Des hommes libérés du genre font la loi dans les prisons pour femmes

Intérieur d’une prison fédérale américaine. Photo: Justin Sullivan pour l’AFP.

Lundi le 31 octobre 2022, à 13:00

Au Canada, le nombre de détenus masculins trans est en augmentation dans les prisons pour femmes. Certains d’entre eux exigent d’être transférés pour y commettre des viols. Une politique «progressiste»?

 

«On est en train de transférer des individus ultra-violents avec des pénis dans des prisons de femmes», sonne le tocsin Heather Mason, ancienne femme détenue qui milite pour que les prisons restent séparées selon le sexe, et non selon l’expression et l’identité du genre.

 

Quelques organisations féministes comme celle d’Heather commencent à remettre en question la politique du Service correctionnel canadien, voire du gouvernement fédéral.

 

Cette politique permet aux détenus ayant un pénis, avec des antécédents criminels très violents, d’être placés dans des prisons pour femmes après s’être auto-déclarés transgenres.

 

La naissance d’une organisation

 

Il y a trois ans, lors d’une réunion rassemblant des femmes anciennement incarcérées, une membre du collectif, ayant été agressée par un pédophile multirécidiviste transgenre, avait mis en garde contre la situation que provoquerait le fait d’accueillir dans les prisons pour femmes les femmes issues d’un changement de sexe, réel ou imaginaire.

 

Les organisatrices l’avaient accusé de «transphobie» en déclarant «qu'aucune femme n’avait besoin d'un vagin pour être une femme», raconte Heather Mason.

 

Depuis ce moment, Heather Mason et d’autres femmes qui se sont jointes à elle ont décidé de remettre en question le système carcéral séparé par l’expression du genre à travers leur collectif Canadian Women’s Sex-Based Rights (caWsbar).

 

«Quand j'étais en prison, on plaçait les détenus selon leur sexe biologique», souligne Heather Mason.  

 

«À cette époque, la seule exception était pour les anciens hommes qui avaient fait une transition médicale pour devenir une femme. Ces femmes transgenres avaient le droit de demander un transfèrement vers une prison pour femmes, ce qui était juste», ajoute notre interlocutrice.

 

Nouvelle loi, nouvelles pratiques

 

Cependant, la loi C-16, adoptée le 19 juin 2017, a créé un précédent dans le droit canadien en ajoutant l’expression de genre et l’identité de genre comme motif protégé à la Loi canadienne sur les droits de la personne

 

La loi C-16 a constitué la base juridique de la Directive du commissaire 100 - délinquants de diverses identités de genre, une directive qui est entrée en vigueur le 9 mai 2022 et qui libéralise les transfèrements de femmes transgenres.

 

La directive indique que tout détenu, homme et femme, peut demander un transfèrement vers son «type d’établissement préféré» selon son identité de genre, même si le détenu n’a pas l’anatomie ni le marqueur de genre exprimé.

 

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Autrement dit, un individu avec un pénis qui ne s’est engagé dans aucune thérapie hormonale ou transformation chirurgicale, mais qui s’identifie comme femme, peut demander à être placé dans un établissement carcéral réservé aux femmes.

 

Depuis l’adoption de cette loi, le nombre de demandes de transfèrements de transgenres vers des prisons fédérales pour femmes a augmenté, s’établissant aujourd’hui à 57. Une douzaine de ces transfèrements ont été approuvés depuis 2017.

 

Des femmes et des enfants victimes 

 

«À cause de ses transfèrements, nous avons eu des cas de grossesses, d'avortements, d'agressions sexuelles, d’harcèlement, de viols mais aussi du pédopiégeage avec les enfants de certaines femmes incarcérées», déplore notre interlocutrice avec Libre Média.

 

Ces conséquences semblent logiques quand on se penche sur les antécédents criminels de ces individus transgenres placés dans les prisons pour femmes.

 

«86% d'entre elles sont incarcérées à cause de crimes violents. 82 % des femmes trans avaient commis des agressions sexuelles et autres infractions d’ordre sexuel. Enfin, environ la moitié d'entre elles purgent une peine d'une durée indéterminée et sont condamnées pour délinquants dangereux», précise Heather Mason, qui a obtenu ces chiffres après avoir fait une demande spéciale au Service correctionnel canadien.

 

De criminel dangereux à Samantha

 

Un exemple récent est celui de Steven ou Samantha Mehlenbacher qui a enchaîné dépendance aux drogues, cambriolages de banque, vols violents, possession d’armes et autres délits.

 

Entre 2018 et 2019, Steven Mehlenbacher a commencé à s’identifier comme une femme, devenant Samantha, ce qui lui a permis d’être placé à Kitchener, dans l’établissement pour femmes de Grand-Valley en Ontario. Samantha n’a fait aucune transition médicale importante.

 

Rapidement, Samantha Mehlenbacher traumatise ses codétenues qui l’accusent de violences sexuelles. Il plaide coupable le 27 juin dernier.

 

Une violence masculine déguisée

 

Selon toute vraisemblance, une violence masculine déguisée profite de cette nouvelle directive du Service correctionnel canadien pour s'attaquer aux femmes.

 

La co-fondatrice de caWsbar explique que 94% des femmes transgenres commettant ces infractions sexuelles dans les prisons avaient toujours leur sexe biologique et n’avaient entamé aucune transition médicale.

 

Alors, pourquoi des hommes biologiques s’identifient-ils soudainement comme femmes au cours de leur incarcération?

 

«La quasi-totalité d'entre elles sont des hommes biologiques qui veulent tout simplement être considérés comme femmes pour être placées avec les femmes afin qu'elles puissent profiter de la vulnérabilité de ces femmes», pointe l’Ontarienne.

 

Ces délinquants sexuels avaient généralement des antécédents criminels d'abus d'enfants et de femmes. Leur transfèrement dans des prisons pour femmes aurait donc été un moyen de rester en contact avec de potentielles victimes au profil similaire.

 

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Le pire, pour Heather Mason, est que le Service correctionnel canadien ne peut renvoyer ces indivius dans les prisons pour hommes, car ils se considèrent comme femmes et au Canada, l’expression de l’identité du genre est dorénavant considérée comme un droit primant sur les autres.

 

Les établissements sont donc obligés de transférer les détenus trans violents vers d'autres prisons pour femmes où ils pourront continuer d’agir comme des prédateurs sexuels.

 

Des refuges de sans-abri touchés

 

Les refuges pour sans-abri font face au même problème.

 

«Si un homme sans-abri s’identifie comme une femme, le personnel du refuge pour femmes sans-abris ne peuvent pas le refuser», souligne Heather Mason.

 

C’est exactement ce qui est arrivé dernièrement avec Shane Jacob Green, connu sous le nom de Stephanie, qui s’est identifié comme femme lors de sa visite du refuge pour femmes sans-abri à Parry Sound en Ontario.

 

Une affirmation de genre que les travailleurs du refuge ne pouvaient pas remettre en question dans le climat politique actuel, a déclaré une source policière sous couvert d’anonymat au Toronto Sun.

 

Après avoir violenté deux femmes du refuge, Shane est maintenant accusé de deux agressions sexuelles. Shane avait déjà un antécédent criminel, car il avait été reconnu coupable d'agression sexuelle sur une mineure de 15 ans en 2018.

 

Le silence assourdissant des féministes

 

«Des personnes de la communauté trans m’envoient des images pornographiques, des menaces de mort et des menaces de harcèlement sexuel et me traitent de nazi», partage notre interlocutrice.

 

Quant aux organisations féministes du Canada, c’est silence radio, sauf chez quelques associations marginalisées comme PDF Québec, TradFem ou Alberta Radfems.

 

«Certaines grandes organisations féministes ne s’expriment pas sur ce sujet, car elles s'inquiètent pour leurs subventions publiques qu'elles pourraient perdre en soutenant notre cause. D’autres organisations adoptent un discours pro-trans tout en restant aveugles face à ces problèmes dans les prisons», en déduit Heather Mason.

 

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Quel futur maintenant? «Nous voulons continuer à manifester, à sensibiliser les gens et à renforcer notre base locale militante, mais nous voudrions aussi intenter une action en justice contre le gouvernement fédéral, ce qui sera compliqué avec toute la haine qu’on reçoit», conclut la féministe.