Une mère mène un combat pour que l'École secondaire Casavant de Saint-Hyacinthe cesse de véhiculer un discours «militant et antiscientifique» relevant de la théorie du genre dans le cours de sexualité de sa fille de secondaire 1.
«Ma fille est revenue de l’école complètement mêlée entre le sexe et le genre. Elle a appris avec surprise qu’elle était cisgenre».
Ce témoignage, c’est celui d’une mère de famille qui a porté plainte récemment auprès de la directrice de l'École secondaire Casavant, à Saint-Hyacinthe, après avoir pris connaissance du contenu auquel était exposée sa fille de secondaire 1 dans un cours d’éducation à la sexualité.
«La professeure a informé ma fille que les jeunes peuvent faire une transition sexuelle à partir de l’âge de 14 ans sans le consentement de leurs parents, et que cette transition est remboursée par l’assurance maladie. Ma fille, qui sait qu’il s’agit de mutilations génitales, était bouleversée et se retenait pour ne pas pleurer en classe», raconte-t-elle.
L’une des compétences du cours est «Reconnaître le rôle de la puberté dans la consolidation de son identité de genre», comme présenté dans le programme du ministère de l’Éducation du Québec.
«Propos antiscientifiques»
«Je reproche à l’école les propos antiscientifiques, soit l’apparition d’un troisième sexe: le transsexuel. Présenter des vérités alternatives et non scientifiques est pour moi inacceptable, en plus de contredire le cours de science de ma fille. Voilà un beau problème de cohérence pédagogique», souligne-t-elle dans un échange avec Libre Média.
«L’enseignante a déclaré que le sexe biologique n’est pas binaire, ce qui est faux d’un point de vue scientifique, puisque les mâles produisent des spermatozoïdes et les femelles des ovules. […] Avons-nous là l’apparition d’une nouvelle idéologie d’État?», demande celle qui doit conserver l’anonymat pour ne pas être la cible de représailles.
Cette mère de famille, qui est enseignante au collégial, déplore également que soit imposée aux élèves la lecture de Ciel de Sophie Labelle, un roman militant faisant la promotion du transgenrisme à travers un protagoniste revendiquant notamment l’installation de toilettes «neutres de genre».
Propagande et endoctrinement
«Je dénonce le militantisme du cours, par exemple exhorter les élèves à s’identifier comme cisgenre. J’ajouterais également que les élèves du primaire et du secondaire n’ont pas les outils philosophiques pour réfuter la philosophie de Judith Butler qui inspire le matériel pédagogique comme le bonhomme gingenre», poursuit-elle.

Sophie Labelle est également reconnue pour son travail de bédéiste et d’illustratrice. L’une de ses spécialités: des personnages de type Fury ou plutôt Babyfur, c’est-à-dire des personnages de bébés animaux anthropomorphes portant des couches et présentés dans des poses et contextes évoquant l’enfance.
Il s’agit d’un genre artistique associé par certains internautes à la pédophilie. Sophie Labelle a signé plusieurs «œuvres» dans ce registre sous le pseudonyme de Waffles.

Le matériel pédagogique qui complète la lecture de Ciel de Sophie Labelle a été préparé par la sexologue de l’école, Tania St-Laurent Boucher, et avalisé par la Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe.
Mon interlocutrice, qui se sent heurtée dans ses convictions féministes, dit se questionner «sur la différence entre information, militantisme et marketing».
Elle dénonce le fait que l’enseignante fasse l’impasse sur les graves dangers que courent les personnes trans pour leur santé – physique et mentale – en commençant des traitements hormonaux ou en subissant des chirurgies irréversibles. À la page 132 de Ciel, le personnage principal débute un traitement hormonal.
Réponse de l’école
Le 8 mai dernier, la directrice de l’École secondaire Casavant, Joëlle Lanoie, a répondu à cette mère que le cours était en adéquation avec les volontés du ministère, donc que l’école ne voyait aucun inconvénient à ce que soit diffusé un tel discours en classe.
«Après validation, les activités et discussions qui ont eu lieu dans le cadre de ce cours sont en cohérence avec les intentions éducatives et les contenus en éducation à la sexualité prescrits par le MEQ», lui a répondu Mme Lanoie.
En revanche, après avoir porté le cas au responsable de l’examen des plaintes et au protecteur de l’élève du Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe, Ludger Dubé, l’enseignante a dû se rétracter quant à la biologie humaine pour admettre qu’existaient des personnes trans et «intersexes», mais aussi des hommes et des femmes…
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Mon interlocutrice a aussi rédigé une pétition pour «le retrait de l’idéologie du genre dans le cours de sexualité au primaire et au secondaire» qu’elle a soumise à la députée de sa circonscription, Chantal Soucy, de la Coalition Avenir Québec. Mais le 16 mai dernier, le bureau de Chantal Soucy a communiqué avec elle pour l’informer que la pétition ne serait pas déposée en raison de la controverse qu’elle pourrait susciter.
«Je crois que l’apprentissage de l’idéologie du genre sème davantage la confusion chez les jeunes qu’elle apporte de bénéfices. Je ne souhaite à aucun parent d’avoir à mener le combat que je porte en ce moment. La sensibilisation à la différence peut se faire en classe par le témoignage de personnes homosexuelles, bisexuelles, ou transsexuelles sans pour autant enseigner une doctrine identitaire», conclut la mère et enseignante.













