Émeutes en France: «le pays a basculé», estime Jérôme Blanchet-Gravel

Un manifestant alimente un feu le long du canal Saint-Martin, à Paris, le 17 octobre 2026. Photo: Dimitar Dilkoff / AFP.

Lundi le 19 octobre 2026, à 12:00

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Émeutes en France: «le pays a basculé», estime Jérôme Blanchet-Gravel
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Jérôme Blanchet-Gravel dénonce le caractère antifrançais des violences du week-end. Face à un État qui perd son autorité, il craint que les émeutiers entrent chez les habitants pour les agresser et piller leurs logements.

 

«Ça fait 20 ans à peu près qu’on anticipe une guerre civile en France. Mais avant-hier, je pense que le pays a basculé. Et ma question, c’est: quelle est la prochaine étape?»

 

Invité de Domnic Maurais à l'émission Maurais Live, sur les ondes de Radio X, Jérôme Blanchet-Gravel craint que les pillages ne débouchent sur des violences directement chez les habitants. 

 

Si l’État ne rétablit pas l’ordre, prévient le rédacteur en chef de Libre Média, «ce sont des propriétés privées qui vont être pillées et ce sont des habitants qui vont être livrés à des violences chez eux, dans leur appartement, notamment sexuelles».

 

Cet avertissement suit un week-end de saccages: commerces pillés, voitures brûlées, mairie de Limoges incendiée, hôtel de ville de Marseille envahi et office du tourisme de Lyon incendié. 

 

Un homme assis devant la façade partiellement brûlée de l’hôtel de ville de Limoges, le 18 octobre 2026, au lendemain des émeutes et pillages survenus en marge des manifestations contre la vie chère. Photo: Pascal Lachenaud / AFP.

 

 

Les violences ont accompagné une mobilisation «contre la vie chère» et la dégradation des services publics, née de plusieurs semaines de contestation lycéenne dénonçant le manque d’enseignants et le mauvais état des établissements scolaires.

 

À ces images s’ajoute l’agression du romancier et académicien Jean-Christophe Rufin, frappé devant son domicile à Bourges le jeudi 15 octobre. Un militaire de 23 ans a été mis en examen.

 

«Razzia, pillage, intimidation»

 

Pour Jérôme Blanchet-Gravel, rattacher les événements à la tradition révolutionnaire française masque leur nature. «On parle beaucoup de cette fameuse tradition révolutionnaire française, reprise par les Gilets jaunes, mais je pense qu’en fin de semaine, on était vraiment ailleurs.» «On était plutôt sur un mode razzia, pillage, intimidation de la population locale.»

 

L’auteur et journaliste va jusqu’à qualifier les événements d’«une forme de pogrom anti-français». «C’est le choc des civilisations et c’est une déclaration de guerre qui est adressée très clairement au peuple français», affirme-t-il.

 

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Il voit dans le choix des cibles une hostilité envers le pays lui-même. «Ce sont les symboles de la France qui sont visés», souligne-t-il, évoquant ses institutions et «tout ce qui peut représenter de près ou de loin l’État».

 

La mobilisation initiale aurait ainsi été détournée: «La cause lycéenne a été capturée par l’alliance entre la barbarie et l’extrême gauche.» Il reproche notamment à Jean-Luc Mélenchon d’avoir alimenté les tensions à travers un discours relevant, selon lui, d’«une forme de parodie de révolution».

 

«Idiots utiles»

 

L’essayiste récuse aussi l’explication par la seule marginalisation: «Il y a effectivement une séparation géographique entre le centre de Paris et les banlieues, mais la fameuse thèse d’une exclusion sociale a mal vieilli.»

 

Il met plutôt en cause l’influence de discours militants et islamistes sur certains jeunes. «Il y a une alliance informelle entre le wokisme et l’islamisme», soutient-il.

 

Dans son analyse, les casseurs deviennent les instruments d’acteurs qui les dépassent: «Ces jeunes-là qui cassent tout, ce sont les idiots utiles de ces mouvements islamistes», affirme-t-il, en insistant sur l’influence des récits diffusés sur les réseaux sociaux.

 

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Il rattache cette hostilité à «la grande repentance coloniale», évoquant ce que Pascal Bruckner a appelé «le sanglot de l’homme blanc» dès 1983: cette tendance des Occidentaux à «toujours s’excuser» d’être ce qu’ils sont.

 

Son réquisitoire vise également les élites parisiennes, promptes à défendre l’immigration tout en profitant d’une main-d’œuvre disponible à toute heure. «Il y a toute une classe de bobos à Paris qui est bien contente de se faire livrer du je ne sais pas quoi à 2 h du matin.»

 

Le complet sombre ne suffit plus

 

À cette fracture s’ajoute, selon lui, l’effondrement de l’autorité présidentielle. Emmanuel Macron «n’a plus aucune autorité, plus aucune crédibilité». «Il a beau avoir mis hier son complet le plus sombre et sa cravate la plus sombre, c’est quelqu’un dont on se fout complètement.»


Le président français Emmanuel Macron s’adresse aux Français lors de son allocution télévisée, le 18 octobre 2026, en réaction aux violences survenues dans plusieurs villes du pays. Photo: AFP.

 

Jérôme Blanchet-Gravel oppose cette impuissance à l'état d'urgence pandémique. Capable d’imposer des restrictions exceptionnelles au nom du «nous sommes en guerre» d’Emmanuel Macron, le pouvoir peine aujourd’hui à défendre sa population et ses institutions contre ceux qui les attaquent. «Si on était en état de guerre pour combattre un virus, ce serait bien de l’être aussi pour combattre l’islamisme.»

 

Pour lui, le rétablissement de l’ordre ne peut plus attendre: «C’est une question de survie pour la France, même à court terme.»