Face au malaise grandissant des jeunes et à l’iniquité générationnelle, plusieurs pistes d’action émergent: recentrer l’école sur la socialisation, soutenir les familles et revoir des politiques qui fragilisent les nouvelles générations.
Dans un monde marqué par le confort et le métro-boulot-dodo, la majorité baigne dans un mélange d’apathie et de stress et se contente, pour décompresser, du pain et des jeux.
Sans surprise, l’épisode Covid-19 a politisé plusieurs personnes en les extirpant du pilote automatique de la normalité. J’en suis.
Évidemment, les motifs de cette politisation abondent autant qu’ils diffèrent. Les miens reposent sur les tendances inquiétantes que cette période a révélées et exacerbées: le mal-être des jeunes et l’iniquité générationnelle croissante.
Des politiques pour la jeunesse
Dans le contexte financier actuel, la question se pose: avons-nous les moyens de soutenir davantage la jeunesse?
Or, avec l’interdiction du cellulaire à l’école, la CAQ peut se féliciter d’avoir adopté une mesure porteuse sans même délier les cordons de la bourse.
Non seulement cette interdiction permet de réinstaurer un climat propice à l’attention qui sous-tend tout apprentissage, mais elle restaure aussi la socialisation incarnée qui faisait amèrement défaut dans nos écoles.
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D’ailleurs, la socialisation devrait siéger au cœur de nos actions pour contrer le mal-être de la jeunesse. Ainsi, il apparaît clair que les universités devraient freiner le recours beaucoup trop libéral aux cours en ligne que déplorent plusieurs étudiants.
Il en va de même pour les limites réclamées par la jeunesse au télétravail, phénomène qui leur nuit tout particulièrement.
Enfin, les activités sociales et festives devraient retrouver leurs droits dans nos écoles, collèges et universités, ces lieux qui, avouons-le, s’animent trop rarement une fois les cours terminés.
Toujours dans une optique de gestes positifs à faibles coûts, il y a, comme l’a exposé le rapport Souffler les braises, un grand coup de barre à donner en culture.
Pensons notamment à la place de choix que l’école devrait faire à la transmission des canons culturels, ou encore, à l’excellente idée de Pierre-Luc Brillant: miser sur la chanson pour créer de la cohésion.
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Une autre façon de favoriser l’esprit de corps réside évidemment dans le sport. Par conséquent, bonifions le temps et les ressources qu’on y alloue et encourageons le transport actif.
Sachant que chaque dollar investi dans le sport en rapporte près de dix en retombées, il serait incongru de ne pas agir sur ce front.
Une société se renforce quand chaque génération est soutenue.
C’est pourquoi il s’avère si décevant qu’une institution comme McGill cherche à faire des économies de bout de chandelle en cessant de soutenir 25 équipes sportives.
Ultimement, c’est sur le plan économique que les jeunes boivent la tasse de l’iniquité générationnelle.
La liste est longue: taux de chômage élevé, déficits qui se creusent et alimentent la dette colossale qu’on leur refile, mais surtout, coût de la vie en hausse et deux fois plus d’argent requis qu’avant pour acheter une maison.
Espérons que ces enjeux constitueront un sujet clé de la prochaine campagne.
D’ici là, les universités et les collèges peuvent pallier l’insécurité alimentaire qui grandit dans leurs rangs grâce aux cuisines collectives.
En outre, ils peuvent freiner les hausses de coûts en transport en émulant l’inspirant programme de gratuité qui a fait ses preuves à Sherbrooke.
Et les familles dans tout ça?
Dans un tel contexte, peut-on se surprendre que la natalité soit en chute libre? Pas vraiment. Alors que la France prend le problème à bras le corps et lance une vaste consultation citoyenne pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette baisse notoire, ici, nous peinons à outrepasser le «tabou» qui entoure cette question.
Le gouvernement a même annoncé une déplorable diminution des cotisations au RQAP (et au RRQ aussi, d’ailleurs, un autre coup pour les jeunes.).
Certes, le RQAP accumulait d’importants surplus en vertu de la chute des naissances.
Or, d’aucuns y voyaient justement une occasion en or d’améliorer le programme en lui insufflant une dose de flexibilité bienvenue. Par exemple, il pourrait permettre aux parents qui le désirent ou qui n’ont pas de place en CPE, d’étaler plus longuement leurs prestations.
Une époque formidable
Notre époque semble parfois bien désespérante. Face à la «crise de tout», nombreux sont ceux qui glissent, à l’occasion, dans une forme de rumination qui peut frôler le catastrophisme.
Je m’en confesse, il m’arrive de me sentir découragée, surtout quand je pense aux jeunes et à ce qu’on leur cède en héritage.
Or, notre époque formidable a le don de nous surprendre. Récemment, Stephan Bureau accueillait un groupe de jeunes qui a soulevé certains enjeux d’équité générationnelle sur son plateau.
Je me réjouissais qu’on leur donne la parole, mais j’étais par-dessus tout ravie de voir les hochements de tête emplis de sollicitude au sein du public.
Ne l’oublions surtout pas: une société se renforce quand chaque génération est soutenue.













