Un long et pénible purgatoire attend les libéraux

La vice-première ministre et ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland s’exprime lors d'une conférence de presse aux Communes le 18 août 2020 à Ottawa, sous le regard du premier ministre Justin Trudeau. Photo: Dave CHAN pour l’AFP.

Jeudi le 9 janvier 2025, à 09:30

Trudeau quitte, mais le naufrage est inévitable: le PLC se dirige vers une débâcle historique en 2025. Qui sera la Kim Campbell des libéraux, condamnée à porter le poids d’une défaite écrasante?

 

Lundi dernier, Justin Trudeau a décidé de démissionner de son poste ministre de chef du PLC. Il restera premier ministre jusqu’à l’entrée en fonction de son successeur. 

 

Lors de son règne, Trudeau a détruit le Canada. Il laissera les finances publiques dans un état lamentable avec 60 milliards de dollars de déficit seulement pour 2023-2024. 

Sous son leadership, la dette publique a explosé, le Canada a perdu sa crédibilité sur la scène internationale et les relations d’Ottawa avec les provinces se sont sérieusement dégradées. 

 

La gouvernance libérale a fait du Canada un laboratoire du wokisme et de l’immigrationnisme à outrance. Justin Trudeau laisser derrière lui un pays en ruines. 

 

Un air de déjà vu

 

Justin Trudeau a trop attendu pour remettre sa démission. Pour le Canada dans son ensemble, mais également pour l’avenir de sa formation politique. Le prochain chef du PLC n’aura pas assez de temps pour se préparer aux prochaines élections qui auront lieu dans quelques mois. C’est exactement ce qui est arrivé aux conservateurs en 1993. 

 

Rappelons que la successeure de Brian Mulroney, Kim Campbell, avait seulement eu trois mois pour se préparer à la campagne électorale de 1993. Résultat: le PPC a subi la plus grande défaite électorale de l’histoire canadienne. Le PLC risque de subir le même sort cette année. 

 

 

En mars prochain, c’est un poids plume qui deviendra premier ministre désigné.

 

 

De 1984 à 1993, les conservateurs de Brian Mulroney ont dirigé le Canada. Aux élections de 1984, les Canadiens voulaient tourner la page des années Trudeau père. Ils ont porté au pouvoir Brian Mulroney en lui accordant la plus forte majorité de l’histoire canadienne (211 sièges). Le Québec a fortement appuyé les troupes de Mulroney lors de ce scrutin. 

 

Le règne des conservateurs a été centré sur le retour du Québec dans le giron constitutionnel canadien (l’Accord du Lac Meech) après le rapatriement de la constitution sans sa signature. 

 

Le gouvernement Mulroney a toutefois subi un cinglant revers quand Meech a été rejeté par le Canada anglais. En conséquence, les nationalistes québécois ont abandonné le navire conservateur et se sont tournés vers le Bloc québécois. 

 

Le Canada a été touché par une crise économique et une hausse du chômage durant le second mandat des progressistes-conservateurs. Brian Mulroney n’a pas été en mesure de renverser la vapeur. Lorsqu’il quitta son poste en juin 1993, le Canada enregistrait de gros déficits. 

 

Quand le petit gars de Baie-Comeau a annoncé sa démission février 1993, son gouvernement était très impopulaire au Québec et dans le reste du Canada. En raison de l’échec de l’Accord du Lac Meech, les conservateurs ont perdu le soutien des nationalistes québécois et de l’Ouest canadien. 

 

À lire aussi: «La prorogation du Parlement par Justin Trudeau est illégale»

 

Les provinces de l’Ouest estimaient que leurs revendications et préoccupations avaient été ignorées durant l’ère Mulroney. Le 25 juin 1993, Kim Campbell est devenue la première première ministre du Canada. Elle a hérité de l’impopulaire bilan de son prédécesseur. 

 

Au début de son règne, la nouvelle première ministre a tenté de se distancer du régime Mulroney. Mais elle devait déclencher des élections générales seulement trois mois après avoir gagné la chefferie conservatrice.

 

Mme Campbell n’a pas réussi à se démarquer lors de la campagne électorale de 1993. Elle a offert une piètre performance:

 

«La campagne électorale de l’automne 1993 se révèle très difficile pour la nouvelle première ministre. Elle commet gaffe sur gaffe lorsqu’elle communique. Elle paraît froide et prétentieuse à plusieurs Canadiens. Son affirmation selon laquelle "les choses sérieuses ne se discutent pas pendant les élections" détourne plusieurs électeurs du Parti conservateur», se souvient Radio-Canada.

 

En conséquence, le 25 octobre 1993, le Parti progressiste-conservateur a été presque rayé du paysage politique canadien. Les conservateurs ont fait élire seulement deux députés à travers le Canada. Il en avait obtenu 169 en 1988. 

 

C’était une cuisante défaite pour le gouvernement sortant. Le PLC de Jean Chrétien a gagné les élections avec une bonne majorité de sièges (surtout en Ontario et dans les Maritimes). Le Québec et l’Ouest canadien ont respectivement voté pour le Bloc québécois et le Reform party. 

 

L’histoire se répète

 

Le gouvernement libéral va subir le même sort que les conservateurs en 1993. Nous assistons à la fin du régime libéral. Les grosses pointures libérales, comme l’ancienne première ministre de la Colombie-Britannique Christy Clark, risquent donc d’attendre la chute du régime avant de présenter leurs candidatures. 

 

En mars prochain, c’est un poids plume qui deviendra premier ministre désigné. Le nouveau chef ne sera pas en mesure de renverser la vapeur et d’éviter le naufrage du navire libéral. 

 

Toujours pressentie pour se présenter, Chrystia Freeland pourrait devenir la Kim Campbell libérale. Sous sa gouverne, le PLC va subir une dégelée électorale historique. Le PLC ne pourra sauver que quelques sièges dans l’ouest de Montréal. Les libéraux devront vivre un long et pénible purgatoire dans l’opposition.