Justin Trudeau a importé des États-Unis la tactique de salissage des démocrates voulant que toute opinion de «droite» soit le reflet de «l’influence étrangère».
Il y a quelques semaines, j’ai signalé sur les médias sociaux que la prochaine stratégie de la gauche woke consisterait à associer toute résistance à sa vision du monde à de «l’ingérence» sur le modèle des démocrates américains.
Aux États-Unis, la stratégie du clan Clinton à l'origine de la candidature de Kamala Harris est maintenant claire: associer le discours de Trump et plus largement de «droite» à de la «désinformation russe», comme si les républicains et leurs soutiens n’avaient aucune autonomie de pensée, entièrement dépendants qu’ils seraient de schémas propagandistes étrangers.
Étant donné qu’aucun pays hors de l’Occident n’appuie le wokisme et les lubies LGBT, cela signifie que la moindre critique de ces courants pourrait aussi être vue à une étape ultérieure comme le reflet du soft power chinois, saoudien, iranien, turc ou même indien. Cela entraînerait nos voisins du Sud dans un nouveau maccarthysme paranoïaque voyant de l’ingérence partout.
Le cas canadien
Aujourd’hui, dans le cadre de la commission sur l’ingérence étrangère, Justin Trudeau a importé des États-Unis cette logique pour la pousser à un niveau caricatural et inquiétant pour la démocratie canadienne.
Le premier ministre a non seulement insinué que le Parti conservateur était en partie soumis à des forces extérieures – il faudra des preuves –, mais sous-entendu que des personnalités comme Jordan Peterson et Tucker Carlson recevaient l’appui de la Russie pour semer le chaos dans un pays pourtant aussi pur que le Canada.
On voit que les Libéraux tentent de mettre l’accent sur la Russie et l’Inde pour éviter que les médias ne focalisent trop sur les éléments compromettants les liant à la Chine.
Refus de la démocratie
En commission, Trudeau a aussi dit que la présidence de Trump était due à la «désinformation» et que les Anglais n’auraient pas choisi de sortir de l’Union européenne sans être téléguidés par les mêmes entités malveillantes. Le premier ministre du Canada n'a donc pas hésité à remettre en question le choix démocratique de deux grandes nations amies.
La semaine dernière, son ex-bras droit, Gerald Butts, lançait sans en faire la démonstration que «l’ingérence russe» favorisait le mouvement souverainiste au Québec.
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Si les appuis à l’indépendance se concrétisent, les souverainistes pourraient se voir associés à la Russie comme le sont les sécessionnistes catalans en Espagne, un scénario qu’ils ne semblent pas du tout avoir anticipé dans toute leur bonhomie et leur isolement géo-mental.
Cette possibilité réelle devrait être reçue comme un avertissement sérieux par des Paul St-Pierre Plamondon hélas eux-mêmes tentés par le recours à cette tactique.
De la trahison?
En gros, si vous pensez mal et que les valeurs de la gauche mainstream ne sont pas les vôtres, vous n’êtes pas un citoyen libre de réfléchir, mais potentiellement un traître à la nation manipulé par un État hostile.
Si un citoyen ne peut plus exprimer des opinions divergentes sans être accusé d'être un agent (inconscient) d'une puissance étrangère – quelle qu’elle soit –, la société risque de basculer dans le totalitarisme.
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En créant un climat de méfiance généralisée, une telle dynamique pourrait avoir des répercussions graves, non seulement sur la qualité du débat public, mais aussi sur la confiance des citoyens dans leurs élus et institutions, déjà fort en baisse depuis la Covid.
En réduisant la dissidence à de la «trahison» dans cet esprit manichéen, cette rhétorique met en péril le droit fondamental de réfléchir, critiquer et s’opposer.
*Ces manœuvres feront l’objet d’une attention particulière lors de nos deux prochaines conférences à Québec et Montréal (Laval) sur le thème de l’avenir des médias et de la liberté d’expression.












