Troisième lien: la CAQ doit payer le prix démocratique

Le député québécois Éric Caire en compagnie de la vice-première ministre Geneviève Guilbeault. Photo: page Facebook de QUB Radio.

Lundi le 8 mai 2023, à 17:50

La démocratie québécoise est brisée depuis la crise sanitaire et, malheureusement, elle est loin d’être réparée, estime notre chroniqueur Félix Racine.

 

Le dossier du troisième lien a ébranlé les piliers de la CAQ comme probablement jamais auparavant. L’une des promesses phares du parti a été brusquement abandonnée, alors même que la population de Québec l’avait plébiscitée maintes fois.

 

En effet, des députés comme Bernard Drainville et Éric Caire sont allés jusqu’à mettre leur siège en jeu dans cette aventure électorale, faisant du troisième lien une sorte d’élection référendaire pour la région de Québec.

 

Pourtant, malgré la grave défection de leur chef François Legault, ils prennent des airs repentants pour finalement s’en remettre à la ligne de parti.

 

Force est de constater que l’éthique est une valeur absente à la CAQ, les promesses de François Legault ne valant pas grand-chose depuis le début.

 

La CAQ a croqué la pomme

 

L’état d’urgence sanitaire semble avoir donné à ce parti une immunité sans commune mesure, un pouvoir démesuré dont il est difficile de se départir après l’avoir goûté.

 

Depuis la crise sanitaire, l’Assemblée nationale est sous le joug du parti unique, une opposition substantielle y étant inexistante. Qu’il s’agisse du sanitarisme, du wokisme, des questions énergétiques ou des infrastructures, c’est bonnet blanc, blanc bonnet à l’Assemblée nationale.

 

Cependant, dans le cas du troisième lien, il semble y avoir une véritable grogne qui se fait sentir dans la population de Québec, qui ne digère absolument pas une telle trahison aussi injustifiée.

 

En fait, François Legault mise depuis le tout début sur le côté «bonasse» des Québécois, un peuple malléable et caractérisé par un pacifisme à toute épreuve.

 

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Nous l’avons bien vu à l’aune des ravages causés par l’extrémisme sanitaire, les libertés civiles ayant été suspendues sans que François Legault n’éprouve jamais de regrets.

 

François Legault sait bien que le peuple québécois ne se soulèvera pas, n’étant pas de nature révolutionnaire, contrairement à nos cousins français outre-Atlantique.

 

François Legault exploite ce trait de caractère pour en tirer une politique aux relents autoritaires. Il est le chef, point final. Ses intérêts sont prétendument les intérêts du peuple, alors que dans la réalité, c’est tout le contraire. 

 

 Une coalition woke

 

Le peuple québécois n’est ni favorable à l’entrisme du wokisme dans les institutions scolaires ni favorable à une quelconque forme de décroissance économique, notamment en raison de nos infrastructures désuètes. 

 

Ce sont des lobbys militants et idéologiques d’extrême gauche qui poussent un tel agenda messianique et François Legault l'embrasse inconditionnellement, accompagné des autres partis de l’Assemblée nationale. 

 

Les électeurs se sont fait berner par un opportuniste qui leur a vendu que du rêve, mais qui ne sert que ses propres intérêts et ceux des lobbys montréalais et «progressistes».

 

La confiance en baisse

 

Il est incroyable que le PCQ soit le seul parti qui cherche véritablement à rendre la CAQ imputable de ses mensonges et trahisons à l’endroit de ses électeurs. Le contrepoids démocratique est à l’extérieur du parlement, ce qui démontre un déséquilibre patent.

 

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La démocratie québécoise est brisée depuis la crise sanitaire et, malheureusement, elle est loin d’être réparée. Une majorité d’électeurs sont en faveur de la démission d’Éric Caire, mais François Legault lui accorde encore son soutien. Ce nombre inclut également des électeurs de la CAQ, signe d’un cynisme particulièrement élevé dans l’air.  

 

Il faut profiter de cette brèche sans précédent pour faire tomber ce député de la CAQ qui s’est complètement déshonoré. Éric Caire doit impérativement céder sa place.