L'économie de Québec a besoin d’un vrai maire

Le maire Bruno Marchand assiste au Grand prix cycliste de Québec le 8 septembre 2023. Photo: page Facebook officielle du maire de Québec.

Jeudi le 5 octobre 2023, à 10:00

Entrepreneure et citoyenne de la circonscription de Taschereau, Marie Josée Hélie répond au dernier texte de Bruno Marchand dans lequel il fait valoir l’absolue nécessité pour la Capitale nationale de se doter d’un tramway. 

 

La réalité est claire: 68% des Québécois ne sont pas favorables au tramway. Pourquoi? Parce que les familles font face à l'inflation et comprennent que leur priorité est de gagner leur vie dans une période où tous doivent se serrer la ceinture. 

 

Consacrer 8 milliards à un tramway sur rail qui défigurera la ville équivaut à plusieurs milliers de dollars de taxes et d'impôts que les foyers québécois n’ont pas les moyens de verser.

 

 

Pour être concurrentiel et visionnaire, il faut tenir compte des cinq mois d'hiver intenses à Québec.

 

 

Contrairement à ce que prétend Bruno Marchand dans sa dernière lettre, le tramway ne répond en rien aux besoins de la croissance démographique de la ville de Québec. 

 

Vous voulez augmenter le nombre d’utilisateurs? L'ajout de cabines de transport partout à Québec, une ville qui endure cinq mois d'hiver rigoureux et des saisons pluvieuses, encouragerait déjà les citoyens à utiliser nos autobus, ce système actuel déjà déficitaire et soutenu par des taxes élevées.

 

Un projet déconnecté

 

L'implantation d’un tramway rigide accroîtra la circulation tout en provoquant la fermeture de plusieurs commerces. Des emplois et des entreprises locales périront, comme le craignent de nombreux entrepreneurs entendus lors des prétendues consultations de la ville.

 

En réalité, le tramway ne présente aucune attractivité pour la ville, bien au contraire. Avec nos hivers, les sels et sables de routes, les coûts d’entretien seront de l’ordre de millions annuellement. 

 

Comparer les projets structurants de Toronto, Hamilton et Scarborough à ceux de Québec est absurde, voire irresponsable, car la population de ces villes, contrairement à Québec, se chiffre en millions d'habitants.

 

Remettre en question le projet ne signifie pas qu’au Québec nous refusons le développement d’infrastructures de transports en commun, mais plutôt que des gestionnaires compétents ont le bon sens de réfuter un projet de 2 milliards de dollars muté en projet inadéquat et incomplet de 8 milliards, respectant ainsi le portefeuille de leurs citoyens.

 

Gaspillage systémique 

 

Le maire dit qu'il n'y a pas d'alternative au tramway, mais une simple recherche sur Google permet d’économiser des milliers de dollars en voyages en Europe pour «voir ce qui se fait ailleurs». Pourquoi n'a-t-il pas visité des villes qui ont des trams sur roues électriques plus efficaces et flexibles qu'un tramway sur rails et dalle de béton? 

 

Cela permettrait déjà de desservir les banlieues, tout en coûtant quatre à six fois moins cher. Si Bruno Marchand tient à dépenser les 8 milliards, qu’il desserve au moins les banlieues avec un système de tramway sur roues. 

 

Pour être concurrentiel et visionnaire, il faut tenir compte des cinq mois d'hiver intenses à Québec. Les citoyens préfèrent prendre leur voiture pour gagner du temps, reconduire leurs enfants à l'école, faire leurs courses, et éviter d’attendre cinq mois par an sur un coin de rue à geler. 

 

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Un système souterrain serait bien plus attractif. En 2022, mon équipe a consulté des firmes telles que la Boring Company, évaluant ainsi un projet souterrain moderne et attrayant pour l'avenir. Un système innovant qui réduirait la circulation en ville sans affecter une seule route en surface, et ce, tout au long de la période de construction. 

 

Des alternatives existent

 

Le tout à un tiers du coût d'un tramway qui entraînera des surtaxes considérables pour les citoyens de Québec. Alors que la construction d'un tramway de 8 milliards prendrait 7 ans, le système souterrain pourrait être construit en 3 ans, tout en débutant logiquement depuis l'aéroport. 

 

Des alternatives pour les citoyens existent bel et bien, et c'est vers celles-ci qu’un vrai gestionnaire de ville ainsi que le Gouvernement du Québec devraient s'orienter. Cela nécessite toutefois un réel courage; la volonté de leaders dotés de réalisme et d'une colonne vertébrale, et clairement, Marchand n'est pas cet homme.