Future tradition annuelle, le Festival des Savoirs de la Terre a été organisé par Maïla Lemay et Lucas Besse Dicaire, membres de la communauté de Terre Sauvage, un espace d’écotourisme en forêt.
Cette première édition a eu lieu du 2 au 5 septembre dernier en Outaouais.
Ayant réuni un peu plus de 350 participants, ce rassemblement a été inspiré par les «Earth skills gathering». Biens connus aux États-Unis, ces événements visent à transmettre des savoirs ancestraux qui favorisent les modes de vie autosuffisants.
Se réapproprier des connaissances oubliées
Lucas et sa conjointe Maïla constatent que de plus en plus de festivals au Québec ont ce genre de thèmes, cependant, ils estiment qu’ils sont généralement traités de manière assez sommaire.
«Je perçois un désir collectif grandissant d’en connaître davantage sur l’héritage de nos ancêtres. Les gens semblent avoir un intérêt de plus en plus marqué sur la façon de vivre de nos prédécesseurs et des Premières Nations. Nous avons voulu répondre à l’appel», explique Lucas à Libre Média.
Un événement à vocation éducative
Plusieurs artisans québécois étaient en vedette lors de cet événement à vocation éducative.
C’était sous forme de conférences, de démonstrations et d’ateliers participatifs que les festivaliers ont pu s’initier à la forge, à la vannerie, à la teinture végétale, à l’identification de plantes comestibles sauvages, à la charpenterie scandinave, à l’aiglerie et à la régénération des sols, pour ne citer que quelques activités.
Un des objectifs était de créer un espace qui favorise une proximité entre les artisans et la population.
«Nous avions envie de faire un gros boom de sensibilisation sur l’importance de ces petits gestes qui ont tracé l’histoire de l’humanité», poursuit notre interlocuteur.
Les deux organisateurs souhaitent aussi conscientiser la population à la possibilité de créer un grand rassemblement sans mettre l’accent sur la consommation et le divertissement.
Un des messages importants qu’il a voulu transmettre lors de ce festival, c’est la possibilité d’éprouver du plaisir ensemble tout en faisant quelque chose de constructif.
L’événement ayant une vocation sobre, il était interdit de consommer alcool, tabac et cannabis dans les espaces communs. «Il y a moyen de se réjouir à l’idée de se réunir sans se saouler ou se droguer», souligne-t-il.
Une organisation écoresponsable
Pour encourager le covoiturage, les organisateurs du festival ont eu l’idée de réduire de 5$ le prix du stationnement par nombre de passagers. Les participants dont tous les sièges de leur voiture étaient comblés bénéficiaient d’une gratuité pour stationner.
Des toilettes compostes étaient accessibles sur le site et pour la gestion des déchets, il n’y avait aucune poubelle sur place. On exigeait aux participants de rapporter avec eux leurs ordures à leur départ.
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Cette demande de collaboration a été un franc succès. «J’ai dû ramasser un sac à pain de déchet sur tout le site à la fin du festival», se réjouit Lucas.
Plaire à tout le monde est tout un défi...
Durant la pause souper, les organisateurs ouvraient un kiosque pour les inscriptions des activités du lendemain.
La plupart des ateliers ayant un nombre de places limitées, il leur a été difficile de trouver une méthode d’inscription équitable.
Afin de s’assurer que la majorité des participants aient la chance de s’inscrire aux activités qu’ils souhaitaient, ils ont convenu d’ouvrir plusieurs périodes d’inscriptions.
«Si nous avions déterminé un calendrier des activités à choisir au moment de l’achat des billets, tout aurait été joué d’avance. Nous ne voulions pas que certaines personnes se retrouvent à ne suivre que des ateliers qui les intéressaient moyennement», explique Lucas.
Un avantage équitable qui a son lot d’inconvénients. «Certains participants craignaient ne pas avoir de place pour participer aux activités. On nous a mentionné que c’était la partie désagréable du séjour», souligne-t-il.
Un programme complet du matin au soir
Les organisateurs ont pensé à tous les détails afin de s’assurer qu’enfants, adolescents et adultes y trouvent leur compte. Afin d’offrir quelques moments de répit aux parents qui souhaitaient participer à certains ateliers plus complexes, un espace était dédié aux enfants incluant des jeux et de l’animation.
Les lève-tôt pouvaient assister à des ateliers de Qi Gong ou de yoga tout en admirant le lever du soleil.
Durant le jour, les ateliers défilaient suivant un calendrier bien précis qui incluait des pauses repas et de la baignade en nature.
Les moments de festivité avaient lieu le soir. Le public a pu se réjouir de retrouver au programme des spectacles, du chant et de la danse autour d’un grand feu de joie ainsi qu’une performance d’acrobatie animée par la troupe de cirque africain Kalabante. Les membres de cette troupe ont aussi eu l’occasion d’animer des ateliers de danse africaine, ce qui, selon Lucas, ont fait partie des moments les plus appréciés du festival.
Un site d’écotourisme en forêt
Lucas et Maïla ont fondé une famille et depuis quelques années, ils portent le rêve d’un projet de communauté depuis bientôt quatre ans. Les membres de Terre Sauvage vivent dans des habitations de types troglodytiques, yourtes et wigwams.
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La plupart des maisons n’ont ni eau courante ni électricité et certaines autres se sont accommodées de panneaux solaires pour plus de confort.
Subsistant essentiellement des bienfaits du lieu, en plus de développer un projet d’écotourisme, les membres offrent de manière périodique des événements, des retraites, des ateliers et différentes formations qui traitent des savoirs de la terre.
Un projet de longue haleine visant l’autosuffisance qui se concrétise sans empressement, au rythme de la nature.













