En Iran, l’espoir de l’effondrement du régime par les bombes

Photo de couverture: des volontaires du Croissant-Rouge iranien sont rassemblés devant un bâtiment détruit par une frappe israélienne à Téhéran, le 14 juin 2025. AFP.

Samedi le 14 juin 2025, à 15:40

Alors qu’Israël et l’Iran échangent de nouvelles frappes, la République islamique vacille. Dans une entrevue en direct, la sociologue Mahnaz Shirali dénonce la «kleptocratie criminelle» que certains Iraniens veulent voir tomber sous les bombes.

 

Alors que les tensions entre Israël et l’Iran atteignent un point critique, la politiste Mahnaz Shirali, spécialiste de l'Iran, dénonce l’aveuglement du régime et affirme que de nombreux Iraniens espèrent, malgré les risques, qu’Israël puisse enfin «donner le coup de grâce».

 

Un régime à bout de souffle

 

«Ce régime ne partira pas comme ça, c’est impossible.» Pour l’invitée de Jérôme Blanchet-Gravel, le conflit en cours réveille un espoir longtemps refoulé chez une population à bout.

 

«Il y a une partie des Iraniens qui soutient la guerre. Ce sont les Iraniens qui ont perdu leurs enfants. […] Ils disent qu’il faut qu’il y ait une guerre qui nous débarrasse le plus rapidement possible de la République islamique.»

 

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Installée à Paris, Mahnaz Shirali décrit un régime de plus en plus isolé au sein de sa propre société. «Aujourd’hui, une mince minorité soutient le régime.» Et cette minorité serait largement motivée par l’intérêt matériel: «Ceux qui défendent le régime mordicus font partie des 5% qui se sont enrichis.»

 

L’étonnement exprimé par les dirigeants de la République islamique après les frappes israéliennes lui paraît révélateur: «Pendant quarante-cinq ans, la République islamique a promis la disparition d’Israël. Et voilà qu’Israël réagit, ce qui semble complètement surprendre Téhéran!» En contraste, les frappes israéliennes sont très précises.

 

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«C’est la République islamique qui promet la disparition d’un autre pays. […] Elle a gaspillé la richesse du peuple iranien pour attiser les conflits existants dans la région.» Aujourd'hui, «l’économie iranienne est morte». 

 

«Une kleptocratie»

 

Pour notre invitée, le régime iranien n’est plus une théocratie, mais «une kleptocratie criminelle. […] Ce pays est devenu le premier exportateur de prostituées dans les pays du Golfe.» L’universitaire évoque également le trafic d’opiacés, dont le Canada serait l’une des principales cibles.

 

Malgré tout, elle croit possible un Iran post-république islamique. «Les jeunes Iraniens sont assoiffés de démocratie, de liberté et d'égalité», conclut-elle.

 

Voir l’entrevue directement sur YouTube.