S’il veut «rassembler les Québécois autour de l’essentiel» en vue de l’indépendance, le chef du PQ, Paul Saint-Pierre Plamondon, doit tendre la main avec franchise et détermination aux milliers d’électeurs déçus par la gestion de la pandémie.
Dans le cadre du dernier conseil national de son parti, Paul St-Pierre Plamondon a lancé un appel à «sortir de la logique partisane» pour transcender les clivages droite-gauche ou Montréal-région. Cette main tendue est à saluer.
Certes, un certain rapprochement a déjà débuté avec les souverainistes de gauche de Québec solidaire. Nous pouvons donc présumer que cette nouvelle injonction vise un public plus à droite, notamment les adeptes du PCQ et ceux que les usagers de X surnomment affectueusement les «pirates».
Une coalition impossible?
PSPP n’est pas naïf. Il reconnaît qu’il aura besoin d'eux pour réaliser le projet numéro un de son parti: l’indépendance du Québec.
Toutefois, les «pirates» et autres partisans d’un modèle québécois revisité restent méfiants. Ils sont toujours éprouvés par la gestion de la pandémie qu’ils estiment être une grave atteinte aux droits et libertés qu'ils chérissent.
À ce jour, les propositions du PQ n’ont pas réussi à dissiper les doutes de cette frange de la droite, surtout que leurs préoccupations se distinguent nettement de celles qui prévalaient lors du référendum de 1995.
Les questions économiques et les relations diplomatiques avec le Canada ne constituent pas leurs principales inquiétudes. Ce qui les angoisse davantage, c’est l'éventuelle dynamique interne du Québec.
Autrement dit, ils cherchent à obtenir la garantie que leur futur pays possédera des mécanismes de freins et de contrepoids efficaces contre de potentiels abus de l’État.
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PSPP ferait bien d’entamer des discussions sur les types de garde-fous qui pourraient être envisagés. En plus de rassurer ces électeurs sur la viabilité démocratique d’un Québec souverain, cela permettrait, à l’instar du budget de l’an 1, de rendre un brin plus concret le rêve caressé par les péquistes.
En outre, cet exercice rassurerait également la minorité anglophone et les Autochtones.
L’exemple suisse
Pour illustrer une avenue potentielle, examinons la Suisse, pays avec une population similaire au Québec, reconnu pour sa décentralisation du pouvoir. Le modèle suisse est structuré sur trois paliers: fédéral, cantonal et communal.
Le niveau fédéral gère la défense, les affaires étrangères, et la régulation des marchés financiers.
Les 26 cantons suisses disposent quant à eux d’une vaste autonomie: chacun possède sa propre constitution et son gouvernement. Ces derniers s'occupent des domaines vitaux tels que l’éducation et la santé. Ils fixent aussi leurs propres taux d’imposition.
Enfin, les communes assurent la gestion des aspects très locaux comme la construction et l’entretien des infrastructures.
Soulignons que le système suisse s’appuie sur une démocratie directe robuste qui permet aux citoyens d’initier des référendums et des initiatives populaires à tous les paliers. Ainsi, ce modèle favorise une adaptation fine des politiques aux valeurs et spécificités locales et encourage une culture de participation active.
Sans aller aussi loin que la Suisse, un Québec indépendant pourrait néanmoins s’en inspirer afin de répondre aussi bien aux aspirations de la droite que de la gauche.
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Ce concept de flexibilité régionale rappelle d’ailleurs, bien que de manière très imparfaite, la gestion de la Covid-19 aux États-Unis. Malgré une gestion sanitaire vertement critiquée dans son ensemble, la diversité des approches étatiques a tout de même permis une meilleure adéquation aux valeurs locales et, en prime, une mobilité interne pour ceux qui éprouvaient des frustrations majeures.
En définitive, si PSPP veut réellement rallier les «pirates » et les solidaires à la cause indépendantiste, il doit démontrer que leurs préoccupations spécifiques seront prises en compte dans l’architecture politique d’un Québec souverain.
C’est une condition sine qua non pour nous «rassembler autour de l’essentiel».











