère et résolue d’améliorer les choses. Ils savent aussi pertinemment que, pour des raisons démographiques évidentes, la pression sur nos services n’est pas près de se résorber. 

 

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Bref, ils sont résignés: quoiqu’on fasse et quiconque sera aux commandes, ça ira moins bien avant d’aller mieux. 

 

Pour les différents tons de Bleus, le désamour découle des promesses rompues quant à la taille de l’état ou aux questions identitaires. La CAQ s’accroche d’ailleurs à ces aspects pour tenter de rebondir.

 

Enfin, d’aucuns évoquent les explications les plus simples dans les circonstances: les ratés informatiques et l’usure du pouvoir. 

 

Une politique industrielle inspirée de la roulette

 

Toutes ces hypothèses ont leurs fondements, mais aucune ne capture l’éthos de cette fin de règne, aucune ne met en exergue le Jeu, vice emblématique de notre époque. 

 

Comme souvent, la jeunesse s’en fait le porte-étendard. Ceux qui la côtoient constatent que si elle n’abuse pas d’alcool, elle finit ses soirées au Caz, joue à la bourse, multiplie les paris sportifs et parle de crypto comme on parle de météo. 

 

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À l’instar du joueur de Dostoïevski, notre gouvernement, avec Fitzgibbon en tête, a joué son va-tout en misant sur le 0. Les Québécois, tels un groupe de curieux grisés par le vertige du hasard, retenaient leur souffle face aux nombreux paris industriels. Quand le croupier a commencé à ramasser les millions de jetons, ils ont quitté la table, dépités. 

 

L’heure de nous refaire a sonné

 

Ce malheureux coup du destin a fait réaliser à bon nombre d’entre nous que «le jeu devrait rester un jeu»; que notre politique industrielle devrait être moins source de vertige, que de stabilité. 

 

Dans un contexte politique marqué par l’imprévisibilité, nous avons besoin plus que jamais de nous appuyer sur des certitudes, de renouer avec la recette de nos succès passés: l’énergie et l’éducation. 

 

Manifestement, l’énergie sera la pierre angulaire de l’ère qui s’amorce. Ainsi, la puissance représente la meilleure attraction pour développer toutes les filières. 

 

À cet égard, la sécheresse qui draine nos réservoirs depuis quelques années illustre l’urgence de discuter lucidement du mix énergétique idéal pour assurer notre indépendance et notre sécurité. Toutes les options devraient être sur la table.

 

Rappelons, sans ironie, qu’au-delà des slogans, l’éducation constitue LA priorité des priorités. 

 

Le gouvernement a certes intensifié les investissements, mais certains enjeux majeurs demeurent, notamment, la «composition de la classe», le décrochage, la sous-scolarisation des garçons et l’analphabétisme fonctionnel qu’affichent de trop nombreux diplômés.

 

Par ailleurs, à l’heure où l’expertise de pointe constitue un levier stratégique, il serait judicieux que l’État investisse dans la formation d’étudiants prometteurs dans des domaines à forte valeur ajoutée, tels que la robotique et l’informatique, au sein d’universités de réputation mondiale comme Caltech ou Carnegie Mellon. 

 

Ultimement, s’il est un pari qui s'avère toujours gagnant, c’est bien l’éducation.