Justin Trudeau le radical

Le premier ministre canadien Justin Trudeau prend la parole lors d'une veillée aux chandelles pour marquer un an depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, au Nathan Phillips Square à Toronto, le 24 février 2023. Photo: CARLO ALLEGRI/AFP.

Vendredi le 3 mars 2023, à 11:05

Les grands médias dénoncent régulièrement le discours populiste et bagarreur de Pierre Poilievre, mais ne trouvent souvent rien à dire du radicalisme «progressiste», dépensier et centralisateur de Justin Trudeau.

 

Le Parti libéral du Canada a toujours prôné un gouvernement fédéral fort par l’entremise d’un fédéralisme centralisateur. Dans sa perspective, Ottawa doit imposer sa vision aux provinces, quitte à s’ingérer s’il le faut dans leurs champs de compétences.

 

Un fédéralisme prédateur

 

Depuis qu’il est premier ministre, Justin Trudeau a adhéré totalement à la vieille vision libérale. Les exemples d’intrusion du fédéral dans la cour des provinces ne manquent pas: imposition de conditions à la hausse des transferts en santé, mise en place d’un programme pancanadien d’assurance médicaments, création d’une prestation dentaire canadienne, désir de limiter le recours à la clause dérogatoire par les provinces et contestation de la loi 21 du Québec sur la laïcité de l’État devant les tribunaux.

 

Ce sont des exemples qui démontrent que le gouvernement Trudeau pratique un fédéralisme prédateur néfaste pour le Québec et les autres provinces.

 

On peut dire que Justin Trudeau défend une politique radicale en la matière, car il ne respecte pas deux des fondements de la Constitution qui sont le partage des compétences entre le fédéral et les provinces et l’utilisation de la clause dérogatoire.

 

Une politique financière irresponsable

 

Depuis son arrivée au pouvoir, Justin Trudeau dépense plus vite que son ombre. Durant son premier mandat, le Canada connaissait une période de prospérité. Au lieu d’adopter une politique financière prudente, Justin Trudeau s’est mis à dépenser l’argent des contribuables sans se soucier des générations futures.

 

En 2015, les finances du pays étaient équilibrées. Mais, rapidement, le gouvernement Trudeau a accumulé des déficits d’année en année. En 2018-2019, le déficit budgétaire du gouvernement fédéral s’élevait à 14 milliards de dollars.

 

La pandémie de Covid-19 et la crise de l’inflation ont frappé l’économie canadienne en 2020. Encore une fois, Justin Trudeau a mis en place des programmes d’aide trop généreux comme la PCU. Cela a eu pour conséquence l’encouragement de la paresse et une augmentation exponentielle du déficit fédéral: 327,7 milliards de dollars pour l’exercice financier se terminant le 31 mars 2021 et 90,2 milliards de dollars pour celui se terminant le 31 mars 2022.

 

À lire aussi: Loi C-11: le Bloc doit défendre le Québec et la liberté d’expression

 

Conclusion: les finances publiques sont hors de contrôle. Justin Trudeau n’a même pas de plan de retour à l’équilibre budgétaire. Cela peut expliquer en partie le départ de l’ancien ministre des Finances Bill Morneau.

 

Selon une étude de l’Institut Fraser, le gouvernement Trudeau a haussé la dette per capita de 35,3% depuis 2015. C’est la troisième hausse la plus élevée depuis la Deuxième Guerre mondiale.

 

Justin Trudeau va donc laisser en héritage une énorme dette aux générations suivantes.

 

Le multiculturalisme à outrance

 

L’actuel premier ministre du Canada adhère pleinement au multiculturalisme, une idéologie qui divise la société en une myriade de groupes ethnoculturels tournés vers le passé et opposés les uns aux autres. Le choc est inévitable.

 

Dans une entrevue au New York Times largement commentée depuis, Justin Trudeau a dit: «Le Canada n’a pas d’identité profonde, d’identité commune ou dominante, ce qui fera du Canada le premier État post-national».

 

Alors, pour le chef du PLC, les immigrés doivent conserver et même imposer leurs valeurs à la société d’accueil. Cette dernière doit s’intégrer aux communautés culturelles et non le contraire.

 

Les politiques d’immigration et de «diversité» du gouvernement Trudeau sont directement liées au multiculturalisme: augmenter les seuils d’immigration à 500 000 par an à partir de 2024-2025, sympathies avec l’islamisme, accusations de racisme pour couvrir le scandale de l’ingérence chinoise au  Canada, encourager l’immigration illégale au chemin Roxham, notamment grâce à cette déclaration en 2017 faite sur Twitter : «À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera».

 

Depuis ce temps,  91 000 personnes sont entrées illégalement au Canada par l’entremise de ce passage devenu emblématique de l’immigration dite «irrégulière». Malgré les doléances du Québec, le premier ministre du Canada ne semble pas être pressé de régler ce problème.

 

La vision de Justin Trudeau dans ce dossier est à contre-courant de celle de la majorité historique francophone du Québec. Pour cette dernière, ce sont les immigrants qui doivent s’intégrer à ses valeurs républicaines et démocratiques et non l’inverse.

 

Dans son ensemble, la nation québécoise rejette fortement cette idéologie de diversité à outrance qui est un élément essentiel à la doctrine de Justin Trudeau. Celui-ci aime toutes les minorités, sauf la nation québécoise qui est minoritaire au Canada.

 

Il faut réaliser que le fait français au Québec est menacé par le fédéral qui prône une hausse vertigineuse des seuils d’immigration. Justin Trudeau a même dit, il y a quelques semaines, que le Québec devrait accueillir 112 000 immigrants par année. Le premier ministre fédéral veut imposer une politique qui mènerait à la disparition de la nation québécoise.

 

Tous ces éléments démontrent que Justin Trudeau est un idéologue qui défend une vision radicale du multiculturalisme, laquelle menace l’existence même du caractère français du Québec.

 

Il ne faut pas oublier ses troublantes accointances avec l’islam radical.

 

La gauche racialiste 

 

Le Parti libéral de Justin Trudeau adhère à une autre frange de la nouvelle gauche, la gauche racialiste. En entrevue à Libre Média, le politologue André Lamoureux a rappelé que cette dernière avait une vision manichéenne du monde: «D’un côté, il y aurait une majorité blanche dominatrice, oppressive et colonialiste puis de l’autre, des minorités historiquement et toujours sans cesse opprimées et victimes de racisme systémique».

 

À lire aussi: Gauche et droite au Canada, comment s’y retrouver?

 

Justin Trudeau aime aussi mélanger féminisme revanchard et multiculturalisme. L’an dernier, l’Université Laval a lancé un appel de candidatures qui était strictement réservé aux minorités visibles, aux personnes handicapées et aux femmes. Les hommes blancs ne pouvaient appliquer à ces postes.

 

Malgré son propre penchant woke, l’université aurait fait cela pour se conformer aux règles du programme de Chaires de recherche du Canada. Le gouvernement Trudeau impose et encourage ouvertement la discrimination envers une partie de la population canadienne.

 

Justin Trudeau n’est pas un politicien moins radical qu’un Pierre Poilievre ou qu’un Maxime Bernier, et il serait grand temps que les grands médias le réalisent.