Un État au lieu de deux?

Domaine public.

Vendredi le 12 avril 2024, à 11:10

Mathieu Corriveau, citoyen de Lévis, estime que l’indépendance du Québec permettrait de réduire substantiellement la taille de l’appareil bureaucratique en supprimant l’un des deux États qui empiètent quotidiennement sur la vie des citoyens. 

 

Il faut se réjouir du retour de la question nationale dans le débat public, un enjeu central pour l’avenir de la nation québécoise et pour notre pouvoir individuel en tant que citoyens. 

 

La droite politique prône généralement une réduction de la taille de l’État et penche davantage du côté de la responsabilité individuelle que de l’égalité sociale à tout prix. 

 

Certains se réclamant de ce courant semblent plutôt opposés à l’indépendance du Québec, car selon eux notre affranchissement collectif limiterait davantage nos libertés individuelles. 

 

Qu’en est-il vraiment? Cette peur mérite qu’on s’y penche. 

 

Chevauchements ministériels 

 

D’abord, concernant la taille du gouvernement et la lourdeur administrative, le Québec doit actuellement composer avec des ministères et des agences fédérales qui s’occupent de questions québécoises et qui empiètent constamment dans les champs de compétences provinciales, ce qui entraîne une bureaucratie coûteuse et inefficace. 

 

L’utilisation de fonds publics fédéraux allant à l’encontre des décisions du gouvernement du Québec se poursuit année après année, peu importe les gouvernements en place. 

 

L’indépendance du Québec pourrait réduire substantiellement la taille de l’appareil gouvernemental en mettant fin à cette redondance et contre-productivité provenant de deux États, économisant ainsi des ressources et simplifiant sa gestion. 

 

Tel que présenté lors du budget de l’An 1 par le Parti québécois l’automne dernier, la disparition des chevauchements de ministères et de programmes entre Québec et Ottawa pourrait permettre d'économiser 12 milliards de dollars sur sept ans. 

 

 

Avoir un État au lieu de deux représente une occasion en or d’éliminer les doublons gouvernementaux, de renforcer la souveraineté économique et de promouvoir une démocratie locale plus forte.

 

 

Ce montant a certainement dû augmenter encore depuis la panoplie d’annonces du gouvernement Trudeau sur la création de programmes fédéraux coast to coast au coût exorbitant. 

 

Mais au-delà des chiffres qui restent nécessairement sujet à diverses hypothèses, la volonté des leaders indépendantistes actuels de réduire les dédoublements bureaucratiques est très claire et assumée. 

 

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Les partisans de la droite politique prônent généralement plus de souveraineté individuelle, soit davantage de contrôle par les citoyens sur leurs choix de vie. L’indépendance du Québec pourrait avoir un impact considérable sur la démocratie à l’échelle locale. 

 

Les Québécois exercent un contrôle bien plus direct sur leur gouvernement que sur le gouvernement canadien. Dans un Québec souverain, la participation citoyenne serait renforcée, et les décisions politiques prendraient en compte les besoins et les valeurs des Québécois, sans l’ingérence d'Ottawa.

 

Cette vision est cohérente avec les idéaux de décentralisation et de souveraineté individuelle défendus par la droite et le libéralisme classique. À tout le moins, il s’agirait d'un pas dans la bonne direction. 

 

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L’indépendance du Québec offrirait aux Québécois la possibilité de mettre en œuvre ses propres politiques (dont sa politique d’immigration), de négocier des accords commerciaux internationaux et de prendre des décisions stratégiques et géostratégiques conformes à ses intérêts.

 

Un État moins lointain  

 

Au lieu d’être soumis aux décisions du gouvernement fédéral, le Québec pourrait élaborer des politiques décentralisées qui répondent bien mieux aux besoins et à la vision de ses citoyens. 

 

Force est de constater qu’avoir un État au lieu de deux représente une occasion en or d’éliminer les doublons gouvernementaux, de renforcer la souveraineté économique et de promouvoir une démocratie locale plus forte. 

 

Si la droite politique québécoise prône réellement la réduction de la taille de l’État et une plus grande autonomie individuelle, elle devrait s’investir pleinement pour l’indépendance du Québec et en faire une voie cohérente avec l’atteinte de ses propres idéaux.