Naufrage historique: les libéraux complices d’un échec collectif

Le premier ministre Justin Trudeau siège à la Chambre des communes en 2019. Photo: Parti libéral du Canada.

Lundi le 13 janvier 2025, à 11:30

La démission de Justin Trudeau ne règle pas tout. L’échec lamentable du gouvernement dans presque tous les domaines ne repose pas uniquement sur ses épaules. Ses ministres et députés partagent pleinement la responsabilité de ce bilan accablant.

 

Le premier ministre en mène large, certes, mais ses ministres et députés ont un mot à dire et une influence à exercer. Or, soit ils ont concouru aux orientations et décisions du gouvernement et de sa gestion, soit ils se sont tus. Dans les deux cas, ils ne méritent pas notre confiance.

 

Reponsabilité commune

 

Comment les Freeland, Champagne, Joly, MacKinnon, Wilkinson, Duclos, Rodriguez et Cie peuvent-ils décemment se dissocier des déficits à répétition de leur gouvernement (62 milliards en 2023-2024, plus de 200 milliards anticipés pour les exercices financiers 2023-2024 à 2027-2028)?

 

Comment peuvent-ils décemment se dissocier de la gestion désastreuse du programme de PCU (4,7 milliards irrécupérables versés à l’aveuglette à des fraudeurs), de la crise de l’immigration débridée (manque de logements, pression indue sur les services de santé et d’éducation, coûts faramineux des services sociaux pour les contribuables) et de la politique du multiculturalisme à gogo (la lubie du premier État postnational)?

 

Comment ces mêmes politiciens peuvent-il se dissocier du non-respect d’une de nos langues dites officielles (la nomination d’une gouverneure générale incapable de parler français), de la promotion du wokisme sous ses formes les plus radicales dans nos institutions (les origines ethniques et le genre priment sur la compétence), de l’empiètement du fédéral sur les compétences provinciales, et enfin de l’augmentation du nombre de fonctionnaires de 26% de 2015 à 2023 (plus de 90.000 nouveaux bureaucrates sans bonifier la qualité des services aux citoyens)?

 

Et Justin Trudeau aurait tout fait ça tout seul?

 

Combien de ministres et de députés libéraux se sont levés en décembre dernier pour s’opposer à la mesure bêtement électoraliste de Trudeau de donner un congé de deux mois de TPS aux consommateurs alors que l’on battait des records de déficits? On est inféodé ou on ne l’est pas.

 

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Il y en a même, comme l’ex-ministre Pablo Rodriguez, qui tente de se distancier de la nomination d’une «commissaire à l’islamophobie» relevant du ministère du Patrimoine canadien qu’il dirigeait… Trop peu, trop tard. 

 

Un bilan catastrophique 

 

Le bilan du gouvernement Trudeau est catastrophique. Et dire que certains de ces protagonistes se porteront candidats à la chefferie de leur parti ou se rangeront derrière l’un de leurs collègues puis brigueront de nouveau un poste de député. Difficile de ne pas sombrer dans le cynisme face à de tels politiciens.

 

Si les libéraux veulent survivre à ce naufrage historique, ils auront besoin de sang neuf. Pas de rêveurs, d’idéologues, d’improvisateurs et de mauvais acteurs, mais de personnes pragmatiques et terre à terre.