Les membres du Parti libéral ont adopté ce week-end une résolution visant à lutter contre la «désinformation» en ligne, mais qui permettrait dans les faits au gouvernement fédéral de limiter, voire d’abolir la liberté de presse.
La résolution qui circule maintenant sur les réseaux sociaux demande au gouvernement «d'explorer les options permettant de tenir les services d'information en ligne responsables de la véracité du matériel publié sur leurs plateformes, et de limiter la publication uniquement aux plateformes dont les sources peuvent être retracées».
«Profondément troublant»
«Il est profondément troublant que cette proposition ait été en quelque sorte approuvée par le congrès libéral», a réagi auprès de Radio-Canada Michael Geist, professeur de droit à l'Université d'Ottawa et titulaire de la chaire de recherche du Canada en droit de l'Internet et du commerce électronique.
«Il s'agit d'une proposition dangereuse», a poursuivi ce dernier en entrevue. «C'est une proposition que l'on verrait, je pense, dans des régimes beaucoup plus répressifs. Elle n'est pas appropriée dans un pays comme le Canada qui s'est engagé en faveur de la liberté d'expression, de la liberté de la presse et d'une démocratie solide».
La résolution a été adoptée lors de la convention de samedi matin, alors qu'il n'y avait qu'une vingtaine de personnes dans la salle.
La résolution fait partie des deux douzaines de résolutions adoptées par les membres du parti, précise le réseau public. Les libéraux inscrits l'ont classée dixième sur 24 par ordre de priorité.
Libre Média reviendra sur ce développement.












