Selon notre chroniqueur Simon Leduc, la démission de Joëlle Boutin pourrait être le début de l’exode de certains élus caquistes tentés de démissionner ou de rejoindre un autre parti.
Hier, la députée caquiste Joëlle Boutin a annoncé son départ de la vie politique. Cette dernière a donné deux raisons pour expliquer sa décision: la famille et une réorientation professionnelle.
Mais, si Mme Boutin avait été nommée ministre après la dernière élection, elle serait probablement encore dans le caucus caquiste aujourd’hui. Elle doit être déçue de ne pas avoir pu accéder à un poste de ministre pour lequel elle était qualifiée. Elle détient une maîtrise en politiques internationales et a notamment travaillé au cabinet de relations publiques National.
Mauvais présage pour Legault
Cette démission n’est pas une bonne nouvelle pour le premier ministre François Legault. On pensait que ce dernier avait réussi à calmer et amadouer les députés de la région de Québec avec une hausse substantielle de salaire.
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Or, le départ de Mme Boutin pourrait être le début de l’exode de certains élus caquistes qui pourraient opter pour la démission ou joindre les rangs du Parti conservateur d’Éric Duhaime.
L’abandon du projet de troisième lien a sans doute aussi pesé dans la balance. La trahison de François Legault dans ce dossier risque de mener à d’autres défections au sein du caucus et montrer au grand jour que la grande harmonie au sein de ce gouvernement n’est que de la poudre aux yeux.
Cette division parmi les rangs de la CAQ pourrait aussi hausser les appuis du Parti québécois et du Parti conservateur du Québec.
Le retour du PQ à Québec?
Depuis quelques semaines, on a pu observer une hausse significative des appuis du Parti québécois dans les intentions de vote. À l’échelle nationale, le parti de Paul St-Pierre Plamondon est deuxième derrière la CAQ, mais dans la région de Québec, il est en pole position.
Dans Jean-Talon, le Parti québécois a une chance en or de prouver à la population qu’il est redevenu une force politique et qu’il est la seule solution de rechange à la CAQ.
Historiquement, ce comté était une forteresse libérale où le PLQ a régné en maître pendant des décennies. En 2019, la CAQ a réussi à l’arracher des mains du PLQ et ce dernier est en déroute depuis ce temps.
C’est pour cette raison principalement que le Parti québécois est le favori pour remporter cette élection partielle. Il y a à peine un an, le PQ était à l’article de la mort. Mais PSPP semble avoir réussi, par son bon travail, à sauver son parti du naufrage et d’en faire la véritable opposition au gouvernement Legault.
Une victoire dans Jean-Talon est primordiale pour PSPP. Dans les prochains mois, ce dernier devra travailler très fort sur le terrain et exploiter toutes les ressources à sa disposition afin de séduire les électeurs de cette circonscription. Une réorientation dans le dossier du troisième lien et le recrutement d’un bon candidat seront des éléments importants pour le PQ dans ce scrutin.
Selon les projections de QC 125, le PQ est en tête dans les intentions de vote avec 31% des voix contre 27% pour Québec solidaire et 25% pour la CAQ. Une lutte à trois s’annonce.
Duhaime doit éviter Jean-Talon
Dans une autre perspective, on pourrait penser que cette élection partielle sera l’occasion parfaite pour Éric Duhaime de faire son entrée à l’Assemblée nationale. Mais ce n’est pas le cas, car Jean-Talon n’est pas un territoire très réceptif aux idées conservatrices.
Ce territoire est situé en banlieue de Québec où 47% des électeurs ont un diplôme universitaire. C’est un comté plus favorable au PQ et à la CAQ. La droite québécoise n’a jamais obtenu de bons résultats dans ce comté. En 2022, le candidat du PCQ a obtenu 10% des voix. Même lors de la vague adéquiste du 26 mars 2007, l’ADQ y avait seulement obtenu 18,5% des voix.
En conclusion, Éric Duhaime ne doit ni se présenter dans cette circonscription ni utiliser de grandes ressources humaines et financières lors de cette élection partielle. Le PCQ doit continuer à se concentrer sur ses terreaux fertiles, c’est-à-dire la Beauce et les comtés ruraux de la région de la Capitale nationale.












