L'entrepreneur Guillaume Abbatiello a raison. La culture est primordiale, mais elle ne devrait pas être financée à n’importe quel prix ni maintenue sous perfusion étatique comme un patient sous respirateur artificiel.
Guillaume Abbatiello, l’un des copropriétaires de Pizza Salvatore, a osé questionner la pertinence de certaines subventions culturelles. Scandale! Sacrilège!
L’homme d’affaires a été traîné dans la boue par les bien-pensants du milieu artistique et même par Mathieu Lacombe, le ministre québécois de la Culture, pour avoir simplement osé remettre en question l’allocation de fonds publics à des projets «de marde» qui ne génèrent aucun retour tangible.
Pourtant, ses propos résonnent avec une réalité que bien des contribuables ressentent: la culture est importante, mais elle ne devrait pas être financée à n’importe quel prix et surtout pas sans réflexion critique.
Une pluie de subventions
Les crédits accordés au ministère de la Culture et des Communications s’établissent à 1 079,6 millions $ en 2023-2024. Un milliard de dollars puisés dans les poches des travailleurs et redistribués sans égard pour les retombées économiques des projets concernés, mais aussi pour l’intérêt qu’ils suscitent véritablement parmi la population.
Une culture qui dépend exclusivement de l'État est-elle vraiment vivante?
Personne ne s’oppose à la promotion de la culture et à la valorisation de notre patrimoine. Mais peut-on admettre qu’il y a un ménage à faire? Que toutes les subventions ne se valent pas et qu’il serait peut-être temps de revoir les critères d’attribution, surtout dans un contexte économique difficile?
Une seule et même clique
Donnons quelques exemples. Pourquoi finance-t-on des artistes qui chantent faux et jouent mal, sans réussir à attirer un vrai public? Pourquoi subventionne-t-on des festivals où il faut truquer les chiffres pour faire croire à un succès?
Pourquoi certains courants artistiques reçoivent-ils des subventions alors que d’autres, plus en phase avec les goûts des masses, doivent se débrouiller seuls? N’y a-t-il pas un biais institutionnel qui favorise toujours les mêmes cercles, les mêmes idéologies, les mêmes visages?
Une culture sous respirateur artificiel
On aime nous répéter que la culture, c’est l’âme d’un peuple. Mais une culture qui dépend exclusivement de l'État est-elle vraiment vivante? Une culture qui ne survit que grâce aux perfusions publiques et non grâce à l’adhésion du public qu’elle est censée servir et stimuler est en réalité un simulacre de culture, une illusion culturelle.
Certains rétorquent que les retombées économiques directes des produits culturels s’élevaient à 17,4 milliards $ en 2022. Un chiffre souvent brandi comme un bouclier pour justifier un financement sans limite.
Peut-être, mais ce montant englobe des industries diverses comme le divertissement, la publicité et le cinéma grand public qui génèrent d’importants revenus sans dépendre massivement des subventions.
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Si une industrie ne génère de valeur qu’au prix d’un soutien public massif, elle ne propulse pas l’économie, elle l’alourdit. Une culture qui dépend entièrement des subventions n’est pas un moteur de prospérité ni de dynamisme collectif.
Les subventions ne devraient pas être un chèque en blanc. Et surtout, ceux qui osent poser des questions ou insuffler des critiques ne devraient pas être cloués au pilori.
Guillaume Abbatiello a eu le courage de mettre en lumière une vérité que trop de gens taisent: l’argent des contribuables ne pousse pas dans les arbres.
Un régime d’exception
Alors qu’on demande sans cesse des efforts aux PME, aux restaurateurs et aux travailleurs autonomes, pourquoi la culture bénéficierait-elle d’un régime d’exception où la viabilité importe peu?
Comment justifie-t-on qu’un entrepreneur doive se réinventer ou disparaître s’il ne trouve pas son public, tandis qu’un artiste sans auditoire peut continuer à recevoir des fonds publics?
Et si on osait, pour une fois, se questionner sans crier au scandale?













