C’est un nouveau scandale majeur pour cette marque de luxe dont l'historique est déjà bien rempli de controverses.
Des fans de Balenciaga se filment en train de jeter des chaussures à 1380 dollars de la marque et jurent de la boycotter à tout jamais.
Des milliers de commentaires et vidéos, dont celle de Gianni Salvatore, un styliste britannique, accusent ouvertement Balenciaga d’être dirigé par des acteurs influents dont l’un des objectifs serait de normaliser la pornographie infantile.
Balenciaga fait face à une vague inédite de réactions négatives depuis que l’entreprise est accusée par les internautes d’avoir produit du contenu à connotation pédopornographique.
Dans la campagne 2022 de sa collection «Balenciaga Gift Shop», lancée le 16 novembre, on retrouve des enfants avec des accessoires associés à la sous-culture sexuelle du bondage, une pratique sadomasochiste dans laquelle au moins un des participants est attaché.
L’un des clichés montre un enfant tenant un sac en forme d’ourson blanc sanglé de ceintures noires.
«Des tenues que certains ont qualifiées d’inspirées du BDSM», acronyme faisant référence au sadomasochisme, a admis ce lundi l’entreprise française de mode et de luxe.
Balenciaga se défend
Ces accessoires «n’auraient pas dû être présentés avec des enfants», déclare la marque de luxe qui en assume «seule la responsabilité».
Propriété du conglomérat de luxe français Kering qui possède également des marques comme Gucci, la firme a tout de suite retiré les photos et condamne maintenant sa propre campagne.
La maison de couture a annoncé des «enquêtes internes et externes» et de «nouveaux contrôles» et a déclaré qu'elle s'adressait à «des organisations spécialisées dans la protection de l'enfance et visant à mettre fin à la maltraitance et à l'exploitation des enfants».
L’objet de trop?
Pour sa deuxième campagne publicitaire du printemps 2023 dont certains éléments ont déjà été publicisés, on retrouve en arrière-plan d’une photo un document qui s’avère être la décision de la Cour suprême United States v. Williams. Cette décision confirmait la promotion de la pédopornographie comme illégale et non protégée par la liberté d’expression.
Balenciaga a attribué «l’inclusion de ces documents non approuvés» à la «négligence imprudente», vraisemblablement d’un contractuel qui fut responsable de la séance photo.
Le document fait partie d'un ensemble de «faux documents de bureau», a déclaré Balenciaga. Le New York Times a conclu que les documents provenaient de «nombreuses boîtes louées à une maison d'accessoires» qui auraient été utilisées lors du tournage d’une série télévisée.
L’avocat du scénographe responsable de la campagne semble miser sur une malencontreuse coïncidence sans rapport avec le thème de la campagne précédente «Balenciaga Gift Shop».
Rappelons que le géant du luxe aurait depuis intenté une action en justice de 25 millions de dollars contre les parties présumées responsables. Le photographe, Gabriele Galimberti, ne sera pas poursuivi et a affirmé que Balenciaga lui avait dit que le thème du tournage était «punk», rapporte le New York Times.
Un historique chargé de controverses
Ce n’est pas la première fois que Balenciaga suscite la controverse, surtout depuis que Denma Gvasalia est en devenu le directeur artistique en 2015.
En 2021, c’était le tour des Crocs à talons hauts signés Balenciaga. En mai 2022, l’entreprise vend des chaussures détruites pour 1850$. Dans l'ensemble, les récentes campagnes de la marque se veulent volontairement provocantes.
Pour Kim Kardashian, l’ambassadrice de Balenciaga, la campagne accusée d’avoir sexualisé des enfants n’a pas l’air d’être la goutte qui fait déborder le vase.
Malgré le fait qu’elle a été «choquée par [les] images troublantes» des campagnes de Balenciaga, «en tant que mère de quatre enfants», la célébrité américaine semble accepter leur «responsabilité pour quelque chose qui n’aurait jamais dû se produire» et attend d’eux «des actions pour protéger les enfants».
Les soldats de QAnon à l’assaut
Le 22 novembre dernier, Tucker Carlson, le commentateur politique phare de la chaîne Fox News, a déclaré «comprendre pourquoi les conspirationnistes pensent qu’une cabale de pédophiles dirigent le monde» en citant l’exemple de Balenciaga.
Le 21 novembre, lorsque l’utilisateur de Twitter connu sous le nom de @shoeOnhead publie les photos de campagne de Balenciaga, notamment en se focalisant sur le faux document de la Cour Suprême, une déferlante de commentaires laisse entendre que la marque fait partie d’un réseau d’exploitation d’enfants.
Au mouvement QAnon dont les membres estiment qu’un groupe d’élites dirige un réseau clandestin de trafic sexuel d'enfants à travers le monde, le scandale de Balenciaga semble être la part immergée de l’iceberg.
Le FBI considère QAnon comme une menace de terrorisme domestique depuis 2019.













