«La France entière est hantée par l’idée de son déclin»

Une copie du David de Michel-Ange en marbre de Carrare au coucher du soleil, dans le 8e arrondissement de Marseille, le 17 décembre 2025. Photo: Miguel Medina pour l’AFP

Mercredi le 14 janvier 2026, à 08:00

Dans son dernier essai, Gaël Brustier décrit un changement d’époque: mondialisation chèrement payée, cohésion ruinée et crise sanitaire comme accélérateur d’un lourd sentiment de déclin dans les sociétés «euro-américaines». Entretien-fleuve. 

 

Essayiste et politologue, Gaël Brustier publie La route de la décivilisation aux Éditions du Cerf, un essai dense, costaud et instructif qui dresse un constat sans complaisance du délitement social et du changement d’époque à l’œuvre.


Jérôme Blanchet-Gravel: Vous déplorez d’emblée une grave perte de cohésion dans les sociétés occidentales, que vous reliez notamment à l’effondrement de «l’ancien bloc historique». Pouvez-vous résumer ce processus à nos lecteurs? 

 

Gaël Brustier: Le néolibéralisme – soit le bloc historique disparu – a produit son matériau idéologique.

 

En France, on pense souvent à Yves Montand de «Vive La Crise» et aux Bernard Tapie des années 80 mais pour expliquer le succès du néolibéralisme, dont les «clubs d’investissement» pour petits porteurs revêtaient une fonction similaire et locale. 

 

Pour ma part, la production géniale du néolibéralisme c’était Working Girl, dont le titre québécois est Quand les femmes s’en mêlent. Le film est réussi, vraiment très réussi mais, sur un plan idéologique, il donne une place aux femmes dans le capitalisme de l’après-krach de 1987 qu’elles n’ont évidemment pas, qu’elles n’ont jamais eu. 

 

Le film est si enthousiasmant qu’il aurait converti Clara Zetkin au néolibéralisme: tout le monde a envie d’être une apprentie capitaliste! C’est ça, la domination culturelle. 



L'essayiste français Gaël Brustier. Photo: Margot L’Hermitte.



 

Le bloc historique néolibéral s’est fissuré puis effondré mais rien n’a pris véritablement sa place aujourd’hui. Nous slalomons entre des décombres. 

 

On sait simplement que les alternatives de gauche en Europe (Podemos, Corbyn, Syriza) ou même chez vous avec Québec solidaire sont restées à quai quand le train des mutations politiques et sociales avait, lui, pris le départ. 

 

Leur radicalisation péremptoire, leurs campagnes ad hominem, leurs positions géopolitiques farfelues les ont marginalisés. Gramsci disait – c’est une citation pivot dans la compréhension de ses réflexions et écrits – que «l’hégémonie commence à l’usine».

 

Le processus de production est au cœur des mutations culturelles et idéologiques. Il faut repartir de là.

 

J’ai été très frappé par ma lecture du livre de JD Vance, par sa colère traduite en objectivation des situations matérielles et des changements idéologiques propres à sa région d’origine et menant à une réflexion politique plus profonde sur le destin des Américains et des États-Unis. 

 

Ce que Vance démontre c’est l’impact de la désindustrialisation, du déclin économique sur le monde de son enfance dans l’Ohio. En France, la mode et à détester Vance mais là n’est pas le problème: son témoignage nous parle directement.

 

 

Le festivisme gris et tristounet des trois dernières décennies traduit une profonde tristesse française, une dépression qui s’insinue dans tous les milieux.

 

 

Les sociétés euro-américaines ont payé au prix cher la désindustrialisation: on n’a rien négligé pour casser des pans entiers de notre industrie, donc de notre économie.

 

Les représentations collectives des populations ont inévitablement évolué, les piliers de la vie sociale s’étant effrités ou effondrés. 

 

Quand JD Vance décrit l’évolution des affiliations partisanes du monde auquel il a appartenu, il fait du Gramsci… en le sachant ou pas, peu importe. 

 

Je viens d’une ville industrielle, très vivante, très dynamique dans les années 80. J’observais depuis chez ma grand-mère les sorties d’usine: ces centaines d’ouvriers montant dans leur car ou prenant leur vélo. 

 

Longtemps, il y a eu plusieurs grandes usines chez moi. Il y avait 10500 habitants quand je suis né, il y en a un peu plus de 6000 aujourd’hui. 

 

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La principale usine a réduit ses effectifs drastiquement, les autres ont fermé, puis les médecins n’ont pas été remplacés, puis les boutiques ont fermé et puis enfin plein de volets sont restés fermés. 

 

Quand j’étais enfant, la fête foraine durait dix jours, c’était un rendez-vous, les matchs de foot attiraient des milliers de personnes, les syndicats avaient beaucoup d’adhérents, les partis politiques aussi, PCF, PS et RPR (gaullistes) en tête. 

 

Les enseignants fourmillaient d’initiatives, cela n’arrêtait pas: cinéclub, activités périscolaires à foison, cinéma, voyages scolaires à la neige. On construisait une nouvelle bibliothèque, il y avait une radio locale, les rues commerçantes étaient vivantes. 

 

Comme partout où cela s’est passé, par dépit plus que par espoir, c’est le RN qui est en tête. Partout, la tristesse, l’apathie et le renoncement ont gagné du terrain. Bonjour tristesse! 

 

Aux États-Unis, des comtés démocrates sont devenus MAGA, en France toujours davantage de circonscriptions rouges ou roses sont devenues RN. La mutation matérielle des quarante, trente ou vingt dernières années a changé le visage de la France.

 

En un certain sens, psychologiquement la France ne s’est jamais remise de la pandémie.



Bardella est l’enfant non reconnu des promesses de Maastricht ou de la mondialisation heureuse. Quand ils le réalisent, les rêveurs du «village global» ont l’impression d’atterrir dans un «village français»! (rires). 

 

Les mutations du processus de production, l’effondrement de l’industrie, tout cela a modifié les équilibres géographiques, sociaux, la vision du monde, le rapport aux autres, l’envie d’avoir envie en somme…

 

Comment envisagez-vous la civilisation dans ce cadre, et en quoi la décivilisation que vous décrivez en constitue-t-elle le contrepoint?

 

Gaël Brustier: On a reproché à Norbert Elias une sorte de vision téléologique. Elias est un sociologue au sens le plus accompli du terme, au sens le plus noble, c’est un «chasseur de mythes». 

 

Il objective des faits et ne prétend pas qu’il existe une unilinéarité du processus de civilisation. Studien über die Deutschen, The Germans, Les Allemands selon langue d’édition, est un livre majeur pour comprendre les sociétés humaines.

 

Ce livre a été pour moi, très jeune, une révélation sans forcément quand j’étais étudiant que j’en prenne la mesure, la portée, la dimension. J’y suis revenu souvent, notamment pendant ma thèse. 

 

En adoptant une analyse en tir croisé Gramsci-Elias, il faut envisager des questions comme l’adoption de codes symboliquement plus brutaux. 

 

Les «opinions» font moins de place à l’analyse et à la critique mais toujours davantage à des formes d’expression agressives, menaçantes, d’autant plus faciles à adopter que les meutes numériques diluent la responsabilité des menaces, des fausses informations. 

 

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Les codes télévisuels ont joué leur rôle néfaste aussi. In abstracto de la «révolution invisible» décrite par mon ami Christopher Caldwell, la petite bourgeoisie diplômée et déclassée des métropoles a adopté de manière croissante un discours antisémite rampant. 

 

Le wokisme à la française vivra son déclin, surtout parce que personne n’y comprend rien. L’antisémitisme n’a pas attendu les banlieues pour se développer, c’est une vision faussée et une matrice de dégradation des rapports sociaux. 

 

Vous écrivez que «ce qui est massivement présent, central, dans nos sociétés d’Europe ou d’Amérique du Nord, c’est bien la hantise du déclin». Comment cette prise de conscience se manifeste-t-elle aujourd’hui dans les discours politiques et médiatiques? 

 

Gaël Brustier: La peur du déclin n’est pas nouvelle. Ronald Reagan et Margaret Thatcher s’apparentent dans l’histoire à ce couple qui changea la face du monde à la fin du XVème siècle: Ferdinand d’Aragon et Isabelle la Catholique. 

 

Quand on écoute les discours reaganien et thatchérien des années 1970, c’est une réponse à la crise qu’ils font et ils perçoivent la crise d’alors dans sa globalité et y voient un catalyseur du déclin. 

 

Le foyer initial du conservatisme américain, c’est Orange County ou les «suburban warriors» sont souvent des cadres de la «tech» de l’époque: ils sont hantés par l’idée d’un déclin local, national, international. 

 

L’enlisement puis le départ du Vietnam, l’échec de la baie des Cochons font craindre des défaites à venir. 

 

La réponse «néolibérale» a été plus convaincante que la réponse «social-démocrate». 

 

En 2013, dans mon livre La Guerre Culturelle aura bien lieu, je décrivais cette peur du déclin comme transcendant les clivages: la France entière, comme les sociétés euro-américaines, est hantée par l’idée de son déclin.


Vous présentez la pandémie comme une période ayant vu émerger un «césarisme sanitaire». Que recouvre exactement cette expression? Quelles tendances profondes cette séquence a-t-elle révélées et accélérées?

 

Gaël Brustier: Chez Gramsci, le césarisme permet de dépasser les oppositions entre forces sociales, de les annuler réciproquement. Il y a plusieurs formes de césarisme. 

 

La forme sanitaire efface les oppositions dans la société, les annule, rend les forces sociales impuissantes. Elle redéfinit au moins provisoirement la base idéologique du pays par en haut, c’est une révolution passive qui touche à tous les aspects de la vie de la société . BHL a raison: ce virus «a rendu fou». 

 

Deus ex machina en France d’une tension politique très forte depuis les Gilets Jaunes (2018), le confinement a «cryogénisé» la vie politique et sociale.

 

Il y a un aspect médical que je ne traiterai pas. Ce qui est évident en France c’est l’impact protéiforme de ce moment précis: le pire c’est l’atteinte aux obsèques, à leur déroulement, à l’accès aux rites funéraire. 

 

C’est du jamais vu, d’une sauvagerie symbolique sans nom, sans doute imaginée par un sous-fifre qui a gagné avec ça un avancement de carrière. 

 

Attenter aux obsèques, c’était le summum de la folie. Ensuite ou d’abord, couper des personnes âgées dans les EHPADs de leurs familles pour les «protéger» a eu un impact terrible dans la conception que le pays se fait du lien social, du soin et de l’attention.

 

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Le principe de prudence se fonde sur la responsabilisation individuelle, le principe de précaution sur la neutralisation de toute action au nom d’un hypothétique risque, parfois plus tard avéré, souvent non. 

 

Ce césarisme sanitaire a produit l’anti-care: il s’agit moins de soigner que d’isoler. Ma vérité, qui n’est qu’une des vérités dans le débat, est que l’on a testé consentement et coercition de la population française grandeur nature. 

 

C’est un césarisme testé in vivo, dans l’habitat naturel des citoyens! 

 

J’ai discuté de ça a posteriori avec un fonctionnaire en charge d’appliquer localement le confinement: brave homme auquel je n’aurais fait grief préalable d’aucune forme de jouissance à exercer une quelconque forme de coercition sur ses concitoyens.

 

J’ai été surpris de sa réaction à mes questions: ses yeux se sont illuminés et il m’a parlé de cette «période géniale», pendant laquelle il s’était pleinement accompli, notamment en autorisant ou interdisant tel ou tel type de marché local. Un peu déroutant. 

 

Cependant la machine était bien rodée: elle part d’une vérité que chacun a observé: nous avons tous perdu un proche ou une connaissance dans ces mois-là, beaucoup de copains jeunes et en bonne santé ont eu la peur de leur vie en étant sous respirateur, certains ont mis beaucoup de temps à s’en remettre d’ailleurs. 

 

Sur ces évidences, la machine coercitive a fonctionné à plein: chacun a rempli son auto-attestation totalement loufoque comme on lui demandait, ses voisins avaient loisir de composer le 17 (la police) pour le dénoncer s’il était trop souvent dehors (j’ai vu une commerçante dénoncer un passant au motif qu’il était passé sept fois dans la journée sur le trottoir d’en face), d’aucuns ont demandé des «primes» (sic) pour leur dénonciation. 

 

Mais derrière cette ambiance «Traversée de Paris», il y a le contrôle séducteur: le télétravail était fait pour séduire: reportages mièvres se succédaient pour glorifier… l’esprit de famille! 

 

Or, nos entreprises de transports publics, devant la saturation de certaines lignes ou leur vétusté approchant, ont susurré depuis des années, qu’il y avait plus efficace que l’accueil des voyageurs: c’était de les faire rester chez eux.

 

Bref, 66 millions de Français ont été d’une docilité telle qu’elle en est devenue inquiétante pour l’avenir. Le confinement a cassé les volontés collectives, favorisé un esprit de délation (qui déjà est un peu trop présent chez nous Français, je ne sais pas si nos cousins québécois sont pareils), du point de vue de la décivilisation c’est à la fois un détonateur et une bombe à fragmentation destructrice. 

 

En un certain sens, psychologiquement la France ne s’en est jamais remise. 


Vous accordez un rôle important à la drogue dans la décivilisation. Vous parlez de sa consommation décomplexée comme d’un «fait social total». Quel est ce rôle?

 

Gaël Brustier: Dans toutes les sociétés euro-américaines, les substances psycho-actives gagnent chaque jour du terrain. Cela a un impact inévitable sur: la volonté collective, les relations interpersonnelles, la productivité du pays et, en premier lieu et avant tout, sur la santé psychique ou physique de la population. 

 

La source de tout ne vient pas de «bourgeois des centres-villes» supposément vicieux, ça c’est une vision irresponsable et sotte. 

 

Le dealer se fiche de la vie de son client et le client se fiche de la vie de son dealer. La question est celle d’une brutalisation totale de la société par la submersion narcotique. Donc, c’est un problème qui mène au chaos idéologique et culturel et à la brutalisation et à la décivilisation. 

 

En France, pour ne parler que d’elle, la dernière décennie a été un grand mouvement de bascule. Dans les années 1980, quand Paris était vraiment une fête, que le Palace sis rue du Faubourg Montmartre accueillait Paris, ses banlieues et le monde entier, stars habituées du Studio 54 compris, on comptait approximativement 2000 usagers réguliers de cocaïne. 

 

On compte 1,1 million de consommateurs réguliers en France alors qu’il ne se passe plus grand-chose de créatif niveau fête. J’entendais récemment un cafetier des Halles s’exclamer «Paris est une fête? Laissez-moi rire!». 

 

Le festivisme gris et tristounet des trois dernières décennies traduit une profonde tristesse française, une dépression qui s’insinue dans tous les milieux: la toxicomanie est quasiment le dernier mouvement transclassiste français.

 

Dans le même temps, fumer un pétard en 2025 n’a rien à voir avec 1995 car le taux de THC a considérablement augmenté. Enfin, les nouvelles drogues de synthèse s’insinuent désormais partout : certaines font passer du dynamisme et de l’empathie exacerbée à des raptus ou des psychoses paranoïaque. 

 

En France, la question de la drogue suscite le voyeurisme et jamais la clairvoyance, la connivence sournoise et jamais la volonté éclairée. 

 

Résultat une catastrophe sanitaire psychiatrique qui se déroule sous nos yeux… enfin sous les yeux de ceux qui les ouvrent.

 

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Ce n’est ni anecdotique, ni réservé à une frange ou une autre la population. Chacun cherche son «prod» finalement: de cette rencontre entre un individu, son métabolisme, ses petites névroses ou troubles mentaux préexistants, un contexte social national délabré et…une molécule nait en général une catastrophe humaine parfois spectaculaire, plus ou moins rapide. 

 

Les substances psychoactives font partie de la vie: le problème est de savoir comment réguler pour qu’elles ne brutalisent pas la société, qu’elles ne détruisent pas de vies et n’abaissent pas nos nations. C’est assez mal parti en fait… 

 

Nos politiques se croient dans les French Connection I et II de Friedkin ou Frankenheimer, ils ont un demi-siècle de retard: leur «guerre à la drogue» est perdue. 

 

On prend le problème dans le mauvais sens. Justiciers et directeurs de conscience, le Roi est nu et le Prince est désarmé. Ce n’est pas tant «l’anti-société» des toxicomanes ni la «contre société» des dealers qui exerce, elle,  une fascination malsaine sur la petite bourgeoise «de gauche» qui me gênent intimement. 

 

C’est un fait plus grave, aux conséquences néfastes. Ce n’est pas parce qu’un toxico est privé de conscience politique qu’il faut le laisser crever. 

 

Or, j’ai adressé des notes très denses à des responsables LFI ou PCF et autres sur ce sujet jusqu’en 2022 quand je les fréquentais encore un peu: alors que nous nous connaissions très bien, je n’ai eu aucune réponse, aucun accusé de réception. 

 

Ce n’était pas un problème de politesse ou d’évidente puérilité: c’était un problème d’absence d’empathie élémentaire pour nos compatriotes, de relativisation coupable d’un fait social, sanitaire potentiellement létal et d’une désinvolture contraire à nos intérêts nationaux. 

 

Au-delà d’une prise de conscience politique aigüe due à ces gens, mon questionnement intellectuel s’est affiné: édifier une analyse puisant dans les écoles éliassienne et gramscienne pouvait-il faire l’impasse sur l’évidence de l’emprise narcotique sur notre pays?


En conclusion de l’ouvrage, vous avancez la notion de «conservatisme autogestionnaire» comme piste de solution, entendue comme une articulation entre conservatisme et autogestion. Pouvez-vous en préciser le sens?

 

Gaël Brustier: Au siècle dernier, lorsque j’étais étudiant en Pennsylvanie, j’avais découvert les thèses de Pat Buchanan, les paléoconservateurs et le conservatisme ouvrier américain. 

 

Ma professeure de science politique, qui s’appelait Mary Hague, et qui était une vraie démocrate de gauche, ouverte, curieuse, passionnée, m’avait dit: «suivez les, vous verrez, ils peuvent damer le pion aux Démocrates dans le pays». 

 

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Bien vu et visionnaire de la part d’une liberal assumée!  Ma lecture de Rod Dreher, par-delà la question ou non de mon adhésion à l’époque ou maintenant, m’a surtout fait toucher du doigt des questionnements que ma proximité avec les post-marxistes et tenants du «populisme de gauche en Europe avait trop simplifié ou évité.

 

En France, le conservatisme n’est pas une pensée très prospère, même s’il existe des penseurs très intéressants: François Huguenin explique tout cela fort bien et parle de « conservatisme impossible». 

 

Reste désormais à envisager la possibilité d’un conservatisme…

 

L’autogestion est à la fois un héritage de la famille politique ou idéologique qui a été longtemps la mienne, qu’on appelle improprement «gaullisme de gauche», «chevènementisme», «souveranisme», «national républicanisme» en France mais peu importe les termes… 

 

C’est une quête assez répandue dans l’humanité que celle d’une autonomie réelle de l’individu, c’est celle de la démocratie, du socialisme… de certains chrétiens sociaux. 

 

En France, l’État a fait la nation et il a fait la France mais on peut avoir l’impression que la nation est prisonnière de l’État. L’État est l’outil de la volonté collective politique, il ne doit pas en être le geôlier. 

 

Oui, le conservatisme autogestionnaire me plait comme quête, j’espère qu’il séduire un jour comme réponse.