James Topp, le Canada à pied pour porter la voix des oubliés

James Topp durant son trajet transcanadien. Photo: Logan Murphy.

Lundi le 6 juin 2022, à 11:30

Traversant le Canada à pied, sur les pas du légendaire Terry Fox, James Topp veut marquer l’esprit des Canadiens et les réconcilier après une pandémie néfaste pour le vivre-ensemble. Libre Média s’est entretenu avec lui. 


Sur Twitter et d’autres réseaux sociaux, ils sont des milliers à suivre son périple. Des centaines de messages de soutien à sa marche sont partagés à tout va, exprimant une certaine jubilation. 

Le 20 février dernier, James Topp part du Mémorial de Terry Fox à Vancouver dans un contexte politique tendu opposant le «le Convoi de la liberté» au gouvernement Trudeau. Il entame alors un périple 4297 kilomètres en direction de l’Ontario. 

Se trouvant actuellement à 60 kilomètres de Wawa, près du Parc provincial du Lac-Supérieur, avec un sac de 12 kilos sur le dos, James Topp est accompagné de toute son équipe pour une destination symbolique: la tombe du Soldat inconnu à Ottawa. 

«Cinq à dix personnes s'arrêtent chaque jour au bord de la route. Des gens nous accueillent dans leur maison. Ils viennent de tous les horizons, ce ne sont pas des extrémistes», confie James Topp à Libre Média. «Les dons que nous recevons vont directement financer nos besoins essentiels, comme le carburant pour nos véhicules sur place». 


Une vie chamboulée par l’obligation vaccinale 

 
En octobre 2021, alors réserviste des Forces armées canadiennes et gestionnaire d’installation à la Gendarmerie royale du Canada, la vie de James Topp est chamboulée par l’annonce de vaccination obligatoire pour tout employé du gouvernement fédéral. 
 
Attaché à son choix personnel de ne pas se faire vacciner, Topp se voit contraint d’être placé en congé non payé par son employeur. 
 
«Je ne pensais pas que le gouvernement fédéral avait le droit d’exercer ce type d'autorité sur ma vie personnelle», glisse le vétéran des Forces armées canadiennes. 
 
À partir de ce jour, James Topp veut exprimer la détresse de «ceux qui ont perdu leur emploi et leur salaire à cause de cette politique, mais aussi le mal-être de «ceux qui ne peuvent pas parler, parce qu'ils ont peur de perdre leur emploi». 
 

Capter l’attention des politiciens 

 
L’objectif de James Topp est de capter l’attention du plus grand nombre de députés possible de la Chambre des communes en vue de la réunion du 22 juin qu’il a planifiée pour tenter de familiariser ces derniers à sa cause.  
 
«À l'heure actuelle, douze députés ont accepté de nous rencontrer pour discuter. Ils viennent surtout du Parti conservateur, mais nous avons aussi un membre du NPD», se réjouit Topp. 
 
Les demandes de James Topp se résument en trois mots d’ordre commençant par la lettre R.
 
Révocation de la vaccination obligatoire au gouvernement fédéral et dans le secteur privé.
 
Réintégrer les travailleurs congédiés qui ont été victimes de ce «système de ségrégation».
 
Restituer les salaires perdus à ces employés. 
 
Tout cela au nom d’une réparation visant à restaurer l’unité perdue du peuple canadien. 

 

Ignoré par les grands médias 

 
James Topp reçoit des appuis de partout au pays, pourtant, à la 107e journée de cette marche, aucun grand média canadien n’a couvert son périple. 
 
«Il n'y a pas eu de couverture médiatique de la part des grands médias. Il y a des gens qui ne veulent pas écouter ce que des dizaines de milliers de Canadiens veulent exprimer», se désole-t-il. 
 
Ce déficit d’ouverture d’esprit chez les médias conventionnels pourrait être l’un des symptômes d’un véritable problème structurel au Canada: une «concentration de pouvoir entre les mains de quelques-uns» avec une «influence d’intérêts privés» chez nos élites, estime le militant. 


Appel aux Canadiens  


Miné par une abstention grandissante, le système politique est confronté à la même crise que les grands médias.

Face à un «gouvernement minoritaire choisi par une minorité de personnes», Canada Marches, nom donné à ce périple transcanadien, vise à donner une voix aux oubliés du pays, dont le point de vue est ignoré dans l’espace public. 
 
En effet, refusant toute étiquette idéologique, le vétéran invite les Canadiens à «s’éduquer politiquement» pour acquérir une meilleure connaissance du système parlementaire et de leurs droits en tant que citoyen.
 
«Si les discussions avec les membres du parlement n'aboutissent à rien, alors nous commencerons à former une coalition de groupes qui s'opposent déjà à cette obligation vaccinale», affirme Topp. «J’aimerais que cette marche se poursuive vers l'Est canadien pour relier les groupes entre eux», conclut-il.