«Il y a une omerta sur les crimes pratiqués par l’Azerbaïdjan»

Photo de couverture: des Arméniens assistent aux funérailles de leurs proches après qu’ils ont été tués lors d’affrontements frontaliers avec l'Azerbaïdjan, à Erevan le 16 septembre 2022. Karen MINASYAN pour l’AFP.

Vendredi le 19 mai 2023, à 12:30

Dans ce nouvel épisode de Délit d’opinion, Anne-Laure Bonnel s'entretient avec Jean-Michel Ekherian, médecin anesthésiste-réanimateur qui a été confronté aux actes les plus barbares durant la guerre des 44 jours dans le Haut-Karabagh.

 

Entre le 27 septembre et le 10 novembre 2020 s’est déroulée une guerre opposant les Arméniens du Haut-Karabagh aux Azerbaïdjanais pour le contrôle de ce territoire.

 

Durant cette période, le médecin anesthésiste-réanimateur Jean-Michel Ekherian a été confronté sur le terrain à des pratiques inimaginables relevant d’un crime contre l’humanité. Dans un bunker, il est venu en aide à de nombreux blessés.

 

La poursuite du génocide arménien?

 

Pour Jean-Michel Ekherian que notre grand reporter Anne-Laure Bonnel a interviewé à Paris, il existe une volonté génocidaire du côté de l’Azerbaïdjan, d'autant plus que le conflit oppose à nouveau musulmans (Azerbaïdjan) et chrétiens (Arménie).

 

«Les expressions employées par les bourreaux sont le reste de l’épée. Ça veut dire qu’il s’agit de terminer le travail avec les Arméniens qu’on n’a pas pu exterminer en 1915 et 1916, ensuite en 1922 et 1933», explique-t-il.

 

«Il y a, comme dans les jeunesses hitlériennes, des écoles où on développe et on enseigne la haine aux jeunes enfants dont certains ne sont même pas encore adolescents. Leur manière de fonctionner est de tuer les gens de toutes couches de la population confondues. C’est éliminer pour éliminer».

 

«Un niveau extrêmement élevé de barbarie»

 

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, un conflit hypermédiatisé, notre invité déplore un traitement de l'information de deux poids deux mesures, alors que les Arméniens font face à «un niveau extrêmement élevé de barbarie».

 

«Il y a une omerta sur les crimes pratiqués par l’Azerbaïdjan», déplore-t-il. Des révélations chocs alors que la plupart des grands médias occidentaux ignorent toujours ce conflit en suspens.