La culture du winner est-elle appelée à disparaître au profit de nouveaux modèles?
Lors de la finale de la 14e saison de l’émission de téléréalité RuPaul’s Drag Race qui se déroulait à Las Vegas en avril dernier, on a pu entendre une chanson intitulée Losing is the New Winning.
Même si le titre et les paroles se réfèrent à une série web, suggérer sur les ondes d’une télévision américaine que les perdants sont devenus des gagnants est assez surprenant.
Nous baignons depuis des décennies dans la culture du héros – voire du super-héros – américain et de ses impératifs de perfection, de contrôle et d’invincibilité.
S’il peut en inspirer certains, ce masculin fantasmé, vu comme un modèle de comportement, entraîne des conséquences néfastes dans le domaine des relations humaines et dans notre rapport avec la nature, qu’il faudrait dominer.
De nos jours, la perspective est inverse: fait montre de courage l’individu qui ose être vulnérable, bravant la peur de perdre la face, plutôt que celui qui fait usage de ses poings.
La connexion avant tout
La vulnérabilité est devenue le domaine de prédilection de Brené Brown, autrice, chercheuse à l’université de Houston, travailleuse sociale et papesse du développement personnel. Dans son livre Le Pouvoir de la vulnérabilité et ses conférences, elle dénonce la tendance à revêtir une cuirasse pour se sentir puissant, à confondre froideur, distance et maîtrise.
Pour Brown, ce qui importe avant tout, ce que chaque être humain recherche essentiellement, c’est la connexion. La vraie, pas celle que l’on établit à coups de likes.
Et pour qu’elle ait lieu, il faut absolument se montrer tel ou telle que l’on est, se montrer vulnérable. Et c’est ce que la plupart d’entre nous craignons.
Voilà pourquoi nous portons des masques et endossons des rôles pour compenser un sentiment d’insuffisance. Brené Brown conseille de considérer nos vulnérabilités comme des atouts, plutôt que d’en avoir honte ou de redouter qu’on les découvre.
Le masculin bénéfique
À deux semaines du Grand Prix automobile de Montréal, un symbole de l’industrie polluante et de l’obsession de la victoire sur l’autre, on pourrait se demander: gagner ou perdre, est-ce si important?
Ce qui est primordial, par contre, c’est de savoir si nous voulons continuer à promouvoir la compétition comme valeur phare dans notre société et nos systèmes d’éducation.
Pour assurer notre avenir, il est grand temps de trouver des sources de motivation moins toxiques, comme l’accomplissement de soi ou la réussite par la coopération, par exemple. Et de mettre la force masculine au service de la création, de la préservation du vivant.











