Débaptiser l’espagnol au nom de la «décolonisation»?

L'expédition de Francisco Vázquez de Coronado au Grand Canyon du Colorado. Peinture à l'huile d'Augusto Ferrer-Dalmau. Domaine public.

Mercredi le 29 mars 2023, à 17:00

À l’occasion du Congrès international de la Langue espagnole qui se tient actuellement à Cadix, en Espagne, des intervenants ont proposé de changer le nom de l’espagnol pour le rendre plus inclusif.

 

Selon un certain nombre d’universitaires et d’écrivains hispanophones, le nom d’espagnol ou de castillan ne convient plus pour désigner cette langue. Le problème: la dimension «coloniale» d’une telle appellation.

 

De l’espagnol au «ñamérica»?

 

Au cours de la deuxième journée du Congrès international de la Langue espagnole qui se tient à Cadix, en Andalousie, certains intervenants ont donc fait part de leur volonté de remédier à cette situation. Leur solution? Débaptiser la langue de Cervantès pour l’appeler hispanoamericana ou ñamérica.

 

Précisons que le nombre de locuteurs de l'espagnol s’élève à 45 millions en Espagne. En Amérique latine, ils sont plus de 430 millions. Un nombre auquel il faut ajouter les 50 millions de personnes qui l'ont comme première ou seconde langue aux États-Unis. 

 

«C'est pourquoi beaucoup se demandent pourquoi une langue commune qui transcende ces noms devrait continuer à s'appeler espagnol ou castillan», explique le journal mexicain La Jornada.

 

À lire aussi: La langue espagnole, une force organique et décomplexée

 

Né entre les VIIIe et IXe siècle en Cantabrie, dans le nord de l’actuelle Espagne, l’espagnol s’est répandu dans les Amériques grâce à la colonisation du continent par l’Empire espagnol à partir du début du XVIe siècle.

 

Une appellation «archaïque»

 

Selon l’écrivain argentin Martín Caparrós qui participe au congrès, les 470 millions de personnes qui parlent l’espagnol hors d’Espagne doivent donc s'approprier véritablement cette langue dont le nom rappelle le pays conquérant.

 

«Se référer à l'espagnol ou à la langue castillane est un peu archaïque. À proprement parler, ceux d'entre nous qui sont réunis ici parlent une langue hispano-américaine», a quant à lui affirmé l’auteur mexicain Juan Villoro.