Amérique latine: Rubio en tournée pour asseoir l’influence américaine

Marco Rubio et son épouse Jeanette Dousdebes marchent aux côtés du ministre colombien des Affaires étrangères, Omar Bula, après leur arrivée à Barranquilla, en Colombie, le 8 septembre 2026. Photo: Fernando VERGARA pour l’AFP.

Mardi le 8 septembre 2026, à 14:00

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Amérique latine: Rubio en tournée pour asseoir l’influence américaine
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De la Colombie au Pérou, le secrétaire d’État américain Marco Rubio entend soutenir les nouveaux gouvernements conservateurs et consolider la domination de Washington sur l’Amérique latine.

 

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est arrivé mardi en Colombie, première étape d’une tournée en Amérique latine où il entend prêter main-forte à des dirigeants proches de Donald Trump et asseoir la nouvelle domination des États-Unis sur le continent sud-américain.

 

L’élection à la tête de la Colombie d’Abelardo de la Espriella, partisan d’une droite décomplexée et admirateur du président américain, a changé la donne pour Washington, qui entretenait des relations exécrables avec son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro.

 

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, accompagné de son épouse Jeanette Dousdebes, est accueilli par le président colombien Abelardo de la Espriella et son épouse Ana Lucía Pineda à son arrivée à Barranquilla, en Colombie, le 8 septembre 2026. Photo: Luis ACOSTA pour l’AFP.

 

 

Avocat et riche homme d’affaires de 48 ans, Abelardo de la Espriella a été élu à la présidence en juin en tenant un discours antisystème.

 

«Je pense que cela s’inscrit dans une tendance que l’on observe dans l’hémisphère occidental, celle d’un alignement sur les États-Unis et les intérêts américains», a déclaré Marco Rubio avant de quitter Miami.

 

Arrivé en milieu de journée à Barranquilla, grande ville portuaire du nord de la Colombie située sur la côte caraïbe, il doit s’entretenir dans l’après-midi avec M. de la Espriella.

 

Son homologue colombien, Omar Bula, s’est réjoui d’une visite qui «marquera le début de la reconstruction de l’alliance stratégique avec les États-Unis, notre principal partenaire dans la région».

 

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La Colombie connaît une nouvelle vague de violences, attisée par la confrontation entre des guérillas et des cartels de la drogue qui se disputent le contrôle des corridors du narcotrafic dans ce pays, premier producteur mondial de cocaïne.

 

Depuis son investiture, le 7 août, le président de la Espriella a déclenché plusieurs opérations militaires contre les groupes armés.

 

La Colombie a en outre récemment intégré le «Bouclier des Amériques», une coalition de pays dirigée par Donald Trump pour lutter contre le trafic de drogue dans la région.

 

Marco Rubio a annoncé dans une tribune parue mardi que le Pérou avait fait de même. «Nous synchronisons nos efforts pour protéger notre hémisphère des menaces transnationales et régionales», s’est-il félicité.

 

À Barranquilla, le secrétaire d’État devrait également évoquer la reconstruction après le séisme qui a frappé le sud-ouest de la Colombie le 10 août et fait plus de 330 morts.

 

Le nouveau président a demandé l’aide des États-Unis, notamment une suspension des droits de douane afin de favoriser la reconstruction des zones sinistrées.

 

Le retour de la doctrine Mornoe

 

La tournée du plus haut responsable diplomatique américain en Colombie, en Équateur et au Pérou, de mardi à jeudi, s’inscrit dans le sillage d’une vague conservatrice en Amérique latine ayant porté au pouvoir plusieurs dirigeants de droite proches de Donald Trump.

 

Depuis le retour du républicain à la Maison-Blanche, en janvier 2025, plusieurs pays d’Amérique latine — parmi lesquels l’Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur et le Honduras — ont amorcé ou confirmé un virage conservateur.

 

«Nous ne pouvons pas aller partout», a déclaré mardi Marco Rubio, mais cette mini-tournée «renforcera notre présence dans l’hémisphère», a-t-il assuré.

 

Washington affiche clairement sa volonté de domination sur le continent sud-américain au nom de la «doctrine Donroe», une contraction du prénom de l’actuel président américain et du nom de James Monroe, cinquième président des États-Unis.

 

Énoncée il y a plus de deux siècles, la doctrine Monroe érigeait le continent américain en zone d’influence privilégiée de Washington. Sa nouvelle déclinaison trumpiste assume plus ouvertement encore la volonté américaine d’écarter de la région les puissances rivales, notamment la Chine, la Russie et l’Iran.

 

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Cette ambition est également étayée par la nouvelle Stratégie de sécurité nationale des États-Unis, dont Marco Rubio, qui est d’origine cubaine, est l’un des principaux artisans.

 

Cette tournée en Amérique latine survient par ailleurs quelques jours après que les États-Unis ont conclu, sept mois après la capture de Nicolás Maduro, un accord qui leur permettrait de prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils provenant des réserves pétrolières du Venezuela.

 

Ces réserves «étaient sous le contrôle de la Chine, de la Russie et de l’Iran», a affirmé Marco Rubio, jugeant qu’elles «seront bien mieux entre les mains des États-Unis».

 

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Après la Colombie, le secrétaire d’État américain se rendra en Équateur, dirigé par Daniel Noboa, un proche allié de Washington. Les deux pays sont engagés dans des opérations contre des bateaux qu’ils disent liés au groupe criminel Los Choneros, impliqué dans le trafic de drogue.

 

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Marco Rubio terminera sa tournée au Pérou, présidé depuis la fin juillet par Keiko Fujimori, une femme de droite alignée sur la politique du président américain.