Les derniers «campings pour le Hamas» au Canada ont été démantelés cette semaine. Certains y voient un déni de démocratie et du droit de manifester, et même une victoire du «capitalisme». C’est bien mal comprendre la dynamique des derniers mois.
Pour l’essentiel, ces campings urbains dénonçaient le «génocide» des Palestiniens par Israël, exigeaient un cessez-le-feu et réclamaient des autorités politiques et financières (dont les fondations des universités) qu’elles cessent de financer l’État d’Israël et son armée.
Or, il y a confusion sur le premier des objectifs des campeurs: l’offensive d’Israël à Gaza, malgré sa brutalité et ses conséquences atroces, n’est pas un génocide, parce qu’elle n’est pas effectuée «dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux».
Crimes de guerre, mais pas «génocide»
On conviendra aisément de ce que les nombreux décès de civils, la famine dont souffre la population, la destruction des infrastructures et des habitations, la pénurie de médicaments et le manque de soins – entre autres atrocités qui y ont cours depuis octobre 2023 –, et qui peuvent à l’occasion être qualifiés de «crime de guerre», lesquels doivent être dénoncés, sont une grave atteinte aux droits des Palestiniens à leur sécurité.
Mais, en dépit de l’opinion d’un grand nombre de bien-pensants, le principal responsable de cette situation n’est pas Israël, mais le Hamas, un mouvement islamiste et terroriste.
En organisant l’agression de civils israéliens (près de 1200 morts et 250 otages) dans la nuit du 6 au 7 octobre 2023 (le plus grave pogrom depuis la Deuxième Guerre mondiale), le Hamas ne pouvait pas ne pas savoir qu’il provoquerait une riposte terrible de l’État d’Israël.
Non seulement ses dirigeants le savaient, mais c’est ce qu’ils espéraient, dans le but (caché mais primordial) de dégrader l’image d’Israël au sein de l’opinion publique mondiale.
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Ainsi, après ce massacre, les combattants du Hamas se sont-ils embusqués au sein de la population gazaouie, se terrant même dans des écoles et des hôpitaux, qui leur servent d’abris et d’entrées vers leur réseau de tunnels.
Le massacre des civils était inévitable, et même souhaité, pour justifier l’accusation de génocide. Si génocide il y a, c’est le Hamas qui en est l’instigateur, car ses dirigeants se foutent bien du peuple palestinien, qui est pour lui une banque de «martyrs».
Les campeurs réclamaient aussi un cessez-le-feu immédiat et permanent. Mais ils devaient savoir que cette demande fait partie de la stratégie du Hamas, qui l’a d’ailleurs exercée à plusieurs reprises depuis sa naissance: on attaque, on se replie et on se cache, puis on réclame un cessez-le-feu.
Le fait que la plupart des campeurs étaient masqués pose aussi un problème éthique.
Dans ce cas, les campeurs qui en font une exigence sont soit des grands naïfs, soit des marionnettes du Hamas.
Israël a souvent accepté ces cessez-le-feu pour mettre un terme à un affrontement avec le Hamas (ou le Hezbollah). Mais cette fois-ci, son objectif (légitime du point de vue militaire), n’est plus de punir le Hamas, mais de l’éradiquer. L’exigence des campeurs est donc ipso facto caduque.
En troisième lieu, les campeurs propalestiniens réclamaient aussi des institutions visées qu’elles «désinvestissent des fonds qui participent activement au génocide», selon les termes d’un campeur évincé de l’Université McGill, ce 10 juillet.
Cette revendication tire sa source du mouvement Boycott, Divestment, Sanctions, créé contre Israël en 2005 et inspiré d’un mouvement semblable appliqué contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980.
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Or, même si elle avait été acceptée, cette demande ne peut évidemment pas être mise en œuvre en un tournemain de façon à satisfaire les campeurs, d’où son côté illusionniste. Car il y a toute une différence entre donner l’accès au pouvoir aux Noirs en Afrique du Sud et priver Israël de sa puissance militaire.
On approche ici des confins de l’univers du réel: comment peut-on penser couper à Israël son financement militaire, dont il dépend pour sa survie? Quelle serait la réaction de ses dirigeants, pensez-vous? Ceux qui aiment les histoires apocalyptiques seraient assurément servis.
On conviendra donc que ce camping aux objectifs irréalisables sinon loufoques était voué à l’échec comme les occupations des Indignés (2011), qui se dégradèrent rapidement en refuges pour les sans-abris parce qu’elles aussi tournaient à vide.
Mais pour compléter ce bilan, il convient aussi de se pencher sur la nature même de ces campements ainsi que sur leurs animateurs et militants.
Des agitateurs professionnels… mais manipulés
Hormis les premières installations sur les campus de certaines universités américaines (Columbia, Yale, Princeton…), qui paraissent avoir été largement spontanées et qui n’ont pas duré très longtemps, les campings qui sont apparus par la suite au Canada semblent avoir été initiés par des agitateurs professionnels, dont certains, selon des observateurs dignes de foi, seraient venus de l’étranger dans cet objectif.
Cela pose la question de la manipulation des campeurs par le mouvement palestinien (dont le Hamas), qui a des antennes partout dans le monde.
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De plus, c’est un fait avéré et documenté que la majorité des campeurs qui se sont installés sur les campus n’étaient pas étudiants dans les institutions auxquelles ils intimaient notamment de pratiquer le «defunding». Sur quelle légitimité reposait donc leur droit d’interpellation, quand on sait que le mot latin universitas signifiait «association»?
Le fait que la plupart des campeurs étaient masqués pose aussi un problème éthique: comment peut-on en effet se réclamer du droit inaliénable aux libertés de parole et de manifester quand on porte un masque qui empêche qu’on soit identifié? La crainte un peu excessive d’être l’objet de représailles de la part du Mossad ou du Shin Beth justifie-t-elle cette mascarade?
L’observation de la faune qui peuplait ces campings, avec ses masques, ses keffiehs et ses drapeaux palestiniens, donne à penser qu’elle se divisait en deux groupes: les Palestiniens et les musulmans partisans du Hamas, qui, doit-on le rappeler, est un mouvement islamiste (allô les libertés civiles et les droits des femmes!) et terroriste, et les Occidentaux, qu’ils soient étudiants ou non, qui constituaient leurs idiots utiles.
Malaise
De plus, l’écoute du discours qui en émergeait produisait un terrible malaise à cause des relents d’antisémitisme, cette interprétation complotiste infondée et insensée de l’histoire, qu’on y décelait. Il est tout à fait possible de critiquer les errements de l’État hébreu sans tomber, comme certains campeurs, dans cette fange.
Enfin, une forte proportion de ces campeurs reprenait le slogan du Hamas selon lequel la Palestine à venir s’étendra «du fleuve (le Jourdain) à la mer (Méditerranée)». Cet objectif implique nécessairement qu’un Hamas vainqueur chassera les Juifs de la Palestine historique ou même les exterminera, en dépit du droit international.
Comment ces campeurs peuvent-ils à la fois dénoncer un «génocide» et soutenir un slogan qui en générerait un autre? Troublant.











