Dans une entrevue exclusive à Paris, Christian Rioux dénonce le simplisme des médias traditionnels face à la réélection de Trump et revient sur l’indépendance du Québec. Il pointe aussi le fossé grandissant entre l’establishment et la population.
«Depuis 25 ans, je mets en garde contre des choses qui surviennent en France et qui arrivent au Québec ensuite», glisse Christian Rioux aux grandes entrevues.
L'illusion tranquille
Selon lui, l’idée que le Québec pourrait rester imperméable aux secousses internationales relève d’une illusion: «au Québec, on a l’impression que le monde ne nous rejoindra jamais, qu’il n’aura pas d’effet sur nous».
La souveraineté demeure au cœur de sa réflexion. Pour le correspondant du Devoir à Paris, «il n’y a pas de survie ni de développement à long terme sans l’indépendance». Il insiste sur la nécessité d’un projet national fort pour les Québécois: «un peuple ne peut pas vivre dans cette situation-là pendant des siècles».
Par ailleurs, il déplore un «déclin des relations entre le Québec et la France», en grande partie attribuable à une méconnaissance croissante des élites québécoises envers la France, ses mœurs et ce qu’elle représente.
Une révolte antisystème
Le journaliste met aussi en lumière le fossé grandissant entre un certain establishment et ces citoyens toujours plus nombreux à être habités par un sentiment de dépossession:
«Il y a un grand décalage aujourd’hui entre les élites, les médias officiels, et la population en général», observe notre invité.
Cette fracture alimente une méfiance envers les institutions et pave la voie à des discours antisystème paradoxalement alimentés par le système lui-même:
«Le populisme est largement une invention des médias. Pour percer les médias officiels aujourd’hui, il faut faire des déclarations extrêmes», constate l’auteur de Chroniques d’un monde qui vient.
Trump, cet extraterrestre au Québec
Christian Rioux voit dans la réélection de Donald Trump un tournant majeur qui dépasse largement les frontières des États-Unis d’Amérique. Il estime que «Trump est le seul qui a parlé à la nation américaine» durant cette campagne.
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Il s’étonne de la manière dont ce scrutin a été couvert par les médias traditionnels au Québec, dénonçant un manque de profondeur et de compréhension des enjeux clés:
«Notre réaction à l’élection américaine montre une naïveté absolument étonnante qu’on ne voit pas en France ni aux États-Unis». Il est urgent, pour notre invité, d’élever le discours au Québec face aux petits et grands bouleversements.
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