Dans une entrevue avec Jérôme Blanchet-Gravel, le journaliste et reporter Emmanuel Razavi revient sur les récentes frappes israéliennes en Iran et sur les moyens déployés par Téhéran pour imposer sa vision du monde hors de ses frontières.
Auteur de La Face cachée des mollahs, notre invité, qui a été personnellement visé par le régime, dénonce l’entrisme de la République d’Iran en France, notamment à travers l’orientation de chercheurs intégrant dans leurs travaux le discours de cette théocratie.
L’islamo-gauchisme, reflet de l’entrisme iranien?
Selon Emmanuel Razavi, cet aspect du soft power iranien s’inscrit dans une stratégie qui vise à influencer les opinions publiques et à renforcer les positions pro-Téhéran en Europe.
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En promouvant une image positive de l'Iran et en diffusant subtilement son idéologie, le régime vise ainsi à désamorcer les critiques et à étouffer la dissidence, notamment dans la diaspora.
Bien qu'il reconnaisse les tentatives d'influence de l'Iran, un régime dont il souhaite la libéralisation, notre rédacteur en chef souligne le risque de stigmatiser des intellectuels sans lien direct avec Téhéran sous prétexte que leurs opinions paraissent parfois en résonance avec lui. Il donne l'exemple du philosophe Michel Foucault, qui fut un temps fasciné par la Révolution islamique.
Selon Jérôme Blanchet-Gravel, un tel discours pourrait mener à une chasse aux sorcières, où chaque voix divergente serait soupçonnée d'être manipulée par un État hostile. Cette méfiance risquerait de porter atteinte à la liberté d'expression comme on le voit actuellement aux États-Unis, où les démocrates essaient d’associer le camp républicain à la «désinformation russe».
Mais pour Emmanuel Razavi, le danger que fait planer Téhéran sur la démocratie est trop grand pour rester inactif: il faut dévoiler l'ensemble de ses relais d’influence, qu'il s'agisse d'imams radicaux, d’agents du renseignement ou même de journalistes sensibles au discours du régime.
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