En Iran, un régime à bout de souffle face à une société épuisée

Le 29 décembre 2025, des commerçants manifestent dans les rues de Téhéran contre la situation économique et la chute du rial iranien. Photo: AFP.

Mercredi le 7 janvier 2026, à 10:45

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En Iran, un régime à bout de souffle face à une société épuisée
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Depuis le 28 décembre, des manifestations contre la vie chère ont éclaté à Téhéran avant de gagner tout l’Iran. On compte au moins 27 morts, dont cinq enfants. Pour Parisan Azadi, Iranienne exilée en France, ce soulèvement révèle une société épuisée.

 

L’Iran se trouve aujourd’hui à un tournant critique de son histoire contemporaine, à un point où la poursuite du statu quo n’est plus seulement insoutenable, mais profondément destructrice. 

 

L’accumulation de crises économiques, sociales et politiques a conduit le pays au bord de l’épuisement, façonnant une société qui n’a, pour beaucoup, plus rien à perdre. 

 

L’inflation galopante, l’effondrement continu de la monnaie nationale, la généralisation de la pauvreté et du chômage, ainsi que la disparition progressive de la classe moyenne ont transformé le quotidien de millions d’Iraniens en une lutte permanente pour la survie.

 

Un effondrement économique organisé

 

Cet effondrement économique n’est ni accidentel ni uniquement le résultat de sanctions internationales. Il est la conséquence directe de décennies de mauvaise gouvernance, de corruption structurelle et de choix idéologiques systématiquement privilégiés au détriment de l’intérêt national. 

 

Cette capture d'écran montre des manifestants attaquant un bâtiment gouvernemental à Fasa, dans le sud de l'Iran, le 31 décembre, au milieu de manifestations spontanées à l'échelle nationale. Photo: UGC/AFP) 



Les ressources du pays n’ont pas été investies dans le bien-être de la population, mais détournées au profit de projets politiques et sécuritaires (notamment le nucléaire) sans lien avec la réalité vécue par la société iranienne. 

 

Dans un tel contexte, la colère populaire atteint inévitablement un point de rupture.

 

Une société humiliée face à un pouvoir verrouillé

 

Sur le plan social, la répression systématique des libertés, le contrôle exercé par l’État sur le corps et les choix personnels des citoyens (notamment le port obligatoire du voile pour les femmes), ainsi que l’humiliation constante de la dignité humaine ont creusé un fossé profond et durable entre le pouvoir et la population. 

 

Une génération connectée au monde, nourrie par des valeurs universelles et consciente de ses droits fondamentaux, refuse désormais de se soumettre à des règles imposées et à des récits officiels déconnectés de la réalité. 

 

Cette génération ne réclame plus des réformes superficielles, mais un changement structurel.

 

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Politiquement, le système de pouvoir en Iran s’est progressivement transformé en un appareil fermé, excluant toute forme de responsabilité et d’opposition réelle. 

 

Des élections vidées de leur sens, l’élimination systématique des voix dissidentes, l’emprisonnement des critiques et l’étouffement des médias indépendants ont anéanti toute possibilité de réforme de l’intérieur. 

 

Lorsque toutes les voies légales sont verrouillées, la contestation dans la rue devient le dernier langage dont disposent les citoyens.

 

Résonance mondiale

 

Cependant, la crise du régime iranien dépasse largement les frontières nationales. 

 

Les politiques régionales aventureuses, le soutien à des groupes armés comme le Hezbollah, le Hamas, le Jihad islamique palestinien ou encore les Houthis, et la confrontation permanente avec la communauté internationale, ont fait de l’Iran l’un des principaux foyers d’instabilité au Moyen-Orient.

 

Le coût de ces choix est payé non seulement par le peuple iranien, plongé dans la pauvreté et l’isolement, mais aussi par l’ensemble de la région et, au-delà, par la sécurité mondiale.

 


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C’est dans ce contexte que les manifestations en Iran ne peuvent être réduites à de simples revendications économiques ou à un mouvement interne. 

 

Cette nouvelle vague de protestation constitue un cri historique visant à mettre fin à un système qui a détruit le pays et s’est imposé comme une menace durable pour la stabilité régionale et internationale. 

 

Les Iraniens qui descendent dans la rue le font en pleine conscience des risques — arrestations, tortures, voire la mort — avec la conviction profonde qu’un Iran sans la République islamique n’est pas seulement une nécessité pour leur propre avenir, mais aussi une condition essentielle à la stabilité régionale et à la garantie de la sécurité mondiale.