L’affaire Patrick Provost ou la liberté d’expression à deux vitesses

François Legault entouré de ses ministres au salon bleu début décembre 2022. Photo: page Facebook officielle de François Legault.

Mardi le 7 février 2023, à 14:30

Si le gouvernement Legault défendait vraiment la liberté d’expression, il prendrait position contre la décision de l’Université Laval de suspendre à nouveau Patrick Provost, pointe notre chroniqueur Félix Racine.

 

Les querelles entre Québec et Ottawa ne sont jamais bien loin. Actuellement, la nomination d’Amira Elghawaby au poste de conseillère spéciale de Justin Trudeau dans la lutte à «l'islamophobie» galvanise les nationalistes québécois et démontre un fossé avec l’idéologie fédérale du multiculturalisme.

 

Un concept tendancieux

 

Le concept même d’islamophobie est intrinsèquement problématique, pouvant flirter avec l’interdiction de critiquer la religion musulmane et d’associer une telle pratique au racisme. Le multiculturalisme crée des tabous et peut conduire à la censure.

 

Avec raison, Québec s’oppose à cette nomination, en partie par défense de la liberté d’expression qui permet de critiquer tout système culturel et religieux.

 

À l’exception de Québec solidaire qui s’enfonce dans un clientélisme troublant, tous les partis politiques sont sur la même longueur d’onde.

 

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Pourtant, en parallèle, un autre événement tout aussi marquant est resté sous le radar public. Il s’agit de la deuxième suspension sans salaire par l’Université Laval du scientifique Patrick Provost, cette fois pour une période de quatre mois, en raison de ses réserves exprimées sur la vaccination des enfants.

 

Victime d’une persécution tout à fait inadmissible dans le milieu académique, très peu de figures publiques se lèvent pour dénoncer la situation.


Manque de cohérence

 

Tous les commentateurs et politiciens qui s’insurgent contre la nomination d’Amira Elghawaby manquent radicalement de cohérence en refusant d’accorder la liberté de critiquer aussi les mesures sanitaires.

 

Pourtant, la liberté d’expression est universelle ou elle n’est pas. Il règne ainsi un parfum d’hypocrisie dans l’air. Si l’on veut être conséquent, l’acharnement de l’Université Laval à l’endroit de Patrick Provost doit nous interpeller.

 

Une loi inefficace

 

Le gouvernement Legault a récemment adopté le projet de loi 32 afin de protéger la liberté académique. Or, comme nous le constatons désormais, cette loi se veut surtout symbolique. Si elle était efficace, alors elle aurait protégé Patrick Provost d’être injustement sanctionné une deuxième fois.

 

Mais le sanitarisme est une idéologie qui a été promue par le gouvernement et ses complices parlementaires. En conséquence, le fait de défendre Patrick Provost revient à affaiblir la légitimité du gouvernement, lequel cherche à masquer l’historique de son extrémisme sanitaire qui a ravagé la province pendant au moins deux ans.

 

Deux poids deux mesures

 

La liberté d’expression est instrumentalisée par l’establishment québécois, en bonne partie afin d’alimenter le conflit contre son ennemi éternel: Ottawa.

 

En revanche, qu’un scientifique internationalement renommé et spécialiste de la technologie des vaccins se fasse arbitrairement sanctionner par son institution ne semble pas du tout poser problème.

 

Il ne faut pas avoir froid aux yeux pour résister aux géants pharmaceutiques ainsi qu’aux gouvernements qui ont courbé l’échine face à leurs intérêts. Malgré les sanctions financières et les conséquences pour sa vie familiale et professionnelle, Patrick Provost brave la tempête et persiste et signe.

 

L’affaire Patrick Provost illustre l’angle mort du Québec quant à la liberté d’expression. C’est un signal que le combat est bien loin d’être gagné. Son dévouement pour la cause est exemplaire et il doit mener à une prise de conscience significative.

 

Les convictions de bien agir et de protéger la population sont supérieures au carriérisme ambiant ainsi qu’au conformisme nonchalant. Les universitaires manquent malheureusement bien souvent de courage, par peur ou opportunisme.

 

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Si le gouvernement de François Legault est vraiment un défenseur de la liberté d’expression, alors il doit faire preuve de cohérence et s’attaquer à la dérive de l’Université Laval. Sans quoi, tout le reste n’est que poudre aux yeux.