Face aux violences en France, Ivan Rioufol décrit un État dépassé et des habitants contraints de renoncer à leur vie normale. Il dénonce la récupération du mouvement lycéen par l’extrême gauche et des mouvances islamistes.
Journaliste et essayiste, ancien du Figaro où il a passé plus de 35 ans, Ivan Rioufol alerte depuis longtemps sur les tensions liées à l’immigration en France.
Pour notre invité, les violences qui secouent la France, surtout celles du 17 octobre, ont révélé l’incapacité du pouvoir à maintenir l’ordre. En entrevue à Libre Média, il décrit un État dépassé par des groupes qui cherchent, selon lui, à exploiter sa faiblesse. «L’État n’a pas réussi à tenir tête, a perdu le contrôle face à ce débordement de violence urbaine qu’il n’avait pas prévu», affirme-t-il.
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Présent place de la République, à Paris, le 17 octobre, le journaliste d'expérience raconte avoir photographié la statue de Marianne recouverte de drapeaux palestiniens et maghrébins.
Il y voit le symbole d’un mouvement dont les revendications scolaires, qu’il juge initialement légitimes, ont été détournées au profit d’autres causes. Il met en cause une convergence entre l’extrême gauche et des mouvances islamistes.
«Cette fois-ci [contrairement aux Gilets jaunes, ndlr], l’extrême gauche a défiguré dès les premiers instants la révolte lycéenne et la révolte de la vie chère, qui est portée naturellement par beaucoup de Français.»
Une autorité fragilisée
Rioufol oppose la fermeté affichée par le pouvoir pendant la pandémie à son impuissance actuelle face aux violences. «L’État ne tient que par un autoritarisme, et l’autoritarisme c’est l’autorité des faibles», lance-t-il.
Il redoute également que le déploiement massif des forces de l’ordre impose aux habitants une forme de «confinement sécuritaire», sans résoudre les causes de la crise.
La colère des «oubliés»
Le journaliste refuse toutefois de réduire la France aux groupes qui occupent la rue. Il insiste sur l’existence d’une autre colère, celle d’une population qui ne se reconnaît ni dans ces violences ni dans le système politique.
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«Encore une fois, la France majoritaire n’est pas celle-ci, n’est pas celle que l’on montre. Mais c’est une France révoltée, c’est une France en colère», soutient-il.
Pour sortir de la crise de la représentation alimentée par Emmanuel Macron, Rioufol privilégie un recours accru aux référendums et une union des droites. Il décrit également un bouleversement médiatique, marqué par une défiance grandissante envers les médias traditionnels et la montée des réseaux sociaux.
Interrogé sur une solution autoritaire à la Nayib Bukele, le président du Salvador, il exprime toutefois ses réserves: «Instinctivement, ce n’est pas vers là que j’irais, parce que je suis trop préoccupé par la préservation des libertés.»
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