Le cadeau de Donald Trump à l’establishment canadien

Éditorial

Le président américain Donald Trump (gauche) et le candidat à la chefferie du PLC Mark Carney (droite). Montage par LM.

Samedi le 1 février 2025, à 15:40

Les grands médias préparent en quelque sorte un coup d’État contre le peuple canadien. Leur mission: imposer Mark Carney comme prochain premier ministre, en travaillant contre l’alternance plus que jamais nécessaire à notre santé démocratique.

 

Ce technocrate est présenté comme un stratège providentiel capable de sauver le Canada des tempêtes économiques provoquées par le retour de Trump à la Maison-Blanche.

 

Pourtant, son ascension aussi rapide qu’artificielle est moins le fruit de son talent de communicateur que de la connivence entre la caste et des médias mainstream qui craignent que Poilievre leur coupe les vivres

 

Mise en scène

 

Cette mise en scène repose sur les relations privilégiées de Carney avec les États-Unis et sa supposée capacité à naviguer dans un monde économique incertain.

 

Son parcours professionnel est peut-être remarquable, mais ne suffit pas à faire de lui un chef sensible au sentiment de dépossession d’un nombre grandissant de citoyens.

 

À ce sujet: Mark Carney, «un technocrate au service des banquiers»

 

On dépeint Carney en négociateur hors pair, en bienfaiteur, en capitaine Canada confiant, mais derrière ce nouveau récit se trouve une mécanique quasi machiavélique: des cercles influents semblent désormais presque souhaiter une aggravation de nos difficultés économiques pour légitimer leur maintien en place.

 

Le pouvoir rêve de nouvelles crises pour garder son emprise. Depuis la Covid, on a bien vu que cet establishment n’hésitait pas à utiliser la peur pour préserver ses intérêts.

 

Trump, allié inespéré de l'establishment canadien 

 

C’est ainsi que Donald Trump devient malgré lui un allié involontaire du système canadien actuel. Plutôt que de renouer avec la realpolitik comme il s’y attendait probablement, nos dirigeants de tendance woke transforment ses menaces et tarifs en nouvel instrument d’insécurité, en nouvel outil d’inquiétude.

 

Au Québec, la comparaison entre Trump et la Covid – établie par Legault puis relancée dans les médias de Québecor – est ridicule mais cohérente. Ce système essoufflé n’a plus rien d’autre à offrir à la population qu’un faux sentiment de sécurité.

 

Legault a un nouveau bouc émissaire

 

François Legault, en particulier, semble avoir trouvé dans ce «virus trumpien» une nouvelle excuse pour masquer son bilan désastreux.

 

Plutôt que d’assumer la responsabilité de ses échecs économiques et de sa gestion erratique, il entend détourner l’attention vers un ennemi commode, une menace extérieure pouvant justifier au moins en partie la médiocrité de son gouvernement.

 

Une insulte à notre intelligence

 

Cette stratégie est une insulte à l'intelligence des citoyens. Après une décennie de gouvernance libérale catastrophique, les Québécois et les Canadiens doivent refuser d’être les otages de cette mascarade et exiger une véritable alternative politique, loin de ce théâtre médiatique et des faux sauveurs.