Selon notre chroniqueur Simon Leduc, le Parti libéral du Canada subirait une énorme dégelée électorale avec Justin Trudeau à sa tête. Il n’est donc pas totalement impossible que le parti lui montre la porte avant les prochaines élections.
Depuis quelques mois, le PLC est en chute libre dans les sondages. Selon une moyenne des coups de sonde, le Parti conservateur est en tête avec 37% des voix contre 29% pour le Parti libéral.
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L’usure du pouvoir est en train de rattraper le premier ministre. Il y a deux semaines, Justin Trudeau a effectué un remaniement ministériel majeur afin de donner un second souffle à son gouvernement.
Un remaniement qui ne réglera rien
Le chef libéral a accordé des postes de ministres à des députés qui sont en danger dans leurs propres circonscriptions.
Par exemple, Justin Trudeau a dégommé David Lametti afin de confier le poste de ministre de la Justice à Arif Virani. Ce dernier est député du comté ontarien Parkdale-High Park. Selon le site de projection Canada 338, le PLC y obtient 40% des voix contre 39% pour le NPD. Donc, les libéraux sont clairement menacés par leurs adversaires néo-démocrates.
De plus, Justin Trudeau a nommé Soraya Martinez ministre du Tourisme. Elle représente le comté montréalais d’Hochelaga. Selon Canada 338, le PLC (35%) est talonné par le NPD (28%) et le Bloc québécois (26%). C’est une course à trois qui se dessine et c’est loin d’être gagné d’avance pour la députée sortante.
Dans les prochains mois, les grands sages du PLC pourraient tranquillement mettre en œuvre une stratégie pour éjecter Justin Trudeau de son poste.
-Simon Leduc, analyste politique
Le premier ministre a aussi accordé des ministères à deux femmes qui sont députées seulement depuis octobre 2021: Rechie Valdez, député de Mississauga-Streetville, à la Petite entreprise et Ya’ara Saks, élue de York-Centre, à la Santé mentale et des Dépendances. Ces dernières représentent deux communautés importantes pour le PLC. Mme Valdez provient des Philippines et Mme Saks est une Canado-Israélienne de confession juive.
Il faut souligner que selon Canada 338, dans le comté de Mississauga-Streetville, le Parti conservateur menace clairement le Parti libéral. Ce dernier obtient 41% des voix contre 38% pour son adversaire conservateur.
Dans le comté de York-Centre, le PCC est en pole position avec 43% contre 42% pour le PLC. Selon Canada 338, les conservateurs mènent largement en Alberta, au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique.
L’Ontario déterminant
La grande bataille de la prochaine campagne électorale aura lieu en Ontario. Même dans cette province, le PLC est derrière le PCC: 39% pour les conservateurs contre 34% pour le PLC.
Même dans les Maritimes, un bastion traditionnel libéral, les libéraux et les conservateurs sont à égalité. C’est seulement au Québec que les troupes de Justin Trudeau sont en tête. Cependant, le Bloc québécois est seulement à un point du PLC!
Tout cela démontre clairement que le navire libéral prend l’eau et que Justin Trudeau tente de sauver les meubles en Ontario. C’est un aveu de faiblesse qui pourrait même menacer son leadership à la tête de son parti.
Freeland à la place de Trudeau
Il est clair que la tendance actuelle n’est pas du tout favorable au Parti libéral du Canada. Les conservateurs ont une confortable avance de dix points dans les sondages. Le remaniement ministériel de juillet dernier ne permettra pas à ce gouvernement de rebondir.
Depuis un an, la mauvaise gestion et l’incompétence du premier ministre et de son équipe sont flagrantes: la crise des camionneurs, la crise de l’immigration, le blocage dans les aéroports, l’affaire McKinsey, l’ingérence de la Chine, la crise des passeports, etc. Le navire libéral coule.
Est-ce que l’establishment libéral voudra vraiment aller en guerre avec un leader faible et discrédité? Poser la question c’est y répondre.
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Dans les prochains mois, les grands sages du PLC pourraient tranquillement mettre en œuvre une stratégie pour éjecter Justin Trudeau de son poste. Chrystia Freeland serait le choix logique pour remplacer Justin Trudeau à la tête du parti et du pays.
Cependant, afin de contrecarrer le plan de l’élite libérale, Trudeau pourrait déclencher des élections générales plus tôt que prévu, à l’automne ou au printemps, De cette manière, il sauverait son leadership, aurait la chance d’en découdre avec Poilievre en campagne électorale, et n’aurait pas à subir l’humiliation de se faire montrer la porte par son propre parti.











