À l’approche de la COP28, le régime autoritaire des Émirats inquiète

Photo: AFP.

Jeudi le 9 novembre 2023, à 14:25

Le bilan des Émirats arabes unis en matière de droits de l'homme et ses outils de surveillance suscitent «de profondes inquiétudes» à l'approche de la COP28 qui aura lieu à Dubaï, a affirmé Human Rights Watch (HRW).

 

«Je pense que la COP28 sera différente de toutes celles qui ont précédé et pas dans le bon sens», a déclaré Joey Shea, chercheuse à l'ONG spécialisée sur les Émirats, lors d'une conférence de presse mercredi, en soulignant la politique de «tolérance zéro» des autorités à l'égard des dissidents.

 

La liberté d’expression malmenée 

 

Le pays du Golfe, qui accueillera la conférence de l'ONU sur les changements climatiques du 30 novembre au 12 décembre, est souvent critiqué par les organisations de défense des droits humains pour les restrictions imposées à la liberté d'expression et la répression des opposants politiques.

 

Selon Joey Shea, les autorités ont recours à des outils de surveillance avancés, allant de l'intelligence artificielle à la reconnaissance faciale, pour contrôler tant les espaces publics que les activités privées sur internet.

 

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«Nous sommes profondément inquiets de l'impact de ces technologies sur la capacité des participants à la COP28 à s'exprimer librement et en toute sécurité», a-t-elle ajouté.

 

Alors que les manifestations sont de facto interdites dans le riche État pétrolier, les militants pourront «se rassembler pacifiquement et faire entendre leur voix» dans des zones spécifiques, a affirmé à l'AFP un porte-parole de l'équipe émiratie de la COP28.

 

«Nous invitons tous les participants à faire entendre leur voix de manière positive et constructive», a-t-il ajouté.

 

Autocensure à prévoir

 

Mais selon Katharina Rall, de la division environnement de HRW, les militants «ne savent pas s'ils pourront communiquer en toute sécurité une fois sur place et ce qu'ils peuvent dire».

 

Pour elle, ce climat pourrait peser sur les défenseurs de l'environnement, alors que «nous avons besoin que les militants et les groupes fassent le plus de bruit possible et exigent des décisions vraiment ambitieuses», notamment sur la sortie des énergies fossiles, la principale source d'émissions des gaz à effet de serre responsables du changement climatique.

 

Les Émirats arabes unis, septième producteur mondial d'or noir, ont été classés quatrième plus grand émetteur au monde par habitant en 2019 par la Banque mondiale.