Selon notre chroniqueur Félix Racine, depuis la pandémie, le discours ambiant est anti-humaniste, hostile à toute croissance et au développement de l’être humain.
Pierre Fitzgibbon, superministre de la CAQ en charge de l’Économie et des Ressources naturelles, a récemment créé la surprise.
Dans une entrevue accordée à La Presse, il a parlé de la nécessité pour le Québec de passer à la «sobriété énergétique», une nouvelle formule à la mode qui nous renvoie intuitivement à la perspective d’un rationnement énergétique.
Surprise postélectorale
Cette volonté de sevrage n’était pourtant nullement annoncée dans le programme électoral de la CAQ, alors même qu’elle pourrait avoir des conséquences majeures.
Ce projet n’a pas de légitimité démocratique. Loin de se cantonner au simple discours moralisateur, Fitzgibbon a bien fait part de son intention de légiférer de façon «costaude» afin de resserrer l’utilisation des ressources énergétiques. Il faut donc prendre au sérieux une telle déclaration.
Alors que le premier mandat de la CAQ a été caractérisé par l’extrémisme sanitaire, on pourrait croire que la sobriété énergétique pourrait en être la continuité pour son deuxième.
Avons-nous là deux séquences distinctes par nature? Elles ont plutôt des affinités.
En effet, les deux idéologies utilisent des mécanismes semblables pour alimenter le sentiment d’anxiété dans la population. Ce fut particulièrement vrai pour l’extrémisme sanitaire, dont le propre a été de nourrir la peur dans les grands médias pour permettre l’implantation de politiques liberticides.
Ce procédé est tout à fait semblable pour la sobriété énergétique. Les médias et la classe politique effraient constamment la population avec des scénarios apocalyptiques et des métaphores dramatiques comme «la planète en feu» et «la sixième extinction».
Durant la dernière campagne électorale, de façon purement démagogique, Gabriel Nadeau-Dubois ne disait-il pas qu’il s’agissait de l’élection de «la dernière chance» avant le naufrage?
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Cette situation nous emmène à faire un constat choquant sur la santé de notre démocratie. Encore une fois, tous les partis sont unanimes à ce sujet, ne laissant transparaître aucune forme de dissidence ou de scepticisme à l’endroit de cette fameuse «sobriété énergétique».
Seul le Parti conservateur du Québec s’y oppose, ce dernier étant maintenu à l’extérieur de l’Assemblée nationale en raison du refus de la CAQ de le laisser bénéficier de certaines ressources allouées aux partis reconnus.
L’histoire se répète: en raison du système électoral, la seule frange de la population qui s’oppose à l’idéologie liberticide en vogue n’est pas représentée au parlement du peuple.
Parti unique
En ce sens, la démocratie représentative ne remplit pas sa mission première d’assurer la représentation de la diversité idéologique.
Tout comme l’extrémisme sanitaire, la sobriété énergétique est basée sur une prémisse fallacieuse. En effet, le spectre d’un épuisement aussi rapide de nos ressources laisse penser que nous sommes près du point de rupture.
Pourtant, ce n’est absolument pas le cas dans l’immédiat. Le Québec est un territoire extrêmement riche en ressources naturelles. Toutefois, le Québec a fait le choix délibéré de concentrer entièrement son modèle énergétique sur l’hydroélectricité, notamment en adoptant la loi sur l’interdiction de l’exploitation des hydrocarbures.
À moyen terme, il pourrait effectivement y avoir un resserrement de l’offre pour l’hydroélectricité. Mais plus encore, quelle est la motivation fondamentale de Pierre Fitzgibbon?
Se pourrait-il que la firme McKinsey soit dans les parages, surtout que le superministre reprend un discours analogue à celui développé actuellement en France?
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Cette firme internationale semble exercer une grande influence sur les puissances occidentales, ayant même joué un rôle dans certains dossiers d’Hydro-Québec. Le Québec n’a donc pas l’expertise suffisante en ce qui concerne la gestion de son énergie?
Nos cousins outre-Atlantiques sont également dans une position particulièrement délicate en raison de la baisse de production de leurs centrales nucléaires, de la pression militante mais aussi de mauvaises décisions politiques.
La vie humaine attaquée
Comme l’expliquait Jérôme Blanchet-Gravel récemment, c’est la vie en elle-même qui en vient paradoxalement à être la cible de cet ascétisme écologique, poussant ultimement au déclin et à l’extinction de notre civilisation. Devons-nous accepter béatement une telle fatalité, fomentée par l’establishment?
L’adage le dit très bien: la peur est bien mauvaise conseillère. Elle pousse à l’irrationalité et au totalitarisme. L’écologiste Luc Ferrandez ne disait-il pas rêver d’un virage «autoritaire» afin de prendre en main le défi écologique? En tant que maire d’arrondissement de Montréal, ce dernier versait dans l’ingénierie sociale pour mener une guerre à l’automobile. Une telle logique peut aller très loin dans ses dérives liberticides.
Plutôt que d’embrasser le déclin mortifère, il faut redonner du lustre à la vie et la santé dans sa globalité, ce qui bien sûr inclut un environnement sain. Mais le discours ambiant est anti-humaniste, il est hostile à la croissance et au développement de l’être humain.
Face à ce dédain pour la vitalité, opposons une volonté de puissance pour notre civilisation, notamment en chérissant la liberté sous toutes ses formes, y compris celle de subsister et de croître dans le respect de notre milieu.











